‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 48 sur 100 · L - T^ 7„ - -' :• »ir *! ui :}aîir.icoiK · texte numérisé non relu

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El ^ur ces drca •i-jbris que les deslins rassoniMonl, IV»ur t«>i Taul-e frrra resplendir à la lois I>''ux si^e^ tri«>mphants qui de loin so ivssouiMohl De près Fun e^t un glaive et Taulre est uno orois.

Sur vous trois poseront mille ans do noiro Kninor U colonne est le chant d'un règne ù poino ou>rrl Cest toi qui finiras Thymne qu'elle conunt^UMs Elle dit : Âusterlitz! tu diras : Chanipnuborl I

Arche ! alors tu seras éteraelle et complète. Quand tout ce que la Seine en son onde reflète

Aura fui pour jamais.

Quand de cette cité qui fut égale à Rome Il ne restera plus qu*un ange, un aigle, un homme.

Debout sur trois sommets !

C'est alors que le roi, le sage, le poète.

Tous ceux dont le passé presse Tàme inquiète,

Tadmireront vivante auprès de Paris mort ;

Et, pour mieux voir ta face où flotte un sombre rèvr

Lèveront à demi ton lierre, ainsi qu'on lève

Un voile sur le front d'une aïeule qui dort !

Sur ton mur qui pour eux n'aura rien de vulgaire. Ils chercheront nos mœurs, nos héros, notre guerre.

Tous pensifs à tes pieds ; Ils croiront voir, le long de ta frise animée. Revivre le grand peuple avec la grande année.

— « Oh! diront-ils, vovez!

« Là, c'est le régiment, ce serpent des batailles. Traînant sur mille pieds ses luisantes écailles. Qui tantôt, furieux, se roule au pied des tours. Tantôt, d'un mouvement formidable et tranquille.

Troue un rempart de pierre et traverse une ville Avec son front sonore où battent vingt tambours.

€ Là-haut, c'est l'empereur avec ses capitaines, Qui songe s'il ira vers ces terres lointaines

Oii se tourne son char, Et s'il doit préférer pour vaincre ou se défendre La courbe d'Annibal ou l'angle d'Alexandre

Au carré de César.

« Là, c'est l'artillerie aux cent gueules de fonte.

D'où la fumée à flots monte, tombe et remonte,

Qui broie une cité, détruit les garnisons,

Ruine par la brèche incessamment accrue

Tours, dômes, ponts, clochers, et, comme une charrue.

Creuse une horrible rue à travers les maisons ! »

El tous les souvenirs qu'à ton front taciturne Chaque siècle en passant versera de son urne

Leur reviendront au cœur.

Ils feront de ton mur jaillir ta vieille histoire. Et diront, en posant un panache de gloire

Sur ton cimier vainqueur :

— « Oh ! que tout était grand dans cette époque antique !

Si les ans n'avaient pas dévasté ce portique,

Nous en retrouverions encor bien des lambeaux !

Maiii le temps, grand semeur de la ronce et du lierre.

Touche les monuments d'une main familière,

Et déchire le livre aux endroits les plus beaux ! »

Non, le temps n'ôte rien aux choses.

Plus d'un portique à tort vanté Dans ses lentes métamorphoses Arrive enfin à la beaut^.

Sur les monuments qu'on révère . Le temps jette un charme sévère De leur façade à leur chevet.

Jamais, quoiqu'il brise et qu'il rouille, La robe dont il les dépouille Ne vaut celle qu'il leur revêt.

C'est le temps qui creuse une ride Dans un claveau trop indigent ; Qui sur l'angle d'un marbre aride Passe son pouce intelligent; C'est lui qui, pour corriger l'œuvre, Mêle une vivante couleuvre Aux nœuds d'une hydre de granit.

Je crois voir rire un toit gothique Quand le temps dans sa frise antique Ote une pierre et met un nid.

