‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 34 sur 100 · DANS L EGLISE DE **\ HJ · texte numérisé non relu

DANS L EGLISE DE **\ HJ

A peine quelque lampe aa f<Mid des corridors Éloîlail Fombre obseiire.

A peine on entendait flotter quelque soupir,

Quelque basse parole, Comme en une forêt qui vient de s*assoupir

Un dernier oiseau vole ;

Hélas ! et l'on sentait, de moment en moment,

Sous cette voûte sombre, Quelque chose de grand, de saint et de charmant

S'évanouir dans l'ombre.

Elle était triste et calme à la chute du jour,

L'église où nous entrâmes ; L'autel sans serviteur, comme un cœur i^nm »rnour,

Avait éteint ses flammes.

Votre front se pencha, morne et trembUnt H\é,rk,

Comme une nef qui s^mibr^r.

Tandis qu'on entendait dans la ville au 4*:Uor^

Passer des voix sans f$otuhr^s.

El ces voix qui pa^sti^^ut c>^-.^jt jV\ffuU:it.<:'A :

A nous les coupes d'or pleines d'un vin charmant! A d'autres les calices !

« Jouissons! l'heure est courte et tout fuit promptenieiil

L'urne est vite remplie !

Le nœud de l'âme au corps, hélas ! à tout moment

Dans l'ombre se délie.

« Tirons de chaque objet ce qu'il a de meilleur,

La chaleur de la flamme, Le vin du raisin mûr, le parfum de la fleur,

Et l'amour de la femme !

« Épuisons tout ! Usons du printemps enchanté

Jusqu'au dernier zéphire, Du jour jusqu'au dernier rayon, de la beauté

Jusqu'au dernier sourire !

« Allons jusqu'à la fin de tout, en bien vivant.

D'ivresses en ivresses.

Une chose qui meurt, mes amis, a souvent

De charmantes caresses!

« Dans le vin que je bois ce que j'aime le mieux.

C'est la dernière goutte.

L'enivrante saveur du breuvage joyeux

Souvent s'v cache toute.

« Sur chaque volupté pourquoi nous hâter tous, Sans plonger dans son onde.

An r:»*îlK^ irrar.^ m t^.

• Les plus tn-if-^ ; LLtfir-. :• olui*^ imis ru r^»-a>.

« Us tooibeot ruaiine n».»;-. -l^iI-t*: .»:';i' î-,l orj^^-ii.

Et kur vaiae 4Ji»tr*,.im»t :

Les flots les plus hautains^ in^ qî»^ vi*ra: ua •ivuriL

S é»:rouI#fDt •^a «^lîirae.

« Vivons donc! ^i Luvoqs^ da ^«ir jn^p';ia !r..t:^a. Pour Toubli «le nous-m<îme !

Et déployons gaîment la nappe du festin. Linceul du chagrin blême !

« L'ombre attachée aux pas du beau plaisir vermeil,

C'est la tristesse sombre.

Marchons les yeux toujours tournés vers le soleil ;

Nous ne verrons pas l'ombre.

« Qu'importe le malheur, le deuil, le désespoir

Que projettent nos joies, Et que derrière nous quelque chose de noir

Se traîne sur nos voies !

« Nous ne le savons pas. — Arrière les douleurs.

Et les regrets moroses !

Faut-il donc, en fanant des couronnes de fleurs,

Avoir pitié des roses ?

€ Les vrais biens dans ce monde, — et l'autre est importun !

C'est tout ce qui nous fête.

Tout ce qui met un chant, un rayon, un parfum,

Autour de notre tète.

« Ce n'est jamais demain, c'est toujours aujourd'hui !

C'est la joie et le rire !

C'est un sein éclatant, peut-être plein d'ennui.

Qu'on baise et qui soupire I

« C'est l'orgie opulente, enviée au dehors, Contente, épanouie.

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— « Dieu qui m'aTei fiil ct'îi^.

Vou> m'avez iv^.enrée ici f^^ur dts Ci:':r.î»iî> Ik»nt je tremble, o m.>ii mAiîre!

« Ayez pitié ! L'esquif où ohanoellenl me> pas Est sans voile et saii< rames.

Comme pour les enfants, pourquoi n*avez-vous pas Des anges pour les femmes?

« Je sais que tous nos jours ne sont rien, Dieu tonnant, DeTant vos jours sans nombre

Vous seul êtes réel, palpable el rayonnant; Tout le reste est de Tombre.

« Je le sais. Mais cette ombre où nos cœurs sont flottant:

J'y demande ma route.

Quelqu'un répondra-t-il ? Je prie, et puis j'attends.

J'appelle, el puis j'écoute.

« Nul ne vient. Seulement, par instants, sous mes pas.

Je sens d'affreuses trames.

Gomme pour les enfants, pourquoi n'avez-vous pas

Des anges pour les femmes?

« Seigneur ! autour de moi, ni le foyer joyeux.

Ni la famille douce.

Ni l'orgueilleux palais qui touche presque aux cieux.

Ni le nid dans la mousse,

« Ni le fanal pieux qui montre le chemin.

Ni pitié, ni tendresse.

Hélas! ni l'amiUé qui nous serre la main.

Ni l'amour qui la presse,

c Seigneur, autour de moi rien n*est resté debout.

Je pleure et je végète.

Oubliée au milieu des ruines de tout,

Gonune ce qu'on rejette !

« Pourtant je n'ai rien fait à ce monde d'airun* Vous le savez vous-même.

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