CZ SIÈCLE EST GRAXD ET FORT S
^liii«:TiH l'.iir. en lisant dans le livre des choses, Z'M«!Mr'T^ «à Tunivers un sens inattendu.
» p»:»t*:.s! le fer et la vapeur ardente Lîh^'mC: ie la terre, à l'heure où vous rêvez.
L Li j.«:ie pesanteur, à tout objet pendante,
;'ii s.cLS les lourds essieux broyait les durs pavés.
L !• Qime se fait servir par l'aveugle matière. C jT^Q-k.*, il cherche, il crée! A»spn souffle vivant Les germes dispersés dans la nature entière T.'tciblent comme frissonne une forêt au vent.
•hii. tout va, tout s'accroît. Les heures fugitivfis Lii-^ut toutes leur trace. Un grand siècle a sur;/!. Et, contemplant de loin de lumineuses rives, L'homme voit son destin comme un fl^^uve éUc/i
Mai? parmi ces progrès dont notre k^f^. ^^. v/u.î.^ Dans lt>ut ce grand éclat d'un mk^A*- •^i.lo<i. ■'.<.. : loe chose, ô Jésus, en se^rrit^t iri'»^pi.«* •^.. *' CV'^t l'écho de ta voix qui va Va.raw>i.'M..'
!'/ ivril 1437.
SUNT LACRYMJS RERUM
U est mort. Rien de plus. Nul groupe populaire, Urne d où se répand l'amour et la colère, N'a jeté sur son nom pitié, gloire ou respect. Aucun signe n*a lui. Rien n'a changé l'aspect De ce siècle orageux, mer de récifs bordée, Où le fait, ce flot sombre, écume sur l'idée. Nul temple n'a gémi dans nos villes. Nul glas N'a passé sur nos fronts criant : hélas ! hélas ! U presse aux mille voix, cette louve hargneuse, A peine a retourné sa tête dédaigneuse ; Nous ne l'avons pas vue, irritée et grondant, Donner à cette pourpre un dernier coup de dent.
roés». «— m. 14
iiO LES VOIX INTÉRIEURES.
£t chacun vers son but, la marée à la grève, La foule vers l'argent, le penseur vers son rêve. Tout a continué de marcher, de courir, Et rien n*a dit au monde : Un roi vient de mourir!
Sombres canons rangés devant les Invalides,
Comme des sphinx au pied des grandes pyramides,
Dragons d'airain, hideux, verts, énormes, béants,
Gardiens de -ce palais, bâti pour des géants.
Qui dresse et fait au loin reluire à la lumière
Un casque monstrueux sur sa tête de pierre !
A ce bruit qui jadis vous eût fait rugir tous,
— Le roi de France est mort ! — d'où vient qu'aucun de vou
Comme un lion captif qui secouerait sa chaîne.
Aucun n'a tressailli sur sa base de chêne,
Et n'a, se réveillant par un subit effort.
Dit à son noir voisin : — Le roi de France est mort! —
D'où vient qu'il s'est fermé sans vos salves funèbres.
Ce cercueil qu'on clouai là-bas dans les ténèbres"^
Et que rien n'est sorti de vos mornes affûts,
Pas même, ô canons sourds, ce murmure confus
Qu'au vague battement de ses ailes livides
Le vent des nuits arrache à des armures vides
C'est que, prostitués dans nos troubles civils,
Vous êtes comme nous fiers, sonores et vils!
SUNT LACRYMiE RERUM. S14
Cest que, rouilles, vieillis, rivés à votre place,
Toujours agenouillés devant tout ce qui passe,
Retirés des combats, et dans ce coin obscur
Par des soldats boiteux gardés sous un vieux mur,
Vains foudres de parade oubliés de Tannée,
Autour de tout vainqueur faisant de la fumée,
Réservés pour la pompe et la solennité,
Vous avez pris racine en cette lâcheté !
Soyez flétris ! canons que la guerre repousse.
Dont la voix sans terreur dans les fêtes s'émousse,
Vous qui glorifiez de votre cri profond
Ceux qui viennent, toujours, jamais ceux qui s*en vont!
Vous qui, depuis trente ans, noirs courtisans de bronze.
Avez, comme Henri quatre adorant Louis onze,
Toujours tout applaudi, toujours tout salué.
Vous taisant seulement quand le peuple a hué!
