‹ Œuvres complètesChapitre 189 sur 190 · COUR ROYALK DE PARIS · texte numérisé non relu

COUR ROYALK DE PARIS

raÉSIDE^CB DE M. N^GllCR, rtEMIEI ritfSIDBXT

Au-Sivoce du 5 décembre 1837.

A rou\erture de^ |iorte«>, une foule considérable se précipite dans la «aile. On remarque dans le* rangs du public un grand nombre de littérateur^ ft d a ri i<» tes dramatique*.

M. \itti.r HufTo a quelque pi-ine&se placer dans la tribune partifulièn* qui lui a été ré«er>ée et qui e*t déjà envahie par des avocats.

M* Delungle prend la parole e

• Ea 1829, H. Victor Hugo présenta i la ComMie Marion dg Lormi; H él&ït 1o cbel de cette école qui, *e rrayanl des rontm nonieDes, atinaiitalt I* prétention et manifeiUit reipéniDce de raviver la litlcniure. L'oarr*^ fui lu, reçu, le contrai était Torm^; mai* la centure cinp6rha la rrprèaenlalioa; celle îu ter rt'ii lion i^tablisaut la force majeure, et U pirc« liai

■ En 030, Htmani tut accepté et montd ave< soin ; madeinDiatile Hm y remplissait le principal r6[e; tout tal min en (cutre pour eiciier U corioailc. Un Journal, donnant son opinion sur ma plaidoirie deiast It tribunal de commerce, a dit que je n'étais pas un homme litliraire- Je n'ai pas de prétention à ce tilrci mais il me sera permis de rappeler, comme un fait notoire, que certains specLalours, t l'orcasion de la piâce nouvelle, dépassèrent toutes les limites connues de l'admiration, et que. dans leur entbousiaame, ils loulurent imposer leur sentiment d'une fafoa peu littérairej il Taut le dire, on se battit au parterre; ce fut. du reste, un nouvel attrait pour t'atidc curiosité du |>ublic. Quarantc-ituit représentalions produisirent de bonnes recettes.

■ Survînt la révolution de juillet et l'abolition de la censure. Les comédiens se rappelèrent la déconvenue de .Virion de Lormt, ils la redetnaadèrenl a l'auteur, qui refusa, par l'boaorable motif qu'on pourrait voir dans cet ouvrage des allusions i In récealc expulsion du roi Charles X. Depuis, Marion de Lormt fui par lui donnée a la Porle-Sainl->lsrlin, où elle eut soiianle-huit représentations. Le amtfU originaire, deai Dm* brisé, cassait donc d'eacbslner aucune dsa parties à l'égard de cet onvrage.

• Le 1! aoât 1S33, le Boi l'amiae devint, entre H. Victor Hugo et M. Deamousseaui, artiste du Théïtre-Prantaia, agissant au nom du comité d'administration, 'l'occasion d'un traité spécial. M. Desmousseaui promâtlait du reprendre Heriiani pour le courant du mois de janvier 1833. It était nécessaire de distribuer de nouveau les rolcs, mademoiselle Mars renonçant a celui de dorii» Sol, et Michclot, chargé de celui de Chorles-Quint, ayant quitté lo tbéitre. En outre, pour plaire à l'auteur, on engageait madame Dorval ; puis on lui accordait une prime avantageuse dés avant la lecture.

• II n'y eut aucun retard dans l'eiéculion de la première de ces promcssc* ; le Boi ïamase fut représenté; mais la pièce fut défendue par la censure après la première représentation. Fut-ce pir l'effet d'une intrigue littéraire? Ce qui est certain, c'est qu'un proci-s, fait par l'auteur au mi ni sire de l'intérieur, devant le tribunal de commerce, demeura aani snccBB, et que les comédiens, qui avaient dépensé pour monter la pièce vingt mille francs et beaucoup de temps, en furent pour leur temps et leur

• Un nouveau traité intenint, le 31 février 1S35, avec H. Jousiin de Lasalle. Quel était M. Joualin de LasalleT II remplaçait le comité d'admi-

PROCÈS DANGELO ET DMIERNAxNI. 49j

iiihtrmtion Jii»que*là char^ de faire le» marchés relatifs à rcxploitation du ih<''àtn\ maio avtM* roblip.ntion de prendre Tavifl du coniteil judiciaire et d'obtenir le viM du roniniiMKaire ro\al, dépondant lui-même du ministre do Tintôriour. Le traité avait pour objet la roprinc d*il0rnam dans \cik six mi'it qui i*uivniiont le 10 avril Inrn prochain, la réception do Marion de Lorme, la reprÔHontation ûWnyelo, tyran de Padouê, et ralloration à M. Viriiir lluu'o d'une prime de quatre mille francs payable même avant Im ItH'turo. Ce traité était-il léfral? On rcnronnaltra au moin** que le pa<«>é était punré et que la plainte n'était plus permise à IVVard du retard qu*a\ait éprou\é la reprise d'ilernani.

