‹ Œuvres complètesChapitre 7 sur 190 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

GUBETTA, puis DONA LUGREZIA,

GENNARO, endormi.

GLBETTA, seul.

Oui, j*en sais plus long qu'eux; ils se disaient cela tout bas. J*en sais plus long qu'eux, mais dona Lucrezia eo sait plus que moi, monsieur de Valentinois en sait plu« que dona Lucrezia, le diable en sait plus que monsieur de Valentinois, et le pape Alexandre six en sait plu< que le diable.

Etfardaat Oeaaaro.

— <x>mme cela dort, ces jeunes gens!

■atrt 4ooA Larmia, mMqoée. Bll« aperçoit Oeoaaro endormi, et fa le coatempler avec odo toite de raTieeemeat et de respect.

DO!«A LUCREZIA, à part.

Il dort. — Cette fête l'aura sans doute fatigué. — Ou*il est beau !

IW relovraasi.

— GubetU !

GUBBTTA.

Pariez moins haut, madame. — Je ne m'appelle pas ici Gubetla, mais le comte de Belverana, gentilhomme ciftliUaD; vous, vous êtes madame la marquise de Poniequadraio, dame napolitaine. Nous ne devons pas avoir Ttir de oous connaître. Ne sont-ce pas là les ordres de

votre altesse ? Vous n'êtes point ici chez vous ; vous êtes à Venise.

DONA LUCKEZIÂ.

C'est juste, Gubetta. Mais il n'y a personne sur cette terrasse, que ce jeune homme qui dort. Nous pouvons causer un instant.

GUBETTA

Gomme il plaira à votre altesse. J'ai encore un conseil à vous donner, c'est de ne point vous démasquer. On pourrait vous reconnaître.

Et que m'importe? S'ils ne savent pas qui je suis, je n'ai rien à craindre. S'ils savent qui je suis, c'est à eux d'avoir peur.

GUBETTA

Nous sommes à Venise, madame. Vous avez bien des ennemis ici, et des ennemis libres. Sans doute la république de Venise ne souffrirait pas qu'on osât attenter à la personne de votre altesse, mais on pourrait vous insulter.

DONA LUCKEZIA.

Ah! tu as raison. Mon nom fait horreur, en effet.

GUBETTA

Il n'y a pas ici que des vénitiens. Il y a des romains, des napolitains, des romagnols, des lombards, des italiens de toute l'Italie.

DONA LUCHEZIA.

Et toute l'Italie me hait! tu as raison. Il faut pourtant que tout cela change. Je n*étais pas née pour faire

Page 1