‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 102 sur 128 · OBSERVATIONS NUMÏSMATIQUES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS NUMÏSMATIQUES

qu'il n'est pas de Tonnerre ; mais si le groupe dans lequel (i^re le caractère singulier qu'on prend pour un R, est un sîgle Si équivalant à ORN on aurait alors Toïnodoro (1 ); cela consiituerait une variante d'écriture, mais non pas une variante d'orthographe. On a attribué aussi autrefois à Tonnerre les deniers de Tongres avec la légende TVNIERAS CIVITAS; toutefois je ne pense pas qu'on y veuille revenir. De tout cela,' il résulle que le nom de Tonnerre ne s'orthographie sur la monnaie de (iharles le Chauve que d'une seule façon.

Plus loin encore, M. Salmon voulant réfuter une objection qui n'a pas été faite au sujet de l'absence du mot CIVITAS à la suite de SENNES, au lieu de faire remarquer que Mayence, qui, non seulement est une cité, mais la tnétropole de la première Germanie, a fabriqué des monnaies au même type sans ce mot civiias, nomme des villes qui ont frappé des deniers à un type tout différent et parmi elles, (sur quatre), METALLVM. DORESTATVS, comme si Ton connaissait, comme si l'on pouvait découvrir des monnaies de Melle et de Duersted portant le mot civitas! Ceci est bien plus grave qu'une erreur de lecture ou d'attribution, ou plutôt c'est l'effet d'une simple distraction, car je ne puis admettre que l'auteur écrive sur la numismatique carlovingienne sans avoir étudié la division ecclésiastique des provinces, ou examiné avec plus de. soin qu'il n'en laisse paraître les légendes des monnaies françaises.

J'arrive enfin à l'argument capital sur lequel s'appuie M. Salmon. La chronique de sainte Colombe nomme Sens sous la forme Sennes, et cela précisément à partir du règne de Charles le Chauve. Il n'y aurait en effet rien à répondre si l'on produisait une inscription carlovingienne avec cette orthographe; mais point du tout, il s'agit d'un manuscrit en écriture des xi', xir et xni* siècles, en fort mauvais état à ce qu'il paratt (2), et

(1) La légoado est évidi^mment fort incorreclp, puisqu'on y voit ASTKI pour CuVSTEL; au revers CATIA D-I IPEX ; ce ne sout pas là des variant es de mot* Inlins. mhï» dos mots latins mal gravés.

(2) Bibliofhèque hhhriqtte de r Yonne ou Collection de légendes, chroniques et documenta divers... publiée par la Société des sciences hist. et nat de rYonne, smis lîi direct, de M. l'nbbé Durn. Aux^rre. 1850. in-4«, p. 200, sq., 213. sq.

OBSERVATIONS M MISMATIQUKS. 329

dans lequel on a lu \o nom do Sons de diverses façons, ce qui prouve peut-être que le texte contient dos abréviations, mais ce qui no prouve pas que dans la même année, par exemple, le nom latin de Sens ait eu deux formes, car on conviendra que c'est un fait inadmissible. Je vais, à mon tour, citer tous les fragments de la chronique de sainte Colombe où il est question de Sens, en y rétablissant los passages que M. Salmon n'aurait pas du omettre.

Ann. 829. — Jeremias Senonicsp eccIesisD archiepiscopus...

868. — Nam Senonis cîviiate inventi sunt... Igitur mense maio Senonis civitate roodius frumenti... panis novuB oblatus est Senis ad benedicendura.

882. — ... in archiepiscopatu Sennensis ecclesiffî... 886. — Ascenderunt Nortmanni Sennis a Parisiis. 896. — Richard us princeps Burgundiœ recepit Sennis,.. 922. — ... a Gualterio archiepîscopo Senonitm.

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