Lâches, vous préférez ceux que le sort préfère !
Dans le moule brûlant le fondeur pour vous faire
Mil rétain et le cuivre et l'oubli du vaincu;
Cir qui meurt exilé pour vous n'a pas vécu.
Car vos poumons de fer, où gronde une âpre haleine,
S<)Dt muets pour Goritz comme pour Sainte-Hélène.
Soyez flétris !
Mais non. C'est à nous, insensés, Uue le mépris revient. Vous nous obéissez. Vous êtes prisonniers et vous êtes esclaves. La guerre qui vous fit de ses bouillantes laves Vous fit pour la bataille, et nous vous avons pris Pour vous éclabousser des fanges de Paris,
Pour vous sceller au seuil d'un palais centenaire, Et pour vous mettre au ventre un éclair sans tonnerre ! C'est nous qu'il faut flétrir, nous qui, déshonorés, Donnons notre âme abjecte à ces bronzes sacrés. Nous passons dans l'opprobre ; hélas, ils y demeurent. Mornes captifs! le jour où des rois proscrits meurent, Vous ne pouvez, jetant votre fumée à flots. Prolonger sur Paris vos éclatants sanglots. Et, pareils à des chiens liés à des murailles. D'un hurlement plaintif suivre leurs funérailles ! Muets, et vos longs cous baissés vers les pavés, Vous restez là pensifs, et, tristes, vous rêvez Aux hommes, froids esprits, cœurs bas, âmes douteuses, Qui font faire à l'airain tant de choses honteuses !
Vous vous taisez. — Mais moi, moi dont parfois le chant Se refuse à l'aurore et jamais au couchant, Moi que jadis à Reims Gharle admit comme un hôte. Moi qui plaignis ses maux, moi qui blâmai sa faute, Je ne me tairai pas. Je descendrai, courbé. Jusqu'au caveau profond oU dort ce roi tombé; Je suspendrai ma lampe à cette voûte noire ; Et sans cesse, à côté de sa triste mémoire, Mon esprit, dans ces temps d'oubli contagieux, Fera veiller dans l'ombre un vers religieux.
SUNT LÂGRYMiE RERUM. 213
Et que m'importe à moi qui, déployant mon aile,
Touche parfois d'en bas à la lyre éternelle,
A moi qui n*ai d*amour que pour Tonde et les champs,
Et pour tout ce qui souffre, excepté les méchants,
A moi qui prends souci, quand la nef s'aventure,
De tous les matelots risqués dans la mâture.
Et dont la pitié grave hésite quelquefois
De la sueur du peuple à la sueur des rois,
Que m'importe après tout que depuis six années
Ce roi fût retranché des tètes couronnées.
Froide ruine au bord de nos flots écumants.
Vain fantôme penché sur les événements !
Qu'il ne changeât de rien ni le poids ni le nombre.
Que, rasé dès longtemps, son front plongeât dans l'ombre,
Et que déjà, vieillard sans trône et sans pavois,
n eût subi l'exil, première mort des rois !
Je le dirai, sans peur que la haine renaisse.
Son avènement pur eut pour sœur ma jeunesse ;
Saint-Remy nous reçut sous son mur triomphant
Tous deux le même jour, lui vieux, moi presque enfant;
Et moi je ne veux pas, harpe qu'il a connue.
Qu'on mette mon roi mort dans une bière nue !
Tandis qu'au loin la foule emplit l'air de ses cris,
L'auguste piété, servante des proscrits,
Qui les ensevelit dans sa plus blanche toile.
N'aura pas, dans la nuit que son regard étoile.
Demandé vainement à ma pensée en deuil
Un lambeau de velours pour couvrir ce cercueil !
Oh! que Versaille était superbe Dans ces jours purs de tout affront Où les prospérités en gerbe S'épanouissaient sur son front!
Là, tout faste était sans mesure.
Là, tout arbre avait sa parure.
Là, tout homme avait sa dorure.
Tout du maitre suivait la loi.
Comme au même but vont cent routes.
Là les grandeurs abondaient toutes.
L'olympe ne pendait aux voûtes Que pour compléter le grand roi !
Vers le temps où naissaient nos pères Versailles rayonnait encor.
Les lions ont de grands repaires ; Les princes ont des palais d'or.
