‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 69 sur 128 · GKOSSK DOUBLE DU XIII'' SIÈCLE · texte numérisé non relu

GKOSSK DOUBLE DU XIII'' SIÈCLE

la religion chrétienne et reçoit au baplème le nom d'Etienne, « et fit ruiner les Temples des Idoles, et donna à saint Martial de grands thrésors pour eu faire bâtir des temples au yray Dieu. » Telle est, dans toute sa naïveté, la légende que M. Tabbé Texier a trouvée représentée en sept tableaux sur les deux faces principales d'une petite châsse émaillée. Le quatrième compartiment contient un sujet exactement semblable à celui de la crosse. Saint Martial debout, mitre, vêtu de ses habits épiscopaux, devant un autel à pieçl circulaire sur lequel est un calice recouvert du corporal, ouvre deux doigts de la maiu droite en signe de bénédiction (1). Vis-à-vis, sainte Valérie décapitée, soutenue par un ange, porte sa tête qu'elle semble présenter au saint prélat. Cette même composition se voit en haut-relief sur le tombeau de Bernard Brun, évêque de Noyon, monument du xiv* siècle qui existe dans la cathédrale de Limoges (2). C'est aussi très certainement dans cette ville qu'a été fabriquée la crosse double de M. Dugué. Il reste à éclaîrcir pour quel personnage elle a été faite, et je dois avoir dit que, parmi les évéques de Limoges, je n'en trouve point à qui elle convienne, d'après le système que j'ai exposé plus haut. Il est vrai que la fabrique de Limoges fournissait des bronzes et des émaux aux églises de tous les points de la France; et de ce que cette crosse représente. les patrons du Limousin on ne peut absolument conclure qu'elle n'ait point été destinée à un autre diocèse.

C'est au type des monnaies que nous avons eu recours pour expliquer la précieuse crosse de M. Dugué, et ce n'est pas la première fois que la numismatique vient en aide aux autres branches de l'archéologie. Les monnaies nous ont fourni les éclaircissements que nous cherchions quant à la forme insolite (le ce monument; elles nous restitueraient jusqu'au nom même de la crosse s'il venait à être oublié. Un denier frappé à

(1) C'est ce que le moioe Théophile dùsigue par deztera sigiians (lib. HI, cap. xxv), c est-&-dire une maiu béuissante et non pas une main symbolique, comme Ta dit le traducteur.

(2) Voy. Texier, Essai sur les argentiers, etc., pi. IV et V.

260 GKOSSK UOLBLE Dl XHI' SIÉCLK.

Groniuguc pour Bernard, évèque d'ULrecht(l 027-1 OÔi, repré> seoie le sceptre épiscopal accompagné du mot bacvlvs (voy. pi. IV, n~ 8), type curieux que nous a récemment procuré la découverte d'un trésor du xi" siècle, faite près de Rome dans l'église de Sainl-l'auI-hors-des-Mur» (l).

(I) Sau (Juiuliiio, Uuntte dtl dnimo rdelV midewuo temlu tmperU nei dinlorni di Rama. Turin, ISIB, p[. IV, u» 9 <! 10.

SUR

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