* Aujounl'hui. procès, et assifrnation au tribunal de commerce; elle no tondait à rion nioin^ qu*à des dommap^-^-inU^réts |>our le pnsst*. et à la rrpriM* de^ truift pièces dan^ le plus bref déini. I^* débat H*est afrrmndi devant le tribunal; ou a Mifrnalé le mono|>f»lo e\orcé |Mir rertainn auteurs et le faT'>ritismo dont ils mmt l'objet, tandis que la nouvelle écolo est Tobjet do raniithèmeot du dédain. M. Victor Hugo lui-même n'a pas dédai^é de prcnônr la paiolr, et le lendemain Iom amateurs de compto< fidèlement rrndus ont pu lire son di^^ours dans la Gazette de* Tribunaux. I^ Comédie n*pon<lait que le traité n'était pat obligatoire; que, «i une i»bligation t'D n'*sultAit, il n'était dû néanmoins aucuns dommai:e«-intérêt4 |»our le pas«é; enfin qu'un délai suflÎMint de\ait étn* accordé |KMir reprendre les trois piiVes de M. \ic(or Hu^o.

■ La contairion ayant en quelque i«orte gairné les jupes du tribunal do lonimerce, iU r»nt rendu, par des motifit moitié en dn>it, moitié littéraire^, le joirement s^'vère qui est déféK* à la (x)ur. •

K\tri"* avoir donné lecture de ce jufremmt, M* Delanfrle fait d'abonl observer qu'il e«t déruiM>nnable d'avoir condamné par corfts M. Vé<lol, «impie au'ont et dinrieur, auquel (»n ne |>eut (»p|K><(er dr^ fait<> personnel*.

» Dans ccjuf^-ment, ajoute l'avocat, on rencontre a la fois la tht^orie littéraire et l'appréciation de< actes et des fait**. Touteftiii», birn qu'il n'y ait a ik'occup4*r que den actes, un mot sur la théorie. C*t-ht le reflet de«« pUinioHdc M. Victor lluiro; mais il n'y a pan ombre de ju<>tici*. 11 «uflit de rmpf>eler comment 1 illustre écrivain était accu>*illi au Thé^tn^-Krançais et qufllr iM'Ile |Mirt lui était faite, y compris les quatn* mille franc* de prime qui lui riaient alloués, même avant la lecture de ik^h drames. Mais c'est ain«i que rai<^>nno l'intérêt personnel. I/)rsqu*à la (Ihamtirf dr** députés il fut qiie<*iion de la subvention à alli»uer au Théàtre-Kraiiçai«, on «e ri'Cria rofitre la nature de^ ouvraprs joué* dfpuis quelque temps sur ci> théàtn^ Je veui que cen doléanci*'» •xiii'ut vcnut's de |M*r*onnal^>^s du runtratre parti 'onr%t)\ main enfin, apK*«> df t*>lli-* plaint***, apn** les pn^férmct**, on {MMit h' dir«\ dont il était l'objft, M. \icior llut^» n'avait |>a* le droit de sipliiindre. Qu'on diM% comme l'a fuit U* tribunal de commerce, « qu'il e^t « di^ne d'un {HMiplt* qui doit À It culture du drame trafique t*t comique « une df set kHoinM \v^ plu** bt'lle* d'ouvrir a tous les système* de littéra- • lure. k touN loH talent*, un théâtre national où ils pui«*«*nt, a leur* « riftqu'.** et p «rils, se produin* devant un public «VUiré, cl. par une lutte

tKtimMt, qui ■ TOola Jeter du* oatte question une iotcncalloa l que ]e leui croire impirtiale, prétend que j'ai, dcvujt le* praialM Bcnoncé un fut eutèrielleiseol luaiici, en stutt'uani iru'cn 18M< ■uteun anient obtenu cent qnloïe rojiréatnulioa), Attendu, a joama], que I'dd de cet uiteiin n'avaii eu que qualiwinit-dii-tui ■entationi, et l'autn dU-Mpt. Or U^ ]n<iaia.\ en question tniUM que J'aie additlooDé cei deui cfaifir'a pur ceni quiaie. (On rit,)

■ ArriTOD* à quelque cboie de plus «orietii: tojotit le* Initi'^ noU, dit-oDi ceux qui lei ont lisnéa iinient incapahlen. (On

■ Ainii on l'eit préueti chei H. Vir.tur Ru^o a< n'ftT^t paa, qu'on tavait ne pai aToir. On lui a proposé d< a imposé dei obligation!. lUleatt lui. cxûcutâa fldèlemel et, loraqa'i ion tour il en demandi; l'eiéculiau eonu^ l'arrête. Tout celan'éuit qu'unjau;ces traités n'étaient qi CM directenra qui lont alléi chei vous, ÎU ont (rompt * c'élaioQl dee comédieni qui ont Jo«é leur rAle; t imagioairet, comme la reille, aa Ibi^lirc, celle de Criefte^ n'eat pas ainai qu'eu ae Joue de la sainteté des caa*OTlll BTficde tel* moyen* qu'mabate la Justice; et, je n'end< motuteani et Védel, toni deux bommes bonomblta, dira, gémisfent, dans lear loyauté, d'au ttm rÀduîlaft AlH

Ici l'afocat diacute les dispoaitJoiis du décret d» t démontrer que, d'aprùs ce décret, \v «>niiit d'ai de traiter, ainsi qn'il l'a tait, par l'eittrumiBe de 1Ié*1 déi^ué; que les incapacité* et \te nullités d ~

Aeritet ; que le décret ne parle ni d«i v'ia,n ni Tormalilés eilriosèquos et non essentielles ni nance de 1S23, laquelle est toute -le n^glemenlj insérée au Bulletin des lois, et n'a pu ni abroprw 1812. H' Paillard de Villeneuve soutient de plu* JI. Védel, aucun des traités par lui 4 liies d'avis préalable et de visa'; qu'il y h eu ralidcnj cation partielle qu'en a censcntie li' -1^ tiens tirée* du défaut de mite en d>'iii> 1

t On prétend, ajoute l'avocat, quo h.

a en pour effet de résoudre les trait- ? . 1 pat été dit un mot en première io^inJi fondement, je m'étonnerai* qu'il e»i • habile adversaire; et, certes, au lieu il, voir toujours peu honorables, la *..'m d'argumenter de celte renoaciatioiL i\<: M. U^ robligaliDo s'éteint par cette lettre qui 1 est la renonciation du créancierl Ces Or, aux termes de ta loi, la noratl(:ii stipulée dans daa termes eiprét.