Chaque fois que, foule asservie, Le peuple au cœur rongé d'envie Contemplait du fond de sa vie Ce fier château si radieux, Rentrant dans sa nuit plus livide, Il emportait dans son œil vide
SrXT LACETS JE EEETW. SM,
l'n éblouissement spleodide
De roi?î, de femmes et de d)eu\ !
.Mors riaient dans Tempérance Trois enfants sous ces nobles tcîî^ Les deux Louis^ aînés de France, Le beau Charies, comte d'Artois, Tous trois nés sous les dais de sc»îe. Frêles enfants, mais pleins de joie Comme ceux qu'un chaud soleil noie De rayons purs sous le ciel bleu.
Oh ! d'un beau sort quelle semence !
Près d'eux le roi d'où tout commence, Au-dessous d'eux le peuple immense.
Au-dessus la bonté de Dieu !
Vui leur eût dit alors l'austère destinée ?
<i\i\ leur eût dit qu'un jour cette France, inclin<M»
Sous leurs fronts de fleurons cliarpés, Xe se souviendrait d'eux ni de leur morno hisloins Pn>i plus que Tocéan sans fond et sans mémoire}
Xe se souvient des naufrapés !
yiio, chaînes, lys, dauphins, un jour les Tuîh ri'u V» iraient Tillustre amas des vieilles armoiriin
S'écrouler de leur plafond nu, Et qu'en ces temps lointains que le mystère couvre. Un corse, encore à naître, au noir fronton du Louvre
Sculpterait un aigle inconnu !
Que leur royal Saint-Gloud se meublait pour un autre ; Et qu'en ces fiers jardins du rigide Le Nôtre,
Amour de leurs yeux éblouis, Beaux parcs où dans les jeux croissait leur jeune force, Les chevaux de Crimée un jour mordraient l'écorce
Des vieux arbres du grand Louis!
Dans ces temps radieux, dans cette aube enchantée, Dieu ! comme avec terreur leur mère épouvantée Les eût contre son cœur pressés, pâle et sans voix, Si quelque vision, troublant ces jours de fêtes, Eût jeté tout à coup sur ces fragiles tètes Ce cri terrible : — Enfants! vous serez rois tous trois!
Et la voix prophétique aurait pu dire encore : «f — Enfants, que votre aurore est une triste aurore! Que les sceptres pour vous sont d'odieux présents! D'où vient donc que le Dieu qui punit Babylone
SUNT LACRYMJB RERUM. tIT
Vous fait à pareille heure éclore au pied du troue ? Et qu'avez-vous donc fait, ô pauvres inuocents?
c Beaux enfants qu'on berce et qu'on flatte. Tout surpris, vous si purs, si doux.
Que des vieux en robe écarlate Viennent vous parler à genoux !
Quand les sévères Malesherbes Ont relevé leurs fronts superbes, Vous courez jouer dans les herbes, Sans savoir que tout doit finir, Et que votre race qui sombre Porte à ses deux bouts couverts d*ombre Ravaillac dans le passé sombre, Robespierre dans Tavenir !
c Dans ce Louvre où de vieux murs gardent
Les portraits des rois hasardeux,
Allez voir comme vous regardent
Charles premier et Jacques deux !
Sur vous un nuage s'étale.
Sol étranger, terre natale.
L'émeute, la guerre fatale
Dévoreront vos jours maudits.
De vous trois, enfants sur qui pi:sft
L'antique masure française.
Le premier sera Louis seize.
Le dernier sera Charles dix !
« Que Taîné, peu crédule à la vie, à la gloire, Au peuple ivre d'amour, sache d'une nuit noire D'avance emplir son cœur de courage pourvu ; Qu'il rêve un ciel de pluie, un tombereau qui roule, Et là-bas, tout au fond, au-dessus de la foule. Quelque étrange échafaud dans la brume entrevu !
« Frères par la naissance et par le malheur frères. Les deux autres fuiront, battus des vents contraires Le règne de Louis, roi de quelques bannis. Commence dans l'exil, celui de Charle y tombe. L'un n'aura pas de sacre et l'autre pas de tombe. A l'un Reims doit manquer, à l'autre Saint-Denis ! »
Quel rôve horrible! — C'est l'histoire.
De nos pères couchés dans les tombeaux profonds. Ce qu'aucun n'aurait voulu croire, Nous l'avons vu, nous qui vivons !
Tous ces maux, et d'autres encore.
