CONSEIL
Où les petits enfants des familles royales
De quelque vieux soldat pressent les mains loyale?.
El ■iemandent, avec des sanglots superflus.
Aux valets, fpii déjà ae leur répondent plus,
D'uii viennent ces rumeurs, ces terreurs, ce mystère.
Et les ébranlements de cette affreuse terre
Qu'ils sentent remuer comme la mer aux vents,
El qui ne tremble pas sous les autres enfants 1
Hélas î vous crénelez vos mornes Tuileries ;
Vous encombrez les ponts de vos artilleries ;
Vous gardez chaque rue avec un régiment ;
A quoi bon? à quoi bon? De moment en moment
Ia tourbe s'épaissit, grosse et désespérée
El terrible ; et qu'importe, à l'heure où leur marée
Sort et monte en hurlant du fond du goufTrc amer,
La mitraille à la foule et la grélc à la mer !
0 redoutable époque ! et quels temps que les nôtres ! Où, rien qu'en se serrant les uns contre les autres, Les hommes dans leurs plis écrasent tours, chiileuux, Donjons que les captifs rayaient de leurs couteaux. Créneaux, portes d'airain comme un carton ployées. Et, sur leurs boulevards vainement appuyées. Les pâles garnisons, et tes canons de fer Broyés avec le mur comme l'os dans la dini'-'
Gomment se défendra ce roi qu'un peuple assiège ? Plus léger sur ce flot que sur Tonde un vain liège. Plus vacillant que Tombre aux approches du soii*, Écoutant sans entendre et regardant sans voir, Il est là qui frissonne, impuissant, infertile. Sa main tremble, et sa tête est un crible inutile — Hélas ! hélas ! les rois en ont seuls de pareils ! — Qui laisse tout passer, hors les mauvais conseils !
Que servent maintenant ces sabres, ces épées, Ces lignes de soldats par des caissons coupées ; Ces bivouacs, allumés dans les jardins profonds. Dont la lueur sinistre empourpre les plafonds ; Ce général choisi, qui déjà, vaine garde. Sent peut-être à son front sourdre une autre cocarde Et tous ces cuirassiers, soldats vieux et nouveaux, Qui plantent dans la cour des pieux pour leurs chevau Que sert la grille close et la mèche allumée ? Il faudrait une tête et tu n'as qu'une armée !
Que faire de ce peuple à l'immense roulis, Mer qui traîne du moins une idée en ses plis. Vaste inondation d'hommes, d'enfants, de femmes, Flots qui tous ont des yeux, vagues qui sont des âmes':
Malheur alors ! 0 Dieu ! faut-il que nous voyions Le côté monstrueux des révolutions !
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