1 Faut-il maintenant nous eipliqnitr »

PROCÈS D'ANGELO ET D'IIERNANl. 495

et qu*il nVuit pat dans sa pensée do s|>éculer sur un succès injuricui pour uni* dynastie tombée. »

L*avorat rappolle les divers traités intervenus, et dont il rattache la violation à de^ intrigues do camaraderie et à un système de monopole qui ferme le^ portes du ThéAtre- Français à un des genres de la littérature dramatique.

• On a poséd*abord une question d*argfent, poursuit l'avocat; il importe d*y n'pfindre. Si la Comédie-Française, a>t-on dit, recule devant Teiérution dei traitât», c'est que cette exécution la menace d'un épou\aiitable d4*flcit; ti*nir sa |>arolc, ro «»orait |)our elle une ruine inévitable. Voyons.

• Il y a au théâtre, pour les recette^, une espèce de thermomètre qui indique la »it nation la plus prospère. Ce sont les recettes de mademoi- •elle Mars. Or, p^^ndant l'hiver do 1835, saison favorable, comme on sait, la moyenne de cch recette^ a été de deux mille six cent dix-huit francs qn.iirevin{(t-quinxQ centimes ; je prends depuis la plus forte, celle du Mhanthrop^f qui est de quatre mille trois cent ving:t et un francs, Ju!«qu*à la plus faible, relie de VEcoU des vieiUardSf qui n'est que de mille deux cent trente francs; ce qui prouve, soit dit en passant, que la Comédie- Française n'exécute pas toujours ausni rij^urcuvemcnt le ri'^lemont qui n^puutse du théâtre toute pièce qui ne fait pas les frais.

k Or la moyenne des quatrevingt-ciuq recettes de M. Victor Hugo, ii>ut«:s faites dans la saison d'été, est de deux mille neuf cent quatorxe franco. Admet-on les cinq n>présentations d'.lnyf/o, donnée^ en vue du procès et dansdi's circonstances que je signalerai plus tard, cette moyenne eitt de deux mille huit cent cinquante-six francs. Kt, si nous défalquent» les frais du théâtre, d*apn><« le chiffre même qu'il nous donne, il en rt>sulte que le bénéflce net sur les deux ouvrages de M. Ilu^o, Angeh et tlei-nani, est de cent vingt -cinq mille «ix cents francs. Ce sont là, sans doute, de misérables détails, je le sai«; mais enfin il faut bien K*pondre |»ar des chiffres aux étrangla lamentations de ce théAtre.

« Nous aurions déliré que la (>>mé tie>FranrAi«e nou^ mit, par la communication de ses ri*'.;istre4, à même de comparer ce qu'on appelle la situation pécuniaire do M. llu;ro avec celle des auteurs les y\\ï% favori^s du tbé&tre. Otie communication a été n'fuVre. Mais j'ai pu me procurer ce chiffre. Or la moyenne dos recett**s de l'un de rus auteurs est de mille neuf c<>nt di\-sept franco; celle do l'autre, poCto tragique, est de mille huit cent trois franr«; et, rependant, u/mis v«^rruiis de quelle siricilii'n* faveur jouis^nt Cfs deux auteur*», qui, lorsqu'il nous est impKis^ible, à nous, d'obtenir l'etccution de nu«» traitén, obtiennent delà volonté toute tcnsiieuso des comé«li<*ns, en IH.16, par exempli% cent quinze reprf<K*ntation«. et tous les autres auteurs cinquant«*-quatre «««ulement ; en 1837, en dit moi*, cent dit-neuf, et 1rs autres trente-quatre. ■

M* DiLA^r.LC : « C'est inexact ! ■

M* PsiLi^an ne Viixansivc : • On m'arrête... Ah! Je sais que M. Védel, Comme certain i>erti>nnaKe d'un drame moderne, va vous dire : • Mais le • Con^tilutionnel... ■ \ Mires dans Vauditoin.) Oui, je sais que le Vonttt*

MwMMt. qui > <

q«»9j»ïBu»en>Jfr. .n.iwiUUi.i.r.Un.J qua J'«i, devtnl la prDmi«>n ioeci, \

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1 .[rni.tlHinutii iiiuiïi^t, en KoutenMit qu'en 183A Cfa dent

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joursàl, quii l'ui >

ii:>' aii-wpt. Or Ik ]oiin»l CD quMtiiin lrau*ii ridicule

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m.' CM Jcui chiffre» [«rconl quioie. (On ril.)

> Amïtiiu i .|

ut-Iqui- chuso (lu pliLi •AriBUi; vajron* Im itaiiM. Ut MM

mU.<UVmiic«u.