Sont tombés sur ces fronts de la main du Seigneur.
-C^ïT LAC a Y M^ lUiULM. :!»
Hîiii:r:nant «-rovez :iu bonheur:
"^..wz ";T»-!::r \ni vnns llatto >i l)h*n!
L..vr!ur. îantùmo aux iiainH vif^ •^i.i -imraet tcnit «'t <[ni n'a •it'fi !
Au tournant îles pro*»p»'nhî-!
^ tre abime p<it, Seigneur, un ahirniî iiilini. Liiuiit «piinze fut le coiipahltf, Louis S4^ize fut le puni !
La peine se trompe et «lévie.
O'Mui «pii ût le mal, i:'esfe la loi dn Très-lIauU A le trône et la lon;xije vie.
Et l'innoeent a rérhafau»!.
Les fautes que Tahml pout faiiv Te poursuivront, ù fiU! eu vain lu t'en dOfemIs.
Quand il a neigé sous le père, L'avalanche est pour les enfants !
Révolutions ! mer profonde !
Que de choses, hélas! pleines d'enseignement. Dans les ténèbres de votre onde On voit flotter confusément !
Charles dix ! — Oh ! le Dieu qui retire et qui donne Forgea pour cette tête une lourde couronne ! L'empire était penchant et les temps étaient durs. Une ombre quand il vint couvrait encor nos murs, L'ombre de l'empereur, figure colossale.
Peuple, armée, et la France, et l'Europe vassale, Par cette vaste main depuis quinze ans pétris, Demandaient un grand règne, et, pour remplir Paris Ainsi qu'après César Auguste remplit Rome, Après Napoléon il fallait plus qu'un homme.
Charles ne fut qu'un homme. A ce faite il eut peur. Le gouffre attire. Pris d'un vertige trompeur, Dans l'abime, fermant les yeux à la lumière. Il se précipita la tète la première.
SUNT LACRTll^ HERUM. lîti
Silence à son tombeau! car tout vient de fiuir.
A peine 0 aura teint d*un vague souvenir
Le peuple à Feau pareil, qui passe, clair on souibre.
Près de tout sans en prendre autre chose que lombre î
Je n*aurai pas pour lui de reproches amers.
Je ne suis pas Toiseau qui crie au bord des mers
Et qui, voyant tomber la foudre des nuées.
Jette aux marins perdus ses sinistres buées.
Des passions de tous isolé bien souvent.
Je n'ai jamais cherché les baisers que nous vend
Et rhymne dont nous berce avec sa voix flatteuse
La popularité, cette grande menteuse.
Aussi n^attendez pas que j*achète aujourd'hui
Des louanges pour moi par des ailronts pour lui.
\iuun autre, aux rois déchus donnant un nom sévère.
Fasse un vil pilori de leur fatal calvaire ;
Moi je n^aflligerai pas plus, ô Charies dix.
Ton cercueil maintenant que ton exil jadis !
Repose, fils de France, en ta tombe exilée ! Dormez, sire! — Il convient que cette ombre voilée. Que ce vieux pasteur mort sans peuple et sans troupeaux. Roi presque séculaire, ait au moins le repos,
ta LES VOIX INTÉRIEURES.
Qu*il ait au moins la paix où la mort nous convie.
Puisqu'il eut le travail d'une si dure vie !
Peuple f soyons cléments ! soyons forts ! oublions !
Jamais l'odeur des morts n'attire les lions.
La haine d'un grand peuple est une haine grande
Qui veut que le pardon au sépulcre descende
Et n a pour ennemis que ceux qui sont debout.
Hélas ! quel poids encor pourrions-nous après tout
Jeter sur ce vieillard cassé par la misère
Qui dort sous le fardeau de la terre étrangère !
Roi, puissant, vous l'avez brisé ; c'est un grand pas Il faut l'épargner mort. Et moi, je ne crois pas Qu'il soit digne du peuple en qui Dieu se reflète De joindre au bras qui tue une main qui soufileKe.
Nous, pasteurs des esprits, qui, du bord du chemin, Regardons tous les pas que fait le genre humain. Poètes, par nos chants, penseurs, par nos idées, Hâtons vers la raison les âmes attardées ! Hâtons l'ère où viendront s'unir d'un nœud loyal Le travail populaire et le labeur royal ; Où colère et puissance auront fait leur divorce ; Où tous ceux qui sont forts auront peur de leur force,
SOT LJL:iza-& i:ijc:i. -^^
Et d'un saint Iren^ît^tOLeur T'*mu-»>nî i jsl oi=-.
