Anastasius archiepiscopus Sennensis (ms. de Rome
978. — Anastasius archipnDsul Senon^msis (ras. de Sens). 996. — ... nardus cornes civit... Senn, (ms. de Rome). 996. — Raynardus comes Senonùi (ms. de Sens).
1015. — Facta est tradicio Senonice urbis...
1032. — Obiit archiepiscopus Senonum Teotericus. 1055. — ... infra urhem Srnonimm...
On voit qu'en 868 (si toutefois la chronique de sainte Colombe pouvait prouver quelque chose), on écrivait Senojies deux fois dans le même paragraphe, et une fois Senis qui par conséquent ne peut être qu'une abréviation. Je m'étonne de co que M. Salmon n'a pas cité Tacte d'excommunication de Raynard, comte de Sens, et de deux chanoines de la même ville, dans lequel on trouve : Sanctus Sennensis ecclesiœ locum inffredi (1), au moins dans le texte imprimé. Je lui indiquerai encore une médaille de la collection de M. Rousseau, frappée au nom du comte Raynard, au revers de laquelle on lit lEN.NS CILVI ; ici TO est réduit à l'état de point, et au besoin on pourrait le considérer comme non avenu. Mais tout cela ne nous
(1) Baluze, Capitularia reg. franc,, t. îî, p. 672.
330 OBSERVATIONS MMÏSMATIQLES.
lire pas de la difficulté que fait naître rattribution déjà plusieurs foiâ proposée et que reproduit M. Salmon. Eu effet, od connaît des deniers :
De Pépin, avec la légende SENOIS.
De Louis le Débonnaire SENONES.'
De Charles le Chauve SENONES CIVITAS.
De Charles le Gros SENONES CIVITAS.
D'Eudes SENONES CIVITAS.
De Raoul SENONIS CIVITAS.
De Henri I" SENONIS CIVITAS.
Du comte Raynard SENONES CIVITAS.
De Philippe P' SENONIS CIVITAS.
Il faut surtout examiner le style des deniers portant le (nonogramme de Charles le Chauve avec la légende GRATIA D-l REX, et au revers SENONES CIVITAS, pour bien comprendre comment il n*est pas possible d'attribuer à Sens ceux qui présentent la légende SENNES. Sans doute la forme des noms de lieux a changé progressivement, en passant du latin au français ; sans doute encore il y a des monnaies barbares dont les légendes sont altérées comme par exemple, le denier d'Aval- Ion 4»ur lequel on lit AVVIONS pour AVALONS (1), mais cela n'a jamais fait imaginer qu'à la même époque un nom ait eu deux formes régulières.
Or la fabrique des deniers à la légende SENNES ne permet pas de les considérer comme des pièces barbares; on ne peut voir dans l'omission de l'O la conséquence du manque de place, pas plus que l'effet d'une distraction du graveur, puisqu'on a des deniers à deux types différents ; donc ces deniers n'ont pas été frappés à Sens.
Je termine en avertissant les numismatistes que les monnaies sur lesquelles on avait cm lire le nom de Reims, RHE- MIS CIVITAS, au revers de celui de Troyes, portent en réalité la légende MELDIS CIVITAS. J'ai vu la pièce originale publiée par M. de San Quintino.
(1) Notice des monn, franr. de M, Rousseau^ p. 164.
OItSKRVATIONS NUMISMATIQUES. 331
Je dois dire eacorc, pondant qu'il est ici question dos monnaies de la Champagne, que le . denier de Troyes décrit par M. Poey d'Avant et M. Fillon (1) ne porte pas la légende TRE- CAS CIVI TERO,mais bien TRECAS CIVl TEBO- C'est le nom du comte de Champagne Thibaut 1" (1047-1089) placé à lafin de l'inscription circulaire, comme le nom d'Eudes, duc de France, se trouve sur le denier d'Orléans, après la formule royale: GRATIA D-l REX ODO, autour d'un monogramme de Charles. J'ai déjà dit qu'il n'y avait pas de relations entre le nom d'Eudes et cette formule : Gratta dei rex (2). Le denier de Troyes est encore «ne preuve du système d'intercalalion que j'ai proposé d'admettre.
(1] Deicripl. de» mottn. franr. nampos. la coliecl. de M. Poey dAraal, 1853. iQ-i", p. 325, q" 1503. Calai, liiti monn. irign. franc, de la coll'-(t. de M. Poei/ d'Atanl, LuooD, 1S33, ii)-S°, p. 130, u* 1190.
(2) JVo/iM den monn. franr, rnnipot. la çollerl, rir .tf. J, Rnwtn'au, p, 259. n» 608.