RELIQUAIRE DE SAINT CHARLEMAGNE
sur SCS téguments desséchés cette inscription écrite pour quelques liards par un scribe du xii* siècle : Brachium sancti Caroli
J'ai vu, comme l'illustre poète à qui j'emprunte ces lignes, cet os carlovingien ; il est placé dans une châsse de vermeil en forme de bras, de travail moderne. Nous savons positivement que ce bras de métal existait en 1736 (2) ; autrement on aurait pu supposer que M. de Wailly, commissaire du gouvernement (lorsqu'il transporta à Paris le sarcophage antique représentant l'enlèvement de Proserpine, dans lequel Charlemagne avait eu les jambes plongées pendant trois siècles et demi), avait aussi emporté le reliquaire actuellement au Louvre, et que l'os seul aurait été restitué à l'église d'Aix avec le sarcophage (3).
Peut-être aussi les deuc bras ont-ils été détachés du corps et ont-ils reçu des enveloppes métalliques à des époques différcntes. Dans ce cas on ne saurait-ee-qu'est devenu l'os qui a occupé le reliquaire que j'ai décrit. Il est impossible d'acquérir maintenant d'éclaircissements à cet égard, puisque la grande châsse qui contient le squelette de Charlemagne ne s'ouvre jamais.
(1) Victor Hugo, le Rhin, t. I, p. m.
(2) Délices des Pays-Bas, t. III, article d'Aix. — Amusements des eaux d^ Aixla-Chapelle, 1736, pi. XX, no 16.
(3) Un des custodes de Téglise raconte comment le sarcophage a été enlevé par Marat et Robespierre ; un autre m'assura que ce monument était revenu tout seul et de lui-même. Ces gens, au reste, sont encouragés par l'exemple de leurs supérieurs. Le vicaire dont parle M. Victor Hugo me fit voir une uaagniflque sardoine travaillée en camée et représentant Septime Sévère en face de Caracallu, qu'il affirmait être Coustantin et sa femme; tandis que d'une tête de Bacchus en améthyste, il faisait une sainte Hélène. J'en ai conclu qu'à Aix-la-Chapelle la science archéologique est renfermée, avec les grandes reliques, dans la châsse que Ton n'ouvre que pour les têtes couronnées, suivant l'expression du montreur.