Rois, devant leurs -il 'î'^a's. j^^uDit*:*. tevaut r-u-s irnii;
Aidons tous ces grLi^Li- iiua- nie e S-iifneiu* *iiv«»it*
Pour ouvrir une r <:'.* n to»u* 'inr* me 'oie.
Les révolutions ô'-cc -a -kutui*:* jmiu.
Les chaDgemenls ^.«uiaiiiif nu l'iuit -"ai:ilfr nui.
A dégager du i*.L.i >j* mjiLi;*S' te / ime.
A poser au-dessris !•-*• j iir •nmtue uie hunine
Ce sentiment fr : oi -^îl loiu^ inur r^î)»ie
Que Thomme ajp*iil'r :« uiii *i u iiiiime nue
Expliquons au pr c'* i*^ ^i iiiiiiii* 'lemearî*
Ces hauts évét^rcirrc::* .11 -'tMC r^'Mumeîii*:*-
Et qui font, qu*s î .' •- L "i u^ 7 uuitîuf iiirt 7 i^«rîiit!irs^
Trembler la cerL:.v:»t j-iaiii^iie ui :»,ait le* ^^'ir*?'
Faisons venir Ll^:::..c -'-leîii-* .a ." a :» uL-rt n^'^
Que sur le (r«..i îrr^.^ii-'^ .fi le l ic r.i-a •^iii.^r't
Hors des mol^ i^ i^ïj-i» a. l'-^ceria^ir^ tr. :*t^ zn^^
Et que, renj[-t:r^-r 2i».«:n 'i «ii::*-: jr* v..rru^ Cizecs*
Ou a tort d"e\*lTr, ^ -r*»:.*^ rj-'jL :ie :•■ • cjL-t^,
Eux de leur Sd;«i4.»^i.> r*: l.i itr st !. -■ iiii-e- A quoi sert, hir'i *.\r:L.^,L\. <r:r.,^ vu::> a::I-2.! Et conunent ^e i>.:--J ^.-e -i jr -^.r.. u a Ne brise pas se^ o^t-i* a.,- !::iirir>e 'ie U t-iinl-eT N'est-ce don«: pa^ a^-^-rz k j»-^. 'r>\.ii*:. ai-:iê lU i>*î\mt"«i, I)ès qu'un veut d»: ut^A^rït VA yzWiz un cil do rvi>* Sortant de ce b<»i'> n««ir qjV»n aj-pelle les lois. Celte hyène, acham^re aux grandes races nu^rlos, Yienue, là, sous nus murs, les ron^rer à m*> poHe<î
tn LES VOIX INTÉRIEURES.
Un jour, — mais nous serons couchés sous le gazon
Quand celte aube de Dieu blanchira Thorizon ! —
Un jour on comprendra, même en changeant de règne.
Qu'aucune loi ne peut, sans que l'équité saigne.
Faire expier à tous ce qu'a commis un seul.
Et faire boire au fils ce qu'a versé l'aïeul.
On fera ce que nul aujourd'hui ne peut faire.
Quand un aiglon royal tombera de sa sphère,
On ne l'abattra pas sur l'aigle foudroyé.
Et, tout en gardant bien le droit qu'il a payé
De mettre le pouvoir sur un front comme un signe
Et de donner le trône et le Louvre au plus digne,
Un grand peuple pourra, sans être épouvanté.
Voir un enfant de plus jouer dans la cité.
Car tous les cœurs diront : C'est une juste aumône
De laisser la patrie à qui n'a plus de trône !
Alors, jetant enfin l'ancre dans un port sûr. Ayant les biens germes sur nos maux, et l'azur Du ciel nouveau dont Dieu nous donne la tempête, Proscription ! nos fils broieront du pied ta tête ! Démon qui tiens du tigre et qui tiens du serpent ! Dans les prospérités invisible et rampant, Qui, lâche et patient, épiant en silence Ce que dans son palais le roi dit, rêve, ou pense, Horrible, en attendant l'heure d'être lâché. Vis, monstre ténébreux, sous le trône caché !
SOT LJLiaixjs: isir». iti
0 poésie! au ciel loa toI se réÛLrîe
Quand les partis hurlants luttent à pleine or^te.
