ACTE I. — AFFRONT SUR AFFRONT
JEPPO.
Pardieu! il veut être le seul Borgia, et avoir tous les biens du pape.
ASCANIO
La -sœur que vous ne voulez pas nommer, Jeppo, ne lii-€ile pas à la même époque une cavalcade secrète au aïonaslère de Saint- Sixte pour s*y renfermer, sans quon sût pourquoi?
JEPPO.
Je crois que oui. Cétait pour se séparer du seigneur Jean Sforza, son deuxième mari.
XAFFIO.
El comment se nommait ce batelier qui a tout vu?
JEPPO.
Je ne sais pas.
GUBBTTA.
Il se nommait Giorgio Schiavone* et avait pour industrie de mener du bois par le Tibre à Ripetta.
XAFFIO, bM à Atcanto.
Voilà un espagnol qui en sait plus long sur nos affaires que nous autres romains.
ASCANIO, bas.
Je me défie comme toi de ce monsieur de Belverana. Mais n*approfondissons pas ceci. Il y a peut-être une dKMe dangereuse là-dessous.
JEPPO.
Ah! messieurs, messieurs ! dans quel temps sommes-
iH LUCRÈCE BORGIA.
nous? Et connaissez-vous une créature humaine qui soit sûre de vivre quelques lendemains dans cette pauvre Italie, avec les guerres, les pestes et les Borgia qu'il y a?
DON APOSTOLO
Ah çà, messeigneurs, je crois que tous tant que nous sommes nous devons faire partie de l'ambassade que la répubhque de Venise envoie au duc de Ferrare, pour le féHciter d'avoir repris Rimini sur les Malatesta. Quand partons-nous pour Ferrare?
OLOFERISO.
Décidément, après-demain. Vous savez que les deux ambassadeurs sont nommés. C'est le sénateur Tiopolo et le général des galères Grimani.
DON APOSTOLO
Le capitaine Gennaro sera-t-il des nôtres?
MAFFIO
Sans doute! Gennaro et moi, nous ne nous séparons jamais.
ASCANIO
J'ai une observation importante à vous soumettre, messieurs; c'est qu'on boit le vin d'Espagne sans nous.
MAFFIO
Rentrons au palais. — Hé ! Gennaro !
A Jeppo.
— Mais c'est qu'il s'est réellement endormi pendant votre histoire, Jeppo.
JEPPO.
Qu'il dorme.
Tout sortent, ozcoptô Oubetta.