Aussi, quand vous venez, c'est lui qui vous accueille; Lui qui verse l'odeur du vague chèvrefeuille

Sur ce pavé souillé peut-être d'ossements ; Lui qui remplit d'oiseaux les sculptures farouches. Met la vie en leurs flancs, et de leurs mornes bouches Fait sortir mille cris charmants !

Si quelque Vénus toute nue Gémit, pauvre marbre désert, C'est lui, dans la verte avenue, Qui la caresse et qui la sert.

A l'abri d'un porche héraldique Sous un beau feuillage pudique Il la cache jusqu'au nombril ; £t sous son pied blanc et superbe Ëtend les mille fleurs de l'herbe, Cette mosaïque d'avril.

La mémoire des morts demeure Dans les monuments ruinés.

Là, douce et clémente, à toute heure, Elle parle aux fronts inclinés.

Elle est là, dans l'âme affaissée Filtrant de pensée en pensée.

Comme une nymphe au front dormant Qui, seule sous l'obscure voûte D'où son eau suinte goutte à goutte, Penche son vase tristement.

Mais, hélas ! hélas ! dit Thistoire, Bien souvent le passé couvre plus d'un secret Dont sur un mur vieilli la tache réparait !

Toute ancienne muraille est noire !

Souvent, par le désert et par l'ombre absorbé, L'édifice déchu ressemble au roi tombé.

Plus de gloire où n'est plus la foule ! Rome est humiliée et Venise est en deuil. La ruine de tout commence par l'orgueil.

C'est le premier fronton qui croule !

Athène est triste, et cache au front du Parthénon Les traces de l'anglais et celles du canon,

Et, pleurant ses tours mutilées.

Rêve à l'artiste grec qui versa de sa main Quelque chose de beau comme un sourire humain

Sur le profil des propylées.

Thèbe a des temples morts où rampe en serpentant La vipère au front plat, au regard éclatant,

Autour de la colonne torse ; Et, seul, quelque grand aigle habite en souverain Les piliers de Rhamsès d'où les lames d'airain

S'en vont comme une vieille écorce.

A LAmC DE TRIOMPHE. tU

Iiaiir kt- dtîbrk^ de Gur, pleins du cri di'H hiboux, h luri tïL marckasl ploie et casse les hai«bou«,

1» du i^'eDTôle le vautour chauv**, L: IL iiumit au pâed d'un mur my»U5ri<Mix ït'i il p^oujif inquiet des lionceaux nann y<.^ux

Oui icuillent sous son ventre fauvif,

Li nijme P&lenquè git dans les niarai^^ M.rU. 1 jtfnif^ entre ses blocs d'herbe hauU? wuvntH

Entiend-on le lézard qui bou^<^ ï^ xLurs sont obstrués d'arbres au fruit M^vmnï Où v.»knU tout moirés par l'ombre et k* ii<>l<'il,

De beaux oiseaux de cuivre ivw^*-

ïutrUe en sa douleur, Jumiègei!» ffrav<îiJi<iit Ét.jiiffe un triste écho sous hou jx-^rUil noriuand.

Et laisse chanter sur Mf« U^iub^n Tous ces nids dans ses tours abrit<';>> ^i ^'/^osY^h D'où le souffle du soir fait sur les iioii> |/ij\^h

Neiger des plumes de coloi/jb«^>i.

Cooune une mère sombre, et qui, dînis sti n<'ii/^^ Cache sous son manteau sou efii^ul M>ufn<;U/,

L'Egypte au bord du MJ a>>siMi Dans sa robe de sable enfon^^e eux loj;j/'b Ses colosses camards â la lac.e fr<i}/i></K

Par le pied bru lui de Catubysi*.

Cest que toujours les aus a/mimnïitd qij«'lqij<i alJrout. Toute raine, hélas, pleure et peiiclic' U: fioul !

Mais toi ! rien n'atteindra ta majesté pudique. Porte sainte ! jamais ton marbre véridique

Ne sera profané.

Ton cintre virginal sera pur sous la nue ; Et les peuples à naitre accourront tête nue

Vers ton front couronné.