Quand la nécessité S4>as son co»ie étouttant
Brise le fort, le faible, hélas! Tinnooent même.
Et sourde et sans piUé promène ranathème
Du firont blanc du vieillard au front pur de renfaui.
Tu fuis alors à tire d*aile Vers le ciel étemel et pur.
Vers la lumière à tous fidèle.
Vers rinnocence, vers l'azur ; Âfm que ta pureté fière N*ait pas la fange et la poussière Des vils chemins par nous frayé», Et que, nuages et tempêtes, Tout ce qui passe sur nos tAtos Ne puisse passer qu'à tes pieds.
Tu sais qu'étoile sans orbite.
L'homme erre au gré de U>\è% U'a v^^iiI « ,
Tu sais que l'injustifié b;ibft#;
Dans la demeure fU',% viv;iiiU;
Et que nos cœurs ^oui fU'% Htéuu'x
Où les passions souir^rr^uri^,*.
Groupe horrible en vain combattu, Lionnes, louves affamées, Tigresses de taches semées.
Dévorent la chaste vertu.
Tout ce qui souffre est plein de haine. Tout ce qui vit traîne un remords.
Les morts seuls ont rompu leur chaîne.
Tout est méchant, hormis les morts.
Aussi, voyant partout la vie Palpiter de rage et d'envie, Et que parmi nous rien n'est beau.
Si parfois, oiseau solitaire.
Tu redescends sur cette terre, Tu te poses sur un tombeau !
Novembre 1836.
Quelle esl U fin de t-i'UlT la \ii\ ou bn-n h lôn-iK"'?
Esl-ce ToùJe ou Ton fj'.»île? e>l-<-e l'on le où l\tn ton^.bo'!'
De tant de f>a> ^-roi?^ quel esl le but K»int,^in?
Le berceau cootienl-il rbomme ou Lun le destin?
Sommes-nous ici-bas, dans dos maux, dans nos joios.
Des rois prédeslioés ou de fatales proies ?
0 Seigneur, diiesHDous, dites-nous, ô Dieu fort.
Si vous n'avez créé Fhonmie.que pour le sort?
Si déjà le calvaire est caché dans la cK^che?
Et si les nids soyeux, dorés par l'aube fraîche, Où la plume naissante éclôt parmi des fleurs. Sont faits pour les oiseaux ou pour les oiseleurs ?
24 mars 1837.
Toi dont la courbe au loin, par le couchant dorée, S emplit d*azur céleste, arche démesurée ; Toi qui lèves si haut ton front large et serein, Fait pour changer sous lui la campagne en abtme, Et pour servir de base à quelque aigle sublime Oui viendra s*y poser et qui sera d*airain !
0 vaste entassement ciselé par Thistoire !
VoDceau de pierre assis sur un monceau de gloire !
Édifice inoui !
Toi que Hiomme par qui notre siècle commence.
kj
De loin, dans les rayons de l'avenir immense.
Voyait, tout ébloui !
Non, tu n'es pas fini quoique tu sois superbe !
Non ; puisque aucun passant, dans l'ombre assis sur Therbc
r\e f.xc uii o?:l rcveiir à ton mur triomphant,
Tandis que triviale, errante et vagabonde,
Entre tes quatre pieds toute la ville abonde
Gomme une fourmilière aux pieds d'un éléphant !
 ta beauté royale il manque quelque chose. Les siècles vont venir pour ton apothéose
Qui te l'apporteront.
Il manque sur ta tète un sombre amas d'années Qui pendent pêle-mêle et toutes ruinées
Aux brèches de ton front.
Il te manque la ride et l'antiquité flère. Le passé, pyramide oii tout siècle a sa pierre. Les ehapiteaux brisés, Therbe sur les vieux fûts; Jl manque sous ta voûte où notre orgueil s'élance Ce bruit mystérieux qui se mêle au silence. Le sourd chuchotement des souvenirs confus.
La vieillesse couronne et la ruine achève. Il faut à l'édifice un passé dont on rêve.
Deuil, triomphe ou remords.
Nous voulons, en foulant son enceinte pavée. Sentir dans la poussière à nos pieds soulevée
De la cendre des morts.
Il fîjt -^JT k Ltiien, c^-iif rouille â\\ Tî^.nrlin\ El «-pie 11 Tr*u>:f, par qui l»iit art >'i»n;KH\ G'nicie on *viie î»isean qui dtvvire un invA v,:i\t.
