‹ Œuvres complètesChapitre 39 sur 190 · ACTE II. - LE COUPLE · texte numérisé non relu

ACTE II. - LE COUPLE

Si VOUS m*aimez, Alphonse, vous ne me refuserez {^< plus longtemps. Et s'il me plait d*essayer de la rlt*mcncc, à moi? C'est un moyen de me faire aimer d** \otre peuple. Je veux que votre peuple m'aime. La mi<«'*rioorde, Alphonse, cela fait ressembler un roi à Jé«u<^-Girist. Sovons des souverains miséricordieux. Cx'Ui* pauvre Italie a assez de tyrans sans nous, depuis le baron vicaire du pape jusqu'au pape vicaire de Dieu. Fini<sons-en , cher Alphonse. Mettez ce Gennaro en lit^^Ttt*. C'est un caprice, si vous voulez; mais c'est quelque chose de sacré et d'auguste que le caprice d'une femme, quand il sauve la tète d'un homme.

DO?! ALPHONSE

Je ne puis, chère Lucrèce.

DONA Lt'CREZIA.

Vuus ne pouvez? Mais enfin pourquoi ne pouvez- Tous pas m*accorder quelque chose d'aussi insignifiant que la vie de ce capitaine ?

DON ALPHONSE

Vous me demandez pourquoi, mon amour?

DONA LrCREZIA.

Oui, pourquoi?

DON ALPHONSE

Parce que ce capitaine est votre amant, madame !

DONA Lt'CREZIA.

ûel!

DON ALPHONSE

Parce que vous l'avez été chercher à Venise! Parce que vous Tiriez chercher en enfer! Parce que je vous ai suivie pendant que vous le suiviez! parce que je vous ai Mie, masquée et haletante, courir après lui comme la louve après sa proie! Parce que tout à l'heure encore vous le couviez d'un regard plein de pleurs et plein de flamme ! Parce que vous vous êtes prostituée à lui, sans aucun doute, madame! Parce que c'est assez de honte et d'infamie et d'adultère comme cela ! Parce qu'il est temps que je venge mon honneur et que je fasse couler autour de mon Ut un fossé de sang, entendez- vous, madame?

Don Alphonse...

DON ALPHONSE

Taisez- vous. — Veillez sur vos amants désormais, Lucrèce! La porte par laquelle on entre dans votre chambre de nuit, mettez-y tel huissier qu'il vous plaira; mais à la porte par où l'on sort, il y aura maintenant un portier de mon choix, — le bourreau!

Monseigneur, je vous jure...

DON ALPHONSE

Ne jurez pas. Les serments, cela est bon pour le peuple. Ne me donnez pas de ces mauvaises raisons-là.

Si VOUS saviez...

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