LES
Ce siècle est grand et fort. Un noble instinct le mène. Partout on voit marcher Tidéc en mission ; Et le bruit du travail, plein de parole humaine. Se mêle au bruit divin de la création.
Partout, dans les cités et dans les solitudes. L'homme est fidèle au lait dont nous le nourrissions ;
Et dans l'informe bloc des sombres multitudes La pensée en rêvant sculpte des nations.
L'échafaud vieillit, croule, et la Grève se lave. L'émeute se rendort. De meilleurs jours sont prêts. Le peuple a sa colère et le volcan sa lave Qui dévaste d'abord et qui féconde après.
Des poëtes puissants, têtes par Dieu touchées^ Nous jettent les rayons de leurs fronts inspirés. L'art a de frais vallons où les âmes penchées Boivent la poésie à des ruisseaux sacrés.
Pierre à pierre, en songeant aux vieilles mœurs éteintes. Sous la société qui chancelle à tous vents. Le penseur reconstruit ces deux colonnes saintes. Le respect des vieillards et l'amour des enfants.
Le devoir, fils du droit, sous nos toits domestiques Habite comme un hôte auguste et sérieux. Les mendiants groupés dans l'ombre des portiques Ont moins de haine au cœur et moins de flamme aux yeux
L'austère vérité n'a plus de portes closes. Tout verbe est déchiffré. Notre esprit éperdu,