‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 3)Chapitre 32 sur 157 · PRENDRONT POUR MODELE · texte numérisé non relu

PRENDRONT POUR MODELE

iL ETOIT NÉ A VERDUN SUR MEUSE LE 2.

FEVRiER 1695; iL MOURUT A PARÎS

LE 24 JANViER 1769.

Prie:^ Dieu pour h repos de son Ame.

M. de Guilhermy se borne à mentionner Tattribution h Di-

derot sans la discuter. Alexandre Lenoir, à diverses reprises, a réimprimé l'épitaphe de Cheverl, composée, disait-on, suivant lui, par d'Alembert (1). Mais, quoique le fondateur du Musée des monuments français fût né avant la mort du grand capitaine, il était encore fort jeune en 1769, et le témoignage de M. de Lacombe, qui avait connu personnellement Chevert et qui lui a consacré un article dans la Biographie universelle, doit sans doute, malgré sa forme dubitative, faire pencher la balance en faveur de Diderot (2).

Outre dix belles planches gravées d'après les dessins de M. A- Fichot, le premier volume des Inscriptions de la France contient encore quarante figures tirées dans le texte; l'ouvrage est exécuté avec un luxe typographique extrêmement remarquable, et sera évidemment très recherché par les bibliophiles.

Nous aurons maintenant à soumettre au savant auteur quelques observations sur des points de détail, comme une preuve de l'assiduité avec laquelle nous avons examiné l'ouvrage qu'il a su rendre si attrayant. Le plus souvent, il s'agit de /loutcs Sûr lesquels l'attention des archéologues sera de la sorte appelée, et pourra nous valoir quelques heureuses solutions. Parfois aussi nous nous permettrons d'émettre un avis plus arrêté.

Ainsi (p. 6) nous trouvons une inscription antique, introduite épisodiquement dans le commentaire d*une pierre tumulaire de Saint-Marcel, et donnée comme suit :

GNI. RHENI

SAPPOSSA CONIVNCX VPC

(i) Description historique des monuments de sculpture réunis au Musée des monuments français^ 6» édition, an X, p. 318^ n» 402, 8« édition, 1806, p. 238, n*> 402. Dans son Musée des monuments français^ Lenoir ^t. V, p. 152) dit formellement : a composée par Dalembert. »

(2) Biographie universelle de Mictiaud, 1813, t. VIII. Il 9*est écoulé près d'un demi-siécle entre le 24 janvier 1769, date de la mort de Chevert, et Timprcssion de l'article de M. de Lacombe. Les écrits d'Alexandre Lenoir sont antérieurs. On trouve dans le Mercure de France de 1769, mars, p. 225, et mai, p. 192, des épitaphes en^vers français et latins: septembre, p. 142, nu éloge en vers; compositions mspirées par la mort de Chevert, qui montrent que

ce qui ne rend pas bien la physionomie du monument et ne permet pas au lecteur d'en essayer la restitution.

Le sarcophage sur lequel est gravée l'inscription, et qui a été trouvé dans les terrains de Saint-Marcel, a 2", 38 cent, de longueur. Les deux lignes de caractères qu'il porte occupent toute rétendue du côté gauche; la lacune règne au centre.

...IVLi\b REXv.1 EGINIv RHENICI

SAPPOSSA CQNIV^CX^ VPC

On voit donc qu'il s'agit de Gaulois dont l'un, le mari, avait reçu le droit de cité de quelque membre de la famille Julia, et dont l'autre, la femme, porte un de ces noms qui rappellent non seulement le mot gaulois Sapo (1), mais encore tous ces noms de même nationalité, avec des consonnes redoublées, tels que Sasso, Satto, Cappo, Eppo, Matto, Vippius, etc. Nous reviendrons ailleurs sur ce texte.

Une très belle inscription métrique provenant du même lieu et malheureusement fragmentée, est classée sous le titre d'épîtaphe d'Agembert (p. 7). On y lit en effet: NOMINE DICTVS AGEM B. Mais une portion de trait oblique qu'on distingue encore près de la base du B, ne saurait appartenir au caractère E. Il y a donc un motif pour croire que le personnage inhumé dans la nécropole de Saint-Marcel se nommait Âgembald (2).

Plus loin (sous le n*> 206), nous remarquons une précieuse inscription métrique de Saint-Germain-des-Prés, dont M. de Guilhermy donne la transcription (p. 348), en y admettant par deux fois le nom Ehrotudis; et cependant, dans cette inscription qui contient sept exemples de ligatures, dans laquelle entrent des S angulairc^s [s) (qu'il ne faut pas confondre avec des Z) et des C carrés; il est certain que nous avons le nom do Chrotrude, dont les trois premiers caractères C, H, R, sont

radmiration la plus sincère ne remplace pas toujours Tiuspiration littéraire. Diminuée de quatre lignes de titres, l'épitaplie, telle que la donnent Al. Lenoir et Lacombe, offre, au premier abord, un aspect plus philosophique. Mais on y perd Topposition très morale du point de départ et du but atteint. ' (1) Plin., Hist. nat, XXVIÎl, !2.

(2) B. Guérard, Polyptifçue (VIrminon, t. Il, p. 16i, col. 2»; Agembaldus, Agembalda, enfant? de Petpis et tie Sr.upilia.

RECUEILLIES ET PUBLIÉES PAR M. F. DE f.UILHERMY. 