NOTICE SUR XAVIER DS MAI8TRE UI
leur, mais il Finstniit ; il le fait penser» mais il le ooBsole. Et tout cela se passe dans les \ingt pieds carrés d'une chambrée....
Quel moode que cette chambre de Xavier de Maistre 1 Là, chaque objet s'anime et devient vivant : il n'est pas un meuble, pas un ta* bleau qui ne cause avec Fauteur et 1« lecteur. Ainsi, à chaque pas, des horizons nouveaux se découvrent; vous ne sortez point de cette chambre, et pourtant Tespace est devant vous ; la pensée fait reculer les murailles. Puis, comme, tout cela est charmant I que de choses vous sont dites, qui vous paraissent si naturelles que vous les aviez déjk au fond de votre cœur l Car Técrivain a le talent de faire jaillir des émotions pour ainsi dire communes, cachées comme les eaux souterraines. Il se met en scène avec un art înBni, sans poser, sans être autre chose que le guide qui nous conduit k travers les découvertes les plus intimes.
C'est d'aujourd'hui suilout que devraient dater le Voyage et VExpédition nocturne autour de ma chambre. Jamais, en effet, les hommes, profitant des ailes que leur prête la vapeur, ne se sont élancés avec une ardeur plus aveugle vers les contrées où les appellent le plaisir et la nouveauté. Ils courent k la mer ; ils ont hâte de gravir les montagnes \ ils désertent leurs foyers, pour aller vivre k l'étroit dans les hôtels, se promener dans les casinos» et retrouver k Bade le boulevard des Italiens. La plupart de ces voyageurs, — qu'il faut bien se garder d'appeler des touristes, — n'ont exactement rien vu lorsqu'ils reviennent enfin ; en revanche, ils ont laissé leur or entre les mains des aubergistes ou sur le tapis vert de la roulette. Cherchez ceux qui étudient les grands effets de l'Océan ou des Alpes, ceux qui se passionnent pour les vieilles cathédrales. On court, on ne regarde rien, car on n'est préoccupé que d'aller vite.