CONSEIL
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Ébranle toute digue et toute citadelle; Dans la société met à nu d'un coup d*aile Des sommets jusqu'alors par des brumes voilés. Des gouffres ténébreux ou des coins étoiles ; Vent fatal qui confond les meilleurs et les pires, Arrache mainte tuile au vieux toit des empires. Et prenant dans Fétat, en haut, en bas, partout. Tout esprit qui dérive et toute âme qui bout. Tous ceux dont un zéphyr fait remuer les têtes, Tout ce qui devient onde à l'heure des tempêtes. Amoncelant dans l'ombre et chassant à la fois Ces flots, ces bruits, ce peuple, et ces pas, et ces voix. Et les groupes sans forme et les rumeurs sans nombre. Pousse tout cet orage au seuil d'un palais sombre !
Palais sombre en efiTet, et plongé dans la nuit !
D'où les illusions s'envolent à grand bruit.
Quelques-unes en pleurs, d'autres qu'on entend rire !
C'en est fait. L'heure vient ! le voile se déchire,
Adieu les songes d'or ! On se réveille, on voit
Un spectre aux mains de chair qui vous touche du doigt.
C'est la réaUté, qu'on sent là, qui vous pèse.
On rêvait Charlemagne, on pense à Louis seize!
Heure grande et terrible où, doutant des canons,
La royauté, nommant ses amis par leurs noms.
Recueillant tous les bruits que la tempête apporte.
Attend, l'œil à la vitre et l'oreille à la porte!
Où l'on voit dans un coin, ses filles dans ses bras,
La reine qui pâlit, pauvre étrangère, hélas !