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^' lirowul» cbui H. Victor Bu^o «ne une qiulia qu'a*

K'KVfttt pu, qu't^o

w>iMi a* |HUi «toir. Ob lui m propoié d«a WiIIb», on lui |

•t. loTMttt'à Ml

t'iir >l un ili'iiuiiiilc l'stAcuti an contre le thiJAire, on

tVr4t».Tuutc«l>B'ât«it qtt*UBJ«u}G«sU«ttéin'éUieDtqiiedeimeniaiigei; «M JirMteun qui «ont «lU* cbM vous, ili oat trompé votre bonne foi, a'4tBioBt dM ciMUihlifta» qui ool Joud leur r6l«; c'étaient dei lignalnna taM«iukir<M, eiunoM U raille, »u tUàtro, celte de Critptn... Non, non, ce a'Mt )>•* kiuu qu'où w Joue de U skinleté de* conTentioni; ce n'est pu M*>: de UtU Biojrons qu'un abuse la Justice; et, )e n'en donlapai, HU. De>- «ousseaui et VMel, toi» deux homnea honorablea, je me plais à le din, it^iiweal, dans leur toyauii, d'en être rMniti k de pareils moy ena. ■ ki l'a<n>cat discute le* dispositiou* du décret de 1S13; il s'attache 1 itbuoutr<9r quD, d'âpre ca dikiM, le cooiiti d'admioluraiioa aiait droit •ht Iwter, aiuù iiull l'a hit, par l'«nlreniae de H. Deemouneaiu, soa tUWsuét quo Im iucapaciid* ot Isa ■wUitia doivent ïtre formellement Mérites; que le déorot ne parle ui da nsa ai de conseil Judiciaire; que ces lOruialitos uilrinsiqui» et uon essentielle* ne se iroarat que dans l'ordon* uauiM do ISIJ, Uquullo ext toutu Je rè|j;l«ment intérieur, n'a point été iuwiw au BulliHiii Je« tuix, i-l u'i \>\i ui abr^j^r ni modifler le décret de )Sld. V l>»iUani .lo >iUououve suu[i..'ut de ptuaque, de l'aieu m^me de

liloi.l'Jtit pivMiablo el Ji' visa; qu il y a eu ratiHcaiioa des irailsis par l'eiéculiuH |Mi'(irllo i)u'fn it <:eu».-ntie le comité. 11 n-poad enâuile aut objecli>iu:i lii'ivo i,lu dflHul lie miM eu demi ur«.

" Ou |.ivu-i.a, 3^taH- rsïucai, que la lettre de 1837, ètriteparM.Vcdel,

i'uu<lisiit.-ui, jo m'iiLiuLiemis qu'il eitc écbsppé a la pénétration de mon tmbili- .i.hiTMÎiv; cl. tortvs. su lieu di' se jeter dans de» Su» de non receïiiir U'dji'iita i«."'i liuniiribly», la Couiédio-t'nuitaise u'eùt psi manqué d'ïixuuii'iiter Ji' culte ivuoucialtou de M. Hugo i 4e» droit». Quoi donc! l'ohii);,il>k>u »Vli-iiil par celle k'IIrv qui est Ju débiteur lui-mimeT Où donc

Or. :ti<v lui iii>'H de 1.1 loi. U uovatiou ne m présume pa^i elle doit être stipule!' dnu» Je» iBriue» cipi'é».

. ïsulil luiuulciwut uuus expliquer sur les diverses fin» de non-retevoir

opposées à' chacun des drames dont M. Victor Hu^ demande que tous ordonniez la représentation ?

• Quant à Hemani^ M. Victor Hujro, dit-on, devait distribuer les r^let en premier et en double. Il ne Ta pas fait, bien que l'ordonnance de 18i2 lui en fit une oblif^ttion expresse. Il ne doit donc imputer qu'à lui-même an retard qu'il a ainsi occasionné par sa propre négligence.

« A cet égrard, la Comédie-Française s'est vue forcée de modifier aujourd'hui les alléfrations qu'elle n'avait pas craint de produire en première instance. Aucune distribution n'avait eu lieu, disait-elle. Or les registres du comité consutcnt qu'elle a été faite par M. Hugo et par M. Jousliu de iAsallc. On est forcé d'en convenir aujourd'hui, et on se contente de dire que la distribution n'a pas été faite en double. A cet égard, nous dirons, et M. Védcl ne nous démentira r»as, que cette distribution en double ne se fait Jamais ; que non-seulement les directeurs ne la demandent pas, mais qu'ils s'y refuseraient, car la troupe n*y pourrait suffire, et les doubles ne prennent Jamais place au répertoire que lortM|ue les chefs d'emploi, par caprice ou par nécessité, abandonnent leurs rôles. Sur ce point, M. Védel, je le répète, confirmera nos assertions; il l'a lui-même déclaré lors du délibère de première instance.

« Toutes les formalités, à l'égard d'//eriMini, ont donc été remplies par l'auteur, et la lettre do M. Jousiin do I^salle ne laisse aucun doute sur ce point. Klle constate que, lorsqu'il a quitté la direction, tout était prêt, acteurs, décors, costumes, pour la repriie d'Iiernani,

s Quant à Marion de Lorme, on soutient qu'elle devait être soumise aux nouvelU*s formalités d'une lecture et d'une approbation par le comité.

