‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 93 sur 100 · DATE DU SEIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

DATE DU SEIZIÈME SIÈCLE

0 vous, mes vieux amis, si jeunes autrefois, Qui comme moi des jours avez porté le poids, Qui de plus d'un regret frappez la tombe sourde, Et qui marchez courbés, car la sagesse est lourde ; Mes amis ! qui de vous, qui de nous n*a souvent, Quand le deuil à Tœil sec, au visage rêvant. Cet ami sérieux qui blesse et qu'on révère. Avait sur notre front posé sa main sévère, Hui de nous n*a cherché le calme dans un chant! Qui n*a, comme une sœur qui guérit en touchant. Laissé la mélodie entrer dans sa pensée ! £t, sans heurter des morts la mémoire bercée,

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N'a retrouvé le rire et les pleurs à la fois Parmi les instruments, les flûtes et les voix !

Qui de nous, quand sur lui quelque douleur s*écoule. Ne s'est glissé, vibrant au souffle de la foule. Dans le théâtre empli de confuses rumeurs! Comme un soupir parfois se perd dans des clameurs. Qui n'a jeté son âme, à ces âmes mêlée, Dans l'orchestre où frissonne une musique ailée. Où la marche guerrière expire en chant d'amour. Où la basse en pleurant apaise le tambour!

Ecoutez ! écoutez ! du maître qui palpite. Sur tous les violons l'archet se précipite. L'orchestre tressaillant rit dans son antre noir. Tout parle. C'est ainsi qu'on entend sans les voir. Le soir, quand la campagne élève un sourd murmure. Rire les vendangeurs dans une vigne mûre. Comme sur la colonne un frêle chapiteau, La flûte épanouie a monté sur l'alto.

Les gammes, chastes sœurs dans la vapeur cachées. Vidant et remplissant leurs amphores penchées. Se tiennent par la main et chantent tour à tour. Tandis qu^un vent léger fait flotter alentour,

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