Toujours le pâtre, au loin accroupi dans les seigles, Verra sur ton sommet planer un cercle d'aigles. Les chênes à tes blocs noueront leur large tronc. La gloire sur ta cime allumera son phare. Ce n'est qu'en te chantant une haute fanfare Que sous ton arc altier les siècles passeront.

Jamais rien qui ressemble à quelque ancienne honte N'osera sur ton mur où le flot des ans monte

Répandre sa noirceur.

Tu pourras, dans ces champs où vous resterez seules. Contempler fièrement les deux tours tes aïeules,

La colonne ta sœur!

C'est qu'on n'a pas caché de crime dans ta base, Ni dans tes fondements de sang qui s'extravase! C'est qu'on ne te fit point d'un ciment hasardeux !

0 Dieu ! de quel aspect triste et silencieux

Les lieux où fut Paris étonneront ses yeux !

Si c'est rheure où déjà des vapeurs sont tombées

Sur le couchant rougi de Tor des scarabées,

Si la touffe de l'arbre est noire sur le ciel,

Dans ce demi-jour pâle où plus rien n'est réel.

Ombre où la fleur s'endort, où s'éveille l'étoile.

De quel œil il verra, comme à travers un voile,

Gomme un songe aux contours grandissants et noyés,

La plaine immense et brune apparaître à ses pieds,

S'élargir lentement dans le vague nocturne.

Et comme une eau qui s'enfle et monte aux bords de l'urne

Absorbant par degrés forêt, coteau, gazon.

Quand la nuit sera noire, emplir tout l'horizon!

Oh ! dans cette heure sombre où l'on croit voir les choses

Fuir, sous une autre forme étrangement écloses,

Quelle extase de voir dormir, quand rien ne luit.

Ces champs dont chaque pierre a contenu du bruit!

Gomme il tendra l'oreille aux rumeurs indécises !

Gomme il ira rêvant des figures assises

Dans le buisson penché, dans l'arbre au bord des eaux,

Dans le vieux pan de mur que lèchent les roseaux !

Qu'il cherchera de vie en ce tombeau suprême !

Et comme il se fera, s'éblouissant lui-même,

A travers la nuit trouble et les rameaux toufl'us,

Des \isioiis de chars et de passants confus!

— Mais non, tout sera mort. Plus rien dans cette plaine

Qu'un peuple évanoui dont elle est encor pleine ;

Que l'œil éteint de l'homme et l'œil vivant de Dieu;'

Un arc, une colonne, et, là-bas, au miUeu

Sut. *it ^ jnit i "iiiD ■''«'•^ilLiiii -A TL»T'Z' :r^.

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Il aura leiit«*îi>?c.t r^zts^ft ««la rirfcui;

Quand dans ee zraa»! ie$ert. j:«ir le :c^: rot> îiuuiJtv,^

Kien ne trouh^iera p;i> e>r::e p licsir qu<e Rottv

Oa Paris miné doit aToir devant rh.^aîuîe;

lorsque la soUtade. enfin libre el ^an^ bnnU

Pourra continoer ce qu'elle fait la nuiU

Si quelque être animé veille encor daus^ la pl»uu\

Peut-être vcrra-l-U, comme sous une haloi«t\

Soudain un pâle éclair de ta tète jaillir.

Et la colonne au loin répondre et tressaillir !

Et ses soldats de cuivre et tes soldats do piiMn^o

Ouvrir subitement leur pesante paupi^n^ !

Et tous s'entre-heurter, réveil miraculeux !

Tels que d'anciens guerriers, d'un âge fabuleux

Qu'un noir magicien, loin des temps où nous sommes.

Jadis aurait faits marbre et qu'il referait hommes !

Alors l'aigle d'airain à ton faite endormi,

Superbe, et tout à coup se dressant à demi,

Sur ces héros baignés du feu de ses prunelles

Secouera largement ses ailes éternelles.

D'où viendra ce réveil? d'où viendront ces clartés?