« 0>mment! Marion de Lormê a été reçue, en 1830, par acclamation, c'est m>n advcrsairequi Ta dit; elle a obtenu soixanUvhuit représentations; et, quand la Comédie>Française s'engairo à en effectuer la reprise, elle a, dites-vous, sous-entendu la condition préalable d'une nouvelle lecture! Mais, lorsque la reprise a été stipulée, ne connaissait-on pas cet ouvrage? les comédiens n'avaient-iis pas battu des msins à sa lecture? ne l'avaient-ile pas accueilli avec l'onthousiisme le plus ardent? le public ne l'avait-il pas applaudi durant soiiante-huit représentations consécutives? Oui, sans doute, diU's-vous; mais les comédiens ont un Kodt si sûr, si épuré; depuis des années, leurs études littéraires ont crandi, ont pris une direciion nouvelle ; il faut que leur Judicieux contrôle sVterce encore sur celte œuvre, que peut-ètn*, en 1821), ils ont mal appn'ciée, et que le public iimorant a eu le tort d'applaudir si souvent. Soyez plus francs ! dites que vous ne voulez pas exécuter le traité qui vous lie.

• Je le ri*pète. Jamais dant les traités on n'a son^é aux nécessités d'une lecture nouvelle, elle serait en dehors de tous les usages du théâtre. Et Je p'iurrais citer vinirt ouvrag'*« qui. Joués sur d'autres théâtres, ont été sans lecture admi4 au Théâtre- Français : Marino Faliero, les Vêpres tiei- Uennrt, les rom<^i/iCfi«, etc.

s A r(X*ca%iond'.ln[;f/o. on excip«Mle cinq recettes inférieures, dit-on, au chiffre des frais. Il est des auteurs auxquels on n'oppose pas cette riirueur

DtAMI. — lit. 3i

5tO NOTES.

postérité classe les poètes diaprés dTaatres raisons. Mais nous Devons pas à tndter ici la question littéraire; nous ne sommes pas la postérité, nous sommes les contemporains.

c Et pour les contemporains, pour les tribunaux en particulier, entre les critiques qui affirment qu^ne pièce est bonne et les critiques qui affirment qu^une pièce est mauvaise, il n'y a qu*une cbose certaine, qu^une cbose prouvée, quMne cbose irrécusable, c^est le fait matériel, c'est le chiffre, c'est la recette, c'est Pargent.

c Les contemporains jugent souvent mal, c'est possible. Le Misanthrope a ruiné le théâtre, Tiridate l'a enrichi. Eh bien, devant les contemporains, le Misanthrope a tort et Tiridate a raison. La postérité casse parfois les jugements des contemporains; mais, je le répète, pour les auteurs vivants, nous ne sommes pas la postérité. Acceptons donc pour vérité, sinoD littéraire, du moins commerciale, ce fait que, pour les théâtres, il n^y a que deux espèces d'hauteurs, les auteurs qui les ruinent et les auteurs qui les enrichissent.

« Eh bien, que sui&-je pour le Théâtre-Français? Suis-je un auteur qui le ruine? suis-je un auteur qui l'enrichit? Voici le premier point dont il importe d'avoir la solution. Cette solution rayonnera ensuite sur toute la cause.

« Je n'ai fait recevoir au Théâtre-Français que quatre pièces, Marion de Lorme, llernani, le Roi s'amuse, Angelo. De ces quatre pièces, deux, Marion de Lorme et le Roi s'amuse, ont été, à deux époques différentes, arrêtées par la censure; deux seulement, Hemani et Angeh, ont pu être librement représentées. Maintenant, combien ces deux dernières pièces ont-elles eu de représentations? Ouatrevingt-onze. Quelle somme totale ont produite ces quatre vingt-onze représentations? — Ici, messieurs, je dois le dire, dans le premier procès, justement indigné des manœuvres de la Comédie-Française contre les dernières représentations d\ingelo, j'avais cru devoir rejeter du total de mes recettes ces quelques recettes évidemment préparées artificiellement par le théâtre pour le besoin de la cause et pour servir d'argument, comme mon avocat vous Ta excellemment démontré, et comme Ta jugé le tribunal de commerce. Tavais cru, dis-je, devoir rejeter ces recettes ; mais à quoi bon ? que m'importe ? Ma cause n'est-elle

PROCÈS DAHGELO ET D'HERNAM 499

M. Victor Hugo : « Je drnie formellement les chiffres présentas par I*avoeat; ils sont inexacts, et la Comédie le sait, le directeur m'a refus<» communication des rt»gistres. »

M. VéoEL : ■ C'est vrai. i*ai cru deroir le faire. » M. LE PRRiiiEa paésiDETT, ftévèrcmcot : « Pourquoi arez-vous refusé vos re^sires ? Vous avci eu tort, monsieur. ■ M. Vêdel garde le silence.

M. Li paiMiER PKÉMDiTr : « La parole est à M. Tavocat général. •

M. Victor Hugo : « Je prie la cour de me permettre <juel<iues observations. •

M. LE PREMiBa paésiDEMT : a Parlez, monsieur Victor Hugo, parlez. «

M. Victor Hugo {mouvement d'attention) : « Ainsi que je Tai dit devant les premiersjujfes,si je prends la parole dans cette affaire, «•'est (juMI y va d'un intérêt pénéral. Ce n'est pas de moi seulement qu'il s'agit, messieurs, c'est de toute la littérature. (>î procès résoudra une question vilah» pour elle. Aus^i ai-j<'dû intenter !•»• procès, aussi al-je dû ajouter ma parole, dévouée aux intén'ts de tous, à Péloquente parole de mon avocat. Ce devoir, je l'ai accompli une première fois devant le tribunal de commerce, je >iens l'accomplir une s4^onde fois devant la cour.