Il faut qu'un lir-ux daîiiiire ouiaîe 5tou> K^ jv^rtos, yue le lierre vivant priiufte aux acanlhes u)oru^
Oue Teau dorme aux fo^^sôs, yue la cariatide, en sa lente révolte.
Se refuse, enfin lasse, à porter rarolùvolte.
Et dise : Cest assex!
Ce n'est pas, ce n'est j>as entre des pierres neuves Oue la bise et la nuit pleurent comme des veuves. Hélas ! d'un beau palais le débris est plus beau. Pour que la lune émousse à travers la nuit soutbre L ombre par le rayon et le rayon par rouilm\ Il lui faut la ruine à défaut du tombeau.
Voulez-vous qu'une tour, voulez-vous qu*uno égliso Soient de ces monuments dont Tàme idéalisa
La forme et la hauteur, Attendez que de mousse elles soient reviHues, Et laissez travailler à toutes les statues
Le temps, ce grand sculpteur!
11 faut que le vieillard, chargé de jours sans nouibiM^ enant son jeune fils sous rarclie pleine (Ponibn*,
232 LES TOIX INTÉRIEURES.
Nomme Napoléon comme on nomme Cyrus, Et dise en la montrant de ses mains décharnées : — Vois cette porte énorme ! elle a trois mille années Cest par là qu*ont passé des hommes disparus ! —
Oh ! Paris est la cité mère !
Paris est le lieu solennel Ou le tourbillon éphémère Tourne sur un centre éternel !
Paris I feu sombre ou pure étoile !
Morne Isis couverte d'un voile!
Araignée à l'immense toile Où se prennent les nations !
Fontaine d'urnes obsédée!
Mamelle sans cesse inondée Où pour se nourrir de l'idée Viennent les générations !
Quand Paris se met à l'ouvrage Dans sa forge aux mille clameurs, A tout peuple, heureux, brave ou sage.
Il prend ses lois, ses dieux, ses mceurs* Dans sa fournaise, pèk^nèto.
Il fond, transforme et rei^ouveUe
Cette science universelle Qu'il emprunte à tous les humains ; Puis il rejette aux peuples blêmes Leurs sceptres et leurs diadèmes, Leurs préjugés et leurs systèmes.
Tout tordus par ses fortes mains.
Paris, qui garde, sans y croire.
Les faisceaux et les encensoirs.
Tous les matins dresse une gloire, Éteint un soleil tous les soirs ; Avec ridée, avec le glaive.
Avec la chose, avec le rêve. Il refait, recloue et relève L*échelle de la terre aux cieux ; Frère des Memphis et des Romes, Il bâtit au siècle où nous sommes.
Une Babel pour tous les hommes.
Un Panthéon pour tous les dieux.
Ville qu'un orage enveloppe !
C'est elle, hélas ! qui, nuit et jour, Réveille le géant Europe Avec sa cloche et son tambour !
Sans cesse, qu'il veille ou qu'il dorme, Il entend la cité diflbrme Bourdonner sur sa tête énorme Comme un essaim dans la forêt.
Toujours Paris s'écrie et gronde.
Nul ne sait, question profonde.
Ce que perdrait le bruit du monde Le jour où Paris se tairait !
Il se taira pourtant! — Après bien des aurores, Bien des mois, bien des ans, bien des siècles couchés, Quand cette rive où l'eau se brise aux ponts sonores Sera rendue aux joncs murmurants et penchés ;
Quand la Seine fuira de pierres obstruée. Usant quelque vieux dôme écroulé dans ses eaux, Attentive au doux vent qui porte à la nuée Le frisson du feuillage et le chant des oiseaux ;
Lorsqu'elle coulera, la nuit, blanche dans l'ombre. Heureuse, en endormant son flot longtemps troublé. De pouvoir écouter enfin ces voix sans nombre Qui passent vaguement sous le ciel étoile ;
Quand de cette cité, folle et rude ouvrière. Qui, hâtant les destins à ses murs réservés. Sous son propre marteau s'en allant en poussière. Met son bronze en monnaie et son marbre en pavés ;
Quand, des toits, des clochers, des ruches tortueuses, Des porches, des frontons, des dômes pleins d'orgueil
Jr- T-