£t ce vent qui, soufflant sur ces guerriers sculptés,

Les fera remuer sur ta face hautaine

Gomme tremble un feuillage autour du tronc d'un cliêne:'

Qu'importe ! Dieu le sait. Le mystère est dans tout.

L'un à l'autre à voix basse ils se diront : Debout !

Ceux de quatre vingt-seize et de mil huit cent onze.

Ceux que conduit au ciel la spirale de bronze,

Ceux que scelle à la terre un socle de granit.

Tous, poussant au combat le cheval qui hennit.

Le drapeau qui se gonfle et le canon qui roule,

A l'immense mêlée ils se rueront en foule.

Alors on entendra sur ton mur les clairons,

Les bombes, les tambours, le choc des escadrons,

Les cris, et le bruit sourd des plaines ébranlées,

Sortir confusément des pierres ciselées.

Et du pied au sommet du pilier souverain

Cent batailles rugir avec des voix d'airain.

Tout à coup, écrasant l'ennemi qui s'eflare,

La victoire aux cent voix sonnera sa fanfare.

De la colonne à toi les cris se répondront.

Et puis tout se taira sur votre double front.

A rAEC DE TRIOMPHE. 247

Uoe mmear de fête ^nplira la vallée,

Et Notre-Dame aa loin, aux ténèbres mêlée,

niuminanl sa croix ainsi qu on labarum.

Vous chantera dans Tombre un vague Te Deum !

Monument ! voilà donc la rêverie iomien^ Qa a ton ombre déjà le poêle commence ! Piédestal qu'eût aimé Bélénus ou MilLra ! Arche aujourd'hui guerrière, un jour religieuse ! Rêve en pierre ébauché ! porte prodigieuse D'un palais de géants qu'on se fi^iirerd !

tjuand d'un lierre poudreux je couvre t^* vr^.- Lorsque je vois, au fond des épo'ju*f% Vjvj*^* La liste des héros sur tou mur •jjU'i^:..^ Reluire et rayonner, maUrré ks d^-s:.:^:-:. A travers les rameaux det jf*"Aju'à-^* î2'. >>■ Comme à travers un Loi- br,L* uî. >:.< k.,,^

Quand ma pensée ainsi, vieillissant ton attique. Te fait de Tavenir un passé magnifique. Alors sous ta grandeur je me courbe effrayé. J'admire, et, fils pieux, passant que Tart anime, Je ne regrette rien devant ton mur sublime Que Phidias absent et mon père oublié !

2 féTrier 1837.

DIEU EST TOUJOCIiS LA

Quand Féié Tient, le pauvre adore!

L*été, c est la saison de feu, Cest Fair tiède et la fraîche aurore ; L'été, c'est le regard de Dieu.

L'été, la nuit bleue et profonde S'accouple au jour limpide et clair ; Le soir est d'or, la plaine est blonde ; On entend des chansons dans l'air.

L'été, la nature éveillée Partout se répand en tous sens,

Viens sous mon ciel plein de lumières, Viens sous mon ciel plein de zéphyrs !

«c J*ai connu ton père et ta mère Dans leurs bons et leurs mauvais jours; Pour eux la vie était amère, Mais moi je fus douce toujours.

c C'est moi qui sur leur sépulture Ai mis rherbe qui la défend.

Viens, je suis la grande nature !

Je suis raîeulCy et toi Tenfant.

€ Viens, j'ai des fruits d'or, j'ai des roses, J'en remplirai tes petits bras ; Je te dirai de douces choses, Et peut-être tu souriras.

« Car je voudrais te voir sourire, Pauvre enfant si triste et si beau !

Et puis tout bas j'irais le dire A ta mère dans son tombeau I »

Et l'enfant, à cette voix tendre, De la vie oubliant le poids.

Rêve et se hâte de descendre Le long des coteaux dans les bois.

. Là du plaisir tout a la forme ; L'arbre a des fruits, l'herbe a des fleurs ;

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