« Kl en effet, me^isieurs, le fait si ^rrave <|ue je \iens d'énoncer ri*>ulie du procès tout entier. Qu'est-ce donc que ce procès? Examinons-le.

Dans ce proeès, j'ai deux adversaires; l'un public, l'autre latent. s«*cret, caché. L'adversaire pul)lic n'j'st pa«* sérieux, e'e»t le Tnéàire-Franrais; l'adversaire caché est l<» >4"ul nVI. Qui est- il 7 Vous le sauH'Z tout à Tbeure.

• Je <iis (|ue mon adversaire public « le théâtre, n'est pa** un adversaire HTieux. Et, en effet, <|ue »uis-je pour le Théûtre- Franrais? In auteur dramatique. Et quel auteur dramatique?

« ici, nH.»ssit»urs, est toute la question. Messieurs, il n'y a pour les théâtres ({ue deux espèces d'auteurs dramatiques, les auteurs qui l»*s enrichissent et les auteurs <|ui les ruinent. Pour les ihéâtn?s, h»s pièces (|ui rapportt*nt de l'anrent sont les bonnes pièri'H; k's pièces qui ne rapportent pas d'argent sont les mauvaises. Sans doute, c'est là une grossière façon de juger, et la

50t NOTES.

c Ainsi, dans cette cause, nos chiARres sont publiés; le théâtre cache les siens. Tout ce qui nous concerne est mis au jour; le théâtre se retranche dans Tombre. Nous combattons à visage découvert; la Comédie combat masquée. De quel côté est la loyauté?

«( On se récrie, on discute, on publie des chiffres dans certains journaux. Qui nous prouve que ces chiffres sont exacts? La vérification ne pourrait s'en faire que sur les registres du théâtre, le théâtre refuse ses registres. Jugez entre nos adversaires et nous, messieurs.

a Je reprends. One suis-je donc pour le Théâtre-Français? Un auteur dramatique. Quel auteur dramatique? Un auteur dramatique qui remplit la caisse du théâtre. Voilà les faits. De quelle façon est-ce que je me présente dans cette cause? Avec des drames dans une main et des traités dans Tautre. Qu'est-ce que ces drames? Je viens de vous le dire. Qu'est-ce que ces traités? Je vais vous le dire. Les drames ont-ils été profitables au théâtre? Oui, messieurs. Les traités sont-ils valables? Oui, également.

« Eh, messieurs, ces traités, mon avocat vous Ta dit et l'avocat du théâtre n'a pu le contester, ce n'est pas moi qui les ai faits, c'est la Comédie-Française. Ce n'est pas moi qui les ai demandés, c'est la Comédie-Française. Ce n'est pas moi qui ai été chercher le théâtre, c'est le théâtre qui est venu me chercher. Au nom du théâtre, M. Taylor est venu me trouver; au nom du théâtre, M. Desmousseaux est venu me trouver; au nom du théâtre, M. Jouslin de Lasalle est venu me trouver; au nom du théâtre, M. Védcl est venu me trouver. Pourquoi? pour m'ofTrir ces mêmes traités que le théâtre repousse maintenant. — Et je dis tout ceci devant M. Védel, qui connaît les faits comme' moi et qui ne me démentira pas.

« Ces traités, les directeurs successifs du théâtre les ont écrits en entier de leur main. Ces traités, ils les ont réclamés de moi, ils les ont sollicités, ils les ont obtenus comme une faveur, et bientôt ils me demanderont de nouveaux ouvrages. »

M. VéDEL : « Certainement, et c'est ce que J*ai toujours demandé. »

M. Victor Hugo : « Vous l'entendez. (AfouvemenL) Cest

pas victorieuse, m<>me en admettant ces recettes? Je les admets donc.

« Fh bion, messieurs, m(>nie on y comptant ces mauvaises représentaii<»ns, résultat d<*s intri^rues du théâtre, les recettes de mes ((uatrt^vingt-onze repn'»sentations H la Comédie-Française donnent un total de deux cent cinquante-neuf milh^ neuf cent <^)ixante-trois francs quinze centimes, et une moyenne de deux mille huit cent cinquante-Mx francs soixante-sept centimes. Les frais sont de mille <iuatre cent soixante«dix francs par reprt'»sentation. Calculez le bénéfiet». La moyenne d<« recettes de mademoiselle Mars dans Tancien et le nouveau repertoin*, de mademoiselle Vars, la célèbre actrice, (|ui a quarante mille francs d'appointements pour les énormes recettes qu'elle produit, — prises dans les conditions U»s plus favorables, dans Phiver, pendant que mes pièces ont toujours été jouées Tété, — la moyenne des recelt<*s de mademoi^'lle Mars est di*ux mille six cent dix-huit francs quatrevingt -seize centimes. Calculez la différence. En faveur de ({ui e>t-elle7 En ma faveur.

