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Hélas! que fais-tu donc, ô Rabbe, ô mon ami, Sévère historien dans la tombe endormi !
Je Fai pensé souvent dans mes heures funèbn^K, Seul près de mon flambeau qui rayait les i/iuithr(*%, 0 noble ami, pareil aux hommes d^autrefois^ Il manque parmi nous ta voix, ta forte voi x Pleine de Téquité qui gonflait ta poitriru^ ; Il nous manque ta main qui grave et qui hunnr% Dans ce siècle oii par Tor les sages v^nt 'Ji't •;!,<.-, Où ridée est servante auprès des int/^WU, Temps de fruits avortés et de li;'^-* f'/rrjj/U' '. D mstincts dénaturés, de raisons (:orroui},'tt * .
Où, dans Tesprit humain tout étant dispersé, Le présent au hasard flotte sur le passé.
Si parmi nous ta tète était debout encore. Cette cime où vibrait l'éloquence sonore, Au milieu de nos flots tu serais calme et grand. , Tu serais comme un pont posé sur le courant.
Tu serais pour chacun la voix haute et sensée Qui fait que tout brouillard s'en va de la pensée. Et que la vérité, qu'en vain nous repoussions, Sort de l'amas confus des sombres visions.
Tu dirais aux partis qu'ils font trop de poussière Autour de la raison pour qu'on la voie entière ; Au peuple, que la loi du travail est sur tous Et qu'il est assez fort pour n'être pas jaloux ; Au pouvoir, que jamais le pouvoir ne se venge, Et que pour le penseur c'est un spectacle étrange Et triste quand la loi, figure au bras d'airain, Déesse qui ne doit avoir qu'un front serein. Sort à de certains jours de l'urne consulaire L'œil hagard, écumante et folle de colère.
Et ces jeunes esprits, à qui tu souriais. Et que leur âge livre aux rêves inquiets,
A ALPHOXSE 1A3BI. •i*
Tu leur dirais : — Amis, né* c«:'*rT ît*f ^fîiuî* ::ir:sc«ipîs.
Oh! n*aUez pas errer comm^ ont *fT4 v:* j»^r?s!
Laissez mûrir vos fronts! s^ri^-r-^^. ;-r*ir:»*s r-?tt>^
Des systèmes dorés aux pJa3Li-»ç «^LiJizïçaiit^
Qui dans les carrefoors s>n voQt f^in^ la pxie;
Et de ce qu*en vos cœurs rAmêri:pe ?ecoae.
Peuple à peine essayé, nation de hasard.
Sans tige, sans passé, sans histoire et sans art;
Et de cette sagesse impie, envenimée.
Du eerveau de Voltaire édose tout armée.
Fille de Tignorance et de Torgueil, posant
Les lois des anciens jours sur les mœurs d*à présent ,
Qui refait un chaos partout où fut un monde,
Qui rudement enfonce, ô démence profonde !
Le casque étroit de Sparte au front du vieux Paris,
Qui dans les temps passés, mal lus et mal compris,
Viole effrontément tout sage pour lui faire
Un monstre qui serait la terreur de son père ;
Si bien que les héros antiques tout tremblants
S*en sont voilé la face, et qu'après trois mille ann,
Par ses embrassements réveillé sous la pierre,
Lycurgue qu'elle épouse enfante Robespierre ! —
Tu nous dirais à tous : — Ne vous endomff/. f/Ht '
Veillez et soyez prêts ! car déjà pas à pas
La main de l'oiseleur dans l'ombre sVnt ^r»>/^?
Partout où chante un nid couvé par la i^ift>/A*
Car les plus nobles cœurs sont v;iincij% ou t^,u^ U^ '
Car la Pologne aux fers ne peut \Au^ uihti*', i/,-.'
40i LES CHANTS DU CRÉPUSCULE.
Mordre le pied du czar appuyé sur sa goi^e !
Car on voit chaque jour s'allonger dans la forge
La chaîne que les rois, craignant la liberté.
Font pour cette géante endormie à côté!
Ne vous endormez pas ! travaillez sans relâche !
Car les grands ont leur œuvre et les petits leur tâche.
Chacun a son ouvrage à faire. Chacun met
Sa pierre à Tédifice encor loin du sommet.
Qui croit avoir fini pour un roi qu'on dépose
Se trompe. Un roi qui tombe est toujours peu de cho^i^.
Il est plus difficile et c'est un plus grand poids
De relever les mœurs que d'abattre les rois.
Rien chez vous n'est complet. La ruine ou l'ébauche.
L'épi n'est pas formé que votre main le fauche !
Vous êtes encombrés de plans toujours rêvés
Et jamais accomplis. Hommes, vous ne savez.
Tant vous connaissez peu ce qui convient aux âmes.
Que faire des enfants ni que faire des femmes !
Où donc en êtes-vous? Vous vous applaudissez
Pour quelques blocs de lois au hasard entassés !
Ah ! l'heure du repos pour aucun n'est venue.
Travaillez ! Vous cherchez une chose inconnue,
Vous n'avez pas de foi, vous n'avez pas d'amour.
Rien chez vous n'est encore éclairé du vrai jour !
Crépuscule et brouillards que vos plus clairs systèmes!
Dans vos lois, dans vos mœurs, et dans vos esprits même
Partout l'aube blanchâtre ou le couchant vermeil î
Nulle part le midi ! nulle part le soleil ! —