‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 9 sur 128 · PP..36M · texte numérisé non relu

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A la fin du Traité de>i monnaies des Barons, Tobîesen Duby a consacré une centaine de pages à l'éDumération des différenles seigneuries eccIésiasUques ou lùques qui apportaient à leurs titulaires le droit de battre monnaie ; mais dont cependant aucun monument numismatique n'était parvenu ù sa connaissance. En examinant attentivement cette liste, on peut reconnaître que plusieurs villes y ont été admises no peu légèrement, d'après quelques passages de chartes dont les termes ne sont pas suffisamment explicites.

Lorsque, par exemple, un acte énonce une certaine somme en monnaie, portant le nom d'une ville, sous la forme d'un adjectif, comme moneta Trecemi^, Burdegalensis, Divionensis, etc., etc., sans spécifier de quelle autorité émanait cette monnaie, il est maintes fois presque impossible de déterminer si le rédacteur de l'aclc a voulu désigner la monnaie royale, la monnaie des grands feudataires, frappée avec le même type dans plusieurs villes de leurs domaines, ou bien enfin la

^fONNAlK DE CriLLAlME. COMTK DE BOURGES. 41

monnaie épiscopalo on baronale, portant le type particulier do le ville où elle a été fabriquée.

Ceux des numismatisles à qui leur goût ou leurs occupations ont rendu familière l'étude des chartes pourraient seuls résoudre cette question, dont l'importance commence à être justement appréciée. Les doutes que l'on avait pu concevoir s'accroissent en effet chaque jour, lorsque l'on compare dans les découvertes des médailles qui ont lieu si souvent, la quantité considérable de variétés qui viennent se rattacher à des monnayages déjà reconnus, au nombre si restreint des pièces sorties d'ateliers monétaires, dont les chartes et les chroniques nous avaient seules conservé le souvenir.

Si je ne me trompe, depuis quatre ans qu'existe la Revue, les deniers des seigneurs de MontluQon, de Mauléon, de Valentinois, dlssoudun et de Penthièvre, sont les seules pièces dont la publication ait enlevé à la table de Duby quelquesuns des aslériques qui marquent les noms de villes ou seigneuries dont la monnaie est à chercher.

Aujourd'hui je viens faire disparaître encore une de ces désespérantes étoiles, en produisant la pièce la plus intéressante peut-être de la série baronale, à coup sûr la plus ancienne que l'on ait encore publiée.

C'est un denier sur lequel on lit d'un côté : VLELMO COMS ( ViMmus cornes) autour d'une croix, et au revers : BRIVI — GES [Bituriges) autour d'un monogramme carlovingien. La partie supérieure de la troisième lettre est coupée ; cette lettre peut être un T.

Je connais deux exemplaires de cette précieuse monnaie ; un dans la collection de M. Dassy, à Meaux; l'autre dans celle de M. le D'RigoUot, à Amiens. Toutes deux sont d'argent assez bon.

Le premier des comtes de Bourges, dont l'histoire ait conservé le nom, est OUon ou Bollon qui gouvernait la ville sous le règne de Gontran (1). A cette époque, les comtes n'étaient que des officiers préposés à l'administration des villes,

(1) Greg. Turnn., lib. vu, cap. 38 et 41. — Aymnin.AWi. m. cap. 7.

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