• Je puis donc le dire, et le dire hautement, — cela d'ailleurs ne préjuge en rien la valeur littéraire de mes ouvrages, — je suis, pour la (Àimédit^-Françaisis au nombre des auteurs qui Tenrichissent: cela résulte invinciblement des faits, des preuves, des chiffres... »

M. ViotL, interrompant : • Je ne l'ai jamal» conte«tt^; M. Victor lluno n'avait pas même besoin d*insittor la-deMut; M. Victor HuLt» c»t au-deatut de cette di»cu«»tion. ■

M. Victor IIigo : « Je le crois, monsieur: je l'aurais m<^me dédaignée, cette discus>ion de chiffres, parce que la notoriété publique suffirait pour la trancher; mais, votn^ avocat ayant avancé des allégations, j'ai dû lui rt'pondre par des preuves. »

Ici M. Victor Hugo S4^ retourne \ers la cour et ajoute : • Eh, messieurs, il n'a pas t«>nu à moi que ces pn*uv<*s fus9M>nt plus complètes encon*. Je voulais, par un dépouillement étendu des registres de la Cximédie-Françaix», meitn» les tribunaux H même de compan»r mes n*cetles avec celk»s des auteurs pri\il('*gié8 qu'on joue le plus souvent à ce théiktre. Ine vi\e lumière eût jailli de ce rapprochement. J'ai demandé au théâtre communication de ses registres. Le théâtre a refusé.

« Hwiy <iÊt» wtw vttWL-. no» cUatM MWtt pidAéi; 1 i>mA<* >tM^ 4uM<« toM <)« H'ii noua «oaetNiie « ihMU'v 'q) tsrtrmwtttf -inm ivwtirv. Hw» eomtMitoiu i «tan \hiiM)tv«i'«, 1% ViMih»^ wuitut BMi|«A». De qti«l cflté eA ta

la^tM. KMtttMUft. l^t inM)»]<i-^uvu <|iM MB lUIfrn mat eucuT Str^tu, 1» iMUr« ivCUm -"■ nit^nUxaL lufw «ntiv m» wii«r-

.- h» iii^vMtto^ »^v •■•Éj-.i- Inin- |>uup le Th'>iin.--FriUiç»i5l

tWM*>t«v' <iw isiM^Ott I» <Mi(iW >& tttMtnf. VsOà )«s bits. De i^iitwU* 'K"^^ iM-OM <pt^ .lu iMo (ii'wntnt» dtu» cMte cftnseT Axec

i^fM owk. vkMWM.î' ■>» viMw. ik> vuuti tw ^m^ ^1et»-c« que ces H^MO >« >*ti~ v«MM. >v iHr<». bt»» limawt imlh&B Hi profiubles «^ ituMttv,* i^tti^ démbqmmiUv^ W>*- Uwto» «Htt-ai» vatfeMvsf Oui.

tiM t Wiàktv !»> iMi I* ''■M>WWft W «"««C fO» QittE i^tti tes af Cut». «^Mit !» u>ui<aLh^ M'<«M\''M^^t'- <A 't'o^ itw^-mui ijai les ai iteaundés. i>V4<^ '» i.t'UU'ùiv- ^■I^lU^^rtls*•, i^o i»'Rt4 iNtswuî i|ui ni àté cfcetrftw

.iM ,u,Li.,, \«. i!»,i,v, ..-^ >iiiM 1IK- ■.i>nni^r: .m lU'iu du lln-illn",

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u»i... . !...;, ^ ,,.. (■ .tvùiit vtH>u»«.' 'uaiiiifiiaiii. — SL je liis- V"- ■>■ -> ' V W-.i-., ,u, "uiKui \'.-» liiii^ comme moi (.-t

■ \,.;. .. ,....-. .m i-u. UJ4U. i.-'^ rKiU'>. ■(*■ :c!> vuii r»?c(aines

VoWï TlUiClMl^A.

qu'apparemment mes traités sont valables, et le tbéâtre le sait hi(Mi. Mes pièces ont rempli la caisse, et le théâtre le sait bien. ÏAi thé&tn*, je Tai dit en commençant, n*est pas sérieus^'ment mon adversaire. Le théâtre a eu besoin de moi, et. Je ne crains pas do le dire, il en aura besoin encore. Avant trois mois, vous le verrez, si les recettes baissent, le directeur de la Comédie- Française saura retrouver le chemin de ma maison. Il me trouvera bienveillant.

« Il me trouvera bienveillant. Pourquoi? parce que dans toute cette affaire, je le répète, le théâtre, en vérité, n'est pas mon adversaire p'^el. La Coniédi<' amis beaucoup d<.> mauvaise foi dans cette lutte, mais c'est une mauvaise foi qu'on lui a imposée, je le .nais; elle en rougira un jour, et je la lui pardonne dès à présent.

« Mais, si les comédiens français ne sont pas mes adversaires véritables, quels sont donc mes adversaires? Ici, m<\ssieurs, j'arrive à la véritable qutrstion, à la <|uestion importante, à la question générale, à la question qui m'a fait prendre la parole, à la ({uestion dont la solution intéresse la littérature dramatique tout entière.

• Non, ce n'est pas au théâtre que sont mes réels adversain»s. Où sont-ils donc? Je vais vous le dire.

« Mi.'ssieurs, mon adversaire dans cette cause, ce n'est pas le jrouvernement ; ce s«îrait nn'ttri? un trop grand mot sur de petites tracasseries; ce n"«»si pas le ministère, ce n'est pa?» même UD ministre. ïvn suis fâché; j'aurais souhaité avoir affaire â quelqu'un do considérable dans cette occasion; ne fiU-ce que par dignité, j'aime mieux les grands ennemis que los petits ennemis; mai.**, il faut bien que j'en convienne, mes ennemis ne sont pas grands. (Sensation.)

