‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 12 sur 100 · A CAN · texte numérisé non relu

A CAN

L.'P^pïe 'Wir un aHP'i4 It* t«^G:.r.4 V-tn f>piii>, •^'umii j* -mi: lime .ut:^^iir ^ it^: y»r'^i*'r ',n r.VK. ïi pi'i .1 lit .K mi.n nm L-Ka ^a ti.mm ^ lir*

•Jl ii» 'Hit /*ît^ .l^îir JL-î.^'*. tMlr-'^^illI >fl »Jl*t*r'' E; lU Lt -nlIlL lai* -i JHî- •*'':*' -'>'J'*a*i Uni / fi...-,'

Lf'ir nuii 1 *î»*:iii tii'*-î- - ••il * î -.il * J '-Î Ei ii^ni i "* ni in ««nr *' , .*''•' u n

',»u -en ni -n >-- '• -.' - »'*. ' w^ - .- ,

6i LES CHANTS DU CRÉPUSCULE.

Hélas! si par hasard devant elle on les nomme. Interroge et s'étonne, et dit : Quel est cet homme?

Nous t*ayons oublié. Ta gloire est dans la nuit.

Nous faisons bien encor toujours beaucoup de bruit;

Mais plus de cris d'amour, plus de chants, plus de culte.

Plus d'acclamations pour toi dans ce tumulte !

Le bourgeois ne sait plus épeler ton grand nom.

Soleil qui t'es couché, tu n'as plus de Memnon!

Nous avons un instant crié : — La Grèce ! Athènes !

Sparte! Léonidas! Botzaris! Démosthènes!

Canaris, demi-dieu de gloire rayonnant!... —

Puis l'eutr'acte est venu, c'est bien ; et maintenant

Dans notre esprit, si plein de ton apothéose,

Nous avons tout rayé pour écrire autre chose.

Adieu les héros grecs ! leurs lauriers sont fanés !

Vers d'autres orients nos regards sont tournés.

On n'entend plus sonner ta gloire sur l'enclume

De la presse, géant par qui tout feu s'allume.

Prodigieux cyclope à la tonnante voix,

A qui plus d'un Ulysse a crevé l'œil parfois.

Oh ! là presse ! ouvrier qui chaque jour s'éveille,

Et qui défait souvent ce qu'il a fait la veille ;

Mais qui forge du moins, de son bras souverain,

A toute chose juste une armure d'airain !

Nous t'avons oublié !

A CANARIS

Mais à tqi, que t'importe?

Il te reste, â marin, la vague qui t'emporte. Ton navire, uo bon vent toujours prêt à soufller. Et l'étoile du soir qui te regarde aller. Il le reste l'espoir, le hasard, l'aventure. Le voyage à travers une belle nature, L'étemel changement de choses et de lieux, La joyeuse arrivée et le départ joyeux ; L'orgueil qu'un homme libre a de se sentir vivre Dans un brick fin voilier et bien doublé de cuivre. Soit qu'il ail à franchir un détroit sinueux, Soit que, par un beau temps, l'océan monstrueux. Qui brise quand il veut les rocs et les murailles. Le berce mollement sur ses larges écailles. Soit que l'orage noir, envolé dans les airs. Le balte à coups pressés de son aile d'éclairs !

Mais il le reste, à grec! ton ciel bleu, ta mer bleue. Tes grands aigles qui font d'un coup d'aile une lieue. Ton soleil toujours pur dans toutes les saisons, La sereine beauté des tièdes horizons, Ta langue harmonieuse, ineflable, amollie, Que le temps a mêlée aux langues d'Italie Comme aux flots de Baia la vague de Samos ; Langue d'Homère oii Dai Il te reste, trésor du gra Ton long fusil sculpté, t< Tes larges caleçons de t De velours rouge et d'oi

Quand tou uavire fuit sur les eaux écumeuses, Fier de ne côtoyer que des rives fameuses, Il te reste, ô mou grec, la douceur d'entrevoir Tantôt un fronton blanc dans les brumes du soir, Tantôt, sur le sentier qui près des mers chemine. Une femme de Thèbe ou bien de Salamine, Paysanne à Tœil fier qui va vendre ses blés Et pique gravement deux grands bœufs accouplés, Assise sur un char d'homérique origine, Comme l'antique Isis des bas-reliefs d'Égine !

Octobre 1832.

Seule au pied de la tour d*où sort la voix du maître Dont Tombre à tout moment au seuil \ieiil appai^itre» Prête à voir en bourreau se changer ton époux. Paie et sur le pavé tombée à deux genoux. Triste Pologne ! hélas ! te voilà donc liée, Et vaincue, et déjà pour la tombe pliée ! Hélas! tes blanches mains, à défaut de tes fils. Pressent sur ta poitrine un sanglant crucifix. Les baskirs ont marché sur ta robe royale Où sont encore empreints les clous de leur sandale. Par instant une voix gronde, on entend le bruit D*un pas lourd, et Ton voit un sabre qui reluit;

i. — III. 5

Et toi, serrée au mur qui sous tes pleurs ruisselle, Levant tes bras meurtris et ton front qui chancelle Et tes yeux que déjà la mort semble ternir, Tu dis : France, ma sœur! ne vois-tu rien venir?

Septembre 1833.

Page 1