A M. LE D. DO. T
Au vieillard qui des jours vide la lie amère. Aux enfants grelottants qui n ont ni pain ni mt^re. Faites aux malheureux, sans cesse, nuit et jour. Verser sur vos deux mains bien des larmes d'amour! Car Dieu fait quelquefois sous ces saintes rosées Regermer des Qeurons aux couronnes rasées.
Coname la nue altière, en son sublime es^jr.
Se laisse dérober son fluide trés^jr
Par ces flèches de fer au ci«^l toujours dresseurs.
Heureux le prince, empli de pi^^uses p^n-^é^^s.
Qui sent, du haut des cit^ux s^^mbres kI C.iniboy:uiU.
Tout son or s'en aller aux mains d»rs suf plidnt>!
lô »*;:.'. ?mbre iiZï,
A CANARIS
D'où vient cpie ma pensée encor revole à toi. Grec illustre à qui nul ne songe, excepté moi ? D où vient que me voilà, seul et dans la nuit noirr, Grave et triste, essayant de redorer ta gloire? Tandis que là, dehors, cent riiéteurs furieux Grimpent sur des tréteaux pour attirer les yfrux, D'où vient que c'est vers toi que mon c«»prit rHounu', Vers toi sur qui Toubli s'enracine et n/'louruc:? C'est que tu fus tranquille et grand M}Ufk U% hnrur^, Noos autres qui chantons, nous aimons Ua fcufrruir^f Comine sans doute aussi vous aimez Ua p<)kI('A, Car ce que nous chantons vient de ce qii^r ^f>u^ faif/:^î Car le héros est fort et le p<>t:te est ^aintî Les poètes profonds qu'aucun v>iifne n'Kf>:ifif. Sont pareils ao volcan de U ^u-Mk hlon'l^ Que tes regards sans doute ont vu fum^-f ^nf IV»ri«I/' ,
Comme le haut Etna, flamboyant et fécond, Ils ont la lave au cœur et l'épi sur le front !
Et puis, ce fut toujours un instinct de mon âme. Quand ce chaos mêlé de fumée et de flamme, Quand ce grand tourbillon, par Dieu même conduit, Qui nous emporte tous au jour ou dans la nuit, A passé sur le front des héros et des sages. Comme après la tempête on court sur les rivages. Moi je vais ramasser ceux qu'il jette dehors, Ceux qui sont oubliés comme ceux qui sont morts.
Va, ne regrette rien. Ta part est la meilleure. Vieillir dans ce Paris qui querelle et qui pleure Et qui chante ébloui par mille visions Comme une courtisane aux folles passions ; Rouler sur cet amas de têtes sans idées. Pleines chaque matin et chaque soir vidées ; Croître, fruit ignoré, dans ces rameaux touffus; Être admiré deux jours par tous ces yeux confus ; Écouter dans ce gouffre où tout ruisseau s'écoule Le bruit que fait un nom en tombant sur la foule ; Si des mœurs du passé quelque reste est debout, Se répandre en torrents, comme une onde qui bout, Sur cette forteresse autrefois glorieuse Par la brèche qu'y fait la presse furieuse ; Contempler jour et nuit ces flots et leur rumeur. Et s'y mêler soi-même, inutile rameur ;
A CANAftiS.
Voir de près, haletants sous la cnaln ijiii [«^s pi* pie ^ Les ministres trainer la machine publia pie. Chamie embarrassée en des silloo:» bourbeux Dont nous soomies le soe et «Ljat iL> ^jot [es bœtif^ ; Tirer sur le théâtre, en de funèbres «Iraines^ Du choc des passions rêtini^eUe des .iiiL«:rs^ Et comme avec la main torire et presser Urs «ruBtirs Pour en faire sortir goutte à goutte Les ^'in\isr^i Emplir de son fracas la tribune a^n Littui^i^^s^, Babel où de nouveau se confondent I«ts Lmirrjes; Harceler les pouvoirs ; jeter sur ce «lulis tjcit L*écume d'un discours au Û*A s«>cD±re et pnjfunl: Être un gond de la porte, une cUf d*^ la vt^ûte ; Si Ton est grand et fort, cha^iue j'.-ar «Lins sa n^cv Écraser des serpents tout gonîî^Js de ^^tUlUs; Être arbuste dans Therbe et gé^it * L^j^ I«cs n^iins; Tout cela ne vaut pas, ô noLIe eaf<iut d«^ fonde. Le bonheur de flotter sur cette Ui»rr f»}«:«.»nde Qui vit partir Argo, qui vil naître Ojî«^uib, D'y jeter par endroits la S4>nde aux piels de plumb. Et de voir, à travers la vapeur du cigare. Décroître à Thorizon Mantinée ou Mé.^^re !
Que si tu nous voyais, ô fds de rArchipeK Quand la presse a battu Tunaiiime rappel. Créneler à la hâte un droit qu'on veut détruire. Ou, foule dévouée à qui veut nous conduire.