• Mon adversaire, dans cette cause, c'est une petite coterie embusquée dans les bun^aux du ministère de l'intérieur, qui« sous prétexte que la subvention pa.sse par le ministère pouf aller au Théâtre-Français, prétend régir et gouverner souverainement à sa guiso ce malheureux théâtre. Je dis ceci hautement, mesiïiours, pour que ravertiss<>ment st'^vère de mes paroles aille jUMpi'au ministn*. Si ce procès a lieu aujourd'hui, c'e^t que cette coterie l'a voulu ; si le Théâtre-Français a manqué à ses

engagements, c'est que cette coterie toute-puissante l^a voulu; si, à riieure qu'il est, trois ou quatre auteurs seulement sont représentés constamment au Théâtre-Français à Texclusion de tous les autres, c'est que cette coterie le veut. C*est un groupe d'influences uni, compacte, impénétrable, une camaraderie, — ce n'est pas moi qui ai inventé le mot {on rt'O, mais, puisqu'on Ta fait, je m'en sers, — une camaraderie, dis-je, qui bloque et qui obstrue l'avenue du théâtre. Tout un grand côté de la littérature est mis par elle à l'index. C'est à la littérature presque tout entière que cette coterie prétend fermer la porte du théâtre. Cette porte, messieurs, votre arrêt la rouvrira.

« Je le dis parce que c'est un fait, mais c'est un fait bien étrange, cette coterie a déjà la censure politique, elle veut avoir, en outre, la censure littéraire. Que pensez-vous de la prétention, messieurs 7

« Aussi c'est un devoir que j'accomplis maintenant. En 1832, j'ai flétri la censure politique; en 1837, je démasque la censure littéraire. La censure littéraire I comprenez-vous, messieurs, tout ce que ce mot a d'odieux et de ridicule? La fantaisie d'un commis, le bon goût d'un commis, la poétique d'un commis, la bonne ou mauvaise digestion littéraire d'un commis, voilà la loi suprême qui régira la littérature désormais! L'opinion sans contrôle et sans appel d'un censeur qui ne saura pas toujours le français, voilà la règle souveraine qui ouvrira et qui fermera désonnais aux poètes le théâtre de Corneille et de Molière! La censure littéraire! et avec cela la censure politique! Deux censures, bon Dieu! N'était-ce pas déjà trop d'une? {Vive impression,)

« Et en terminant, messieurs, permettez-moi une observation. Pour attaquer toute espèce de censure, je suis dans une position simple et bonne. Dans un temps où une licence déchaînée avait envahi les théâtres, moi, partisan de la liberté des théâtres, je me suis censuré moi-même. Mon avocat et l'avocat de la Comédie-Française vous l'ont raconté de concert, et je ne rappelle ici qu'un fait connu de tout le monde. En août 1830, j'ai refusé au Théâtre-Français d'autoriser la représentation de Marion de Larme; je Tai refusé afin que le quatrième acte de Marion de Lorme ne fût pas une occasion d'injure et d'outrage contre le roi tombé.

L'avocat du théâtre vous Ta dit lui-mémo, un immense succès de scandale politique m^était offert, Je n'en ai pas voulu. J'ai déclaré (|uMl nïrtait pas digne de moi de faire de l'argi*nt, — comme on dit à la comédie, — avec l'infortune d'une royale famille, et de vendre, en plein théûtre, aux passions haineuses d'une révolution le manteau fleurdelys4> du roi déchu. J'ai déclaré en propres termes, quant à ma pièce, (|ue j'aimais miteux quelle tombât Iktlérairemenl que de réussir politiquement ; et, un an aprt*s, en racontant ces faits dans la prt''facede Marion de I^nne, j'imprimais ces paroles, qui seront toiyours,en pareille occasion, la n*gle de toute ma vie : « C'e>t quand il n*y a plus de censure t que les auteurs doivent se censurer eux-mêmes, honnêtement, « consciencieusement, sévèrement. Quand on a toute liberté, il c sied de ^rarder toute mesure. » (Mouvement d'approbation.)

« \a) tribunal de commerce a apprécié tous ces faits, messieurs. 11 a entendu le début public des plaidoirii*s, il a approfondi les moindres détails de la cause dans son délitx'ré. Il a vu qu'il y a\ait au fond de la résistance du Théâtn*-Français dans cette affaire une intrigue fatale à la littérature. Il a senti qu'il était injuste que ce théâtre, b» seul national, le seul subventionné, le M'ul littéraire, fiU ouvert à (jnebiues auteurs et fermé pour tous I(*s autres. \a* tribunal consulaire, dans sa loyale é<{uité, est venu au secours d<>s lettrrs. Il a rendu un jugement mémorable <|ue vous consacrerez, je n'en doute pas, par une mémorable confirmation. 11 a rou\ert à d<*ux battants pour tout le monde la porte du Théâtr<*-Français; ce n'est pas vous, me.**- Meurs, qui la fermerez. Vous aussi, mes>ieuns vous êtes la conscience \ivante du pays. Vous aussi, vous \iendrcz en aide à la littérature dramatique persécutée de tant de façons honteuses, et \(»us ferez voir à tous, à nous comme à nos adv(*rsaires, à la littérature dont je défends ici les lil)ertés et les intérêts, à cette foule qui nous écoute et qui entoure ma cause d^une ^i profonde adhésion, vous ferez voir, dis-je, qu'au-dessus d<»s petites cavernes de police il y a les tribunaux, qu'au-dessus de l'intrigue il y a la justice, qu'au-des.sus des commis il y a la loi. » [Sensation profonde et prolontjre.)

M. Li ruRMicii mÉftiociiT : • La cau»c est rcmitoi hoiUine pour eoicndre M. ravocat général. ■

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