Contre un pouvoir pygmée agitant son beffroi, Nous ruer pêle-mêle à Tassant d'une loi ; Sur ces combats cTenfants, sur ces frêles trophées. Oh! que tu jetterais le dédain par bouffées, Toi qui brises tes fers rien qu'en les secouant, Toi dont le bras, la nuit, envoie en se jouant. Avec leurs icoglans, leurs noirs, leurs femmes nues. Les capitans-pachas s'éveiller dans les nues.
Va, que te fait l'oubli de ceux dont tu rirais Si tu voyais leurs mains et leurs âmes de près ? Que t'importe ces cœurs faits de cire ou de pierre, Ces mémoires en qui tout est cendre et poussière. Ce traitant qui, du peuple infructueux fardeau. N'est bon qu'à s'emplir d'or comme l'éponge d'eau, Ce marchand accoudé sur son comptoir avide. Et ce jeune énervé, face imbécile et vide. Eunuque par le cœur, qui n'admire à Paris Que les femmes de race et les chevaux de prix! Que t'importe l'oubli de l'Europe, où tout coule. L'homme et l'événement, sous les pieds de la foule ! De Paris qui s'éveille et s'endort tour à tour. Et fait un mauvais rêve en attendant le jour ! De Londre où l'hôpital ne vaut pas l'hippodrome ! De Rome qui n'est plus que l'écaillé de Rome ! Et de ceux qui sont rois ou tribuns, et de ceux Qui tiennent ton Hellé sous leur joug paresseux,
 CANARIS
Vandales vemissés, blonds et pâles barbares. Qui viennent au pays des rudes palikares. Tout restaurer, mœurs, peuple et monuments, hélas ! Gvilîser la Grèee et gratter Phidias !
Et puis, qui sait — candeur que j'admire et que j*aimc ! Si tu n as pas fini par ^oublier toi-même !
Que t'importe ! Tandis que, debout sur le port, Tu vends à quelque anglais un passage à ton bord ; Ou que tu fais rouler et ranger sur la grève Des ballots que longtemps le marchand vit en rêve ; Ou que ton joyeux rire accueille tes égaux, Te< amis, les patrons de Gorinthe et d*ArgOK : Peut-être en ce moment quelque femme de Gn^jtAt^ DoQt un bandeau païen serre la noire tresse. Mère féconde, ou fille avec de vieux pareuts. Tourne sur toi ses yeux fixes et tran^ipareut»-. Se souvient de Psara, de Qiio, d<^ Xauj/Ii^\ El de toute la mer de Canaris remplie, El, f admirant de loin commf* ou admire uu r>.« m^ oser te parier, passe en priaut pou»- Vj. *
i% ftcpiembre 1835.
Il D*aTait pas vingt ans. Il avait abusé
De tout ce qui peut être aimé, souillé, brisé.
0 avait tout terni sous ses mains effrontées*
Les blêmes voluptés sur sa trace ameutées
Sortaient, pour l'appeler, de leur repaire impur
Quand son ombre passait à Tangle de leur mur.
Sa sève nuit et jour s'épuisait aux orgies
&)mme la cire ardente aux mèches des bou;'i<'j^
Chassant Tété, l'hiver il posait au hasard
Son coude à l'Opéra sur Gluck ou sur M^jasaK.
iamais il ne trempait sa tête dans e^-s ou^i^-^
Qu'Homère et que Shakspeare épan^henl h ptoVjti^u .
U ne croyait à rien; jamais il ne r^\îiH ;
Le bâillement hideux siégeait â h^ju chfn*'l ;
Toujours son ironie, inféconde et morose,
Jappait sur les talons de quelque grande chose ;
Il se faisait de tout le centre et le milieu ;
Il achetait l'amour, il aurait vendu Dieu.
La nature, la mer, le ciel bleu, les étoiles.
Tous ces vents pour qui Tâme a toujours quelques voiles.
N'avaient rien dont son cœur fût dans l'ombre inquiet.
11 n'aimait pas les champs. Sa mère l'ennuyait.
Enfin, ivre, énervé, ne sachant plus que faire.
Sans haine, sans amour, et toujours, ô misère !
Avant la fin du jour blasé du lendemain.
Un soir qu'un pistolet se trouva sous sa main,
Il rejeta son âme au ciel, voûte fatale.
Comme le fond du verre au plafond de la salle.
Jeune homme, tu fus lâche, imbécile et méchant. Nous ne te plaindrons pas. Lorsque le soc tranchant A passé, donne-t-on une larme à l'ivraie? Mais ce que nous plaindrons d'une douleur bien vraie, C'est celle sur laquelle un tel fils est tombé. C'est ta mère, humble femme au dos lent et courbé, Qui sent fléchir sans toi son front que l'âge plombe, Et qui fit le berceau de qui lui fait sa tombe !
Nous ne te plaindrons pas, mais ce que nous plaindrons, Ce qui nous est encor sacré sous les affronts. C'est cette triste enfant qui jadis pure et tendre Chantait à sa mansarde où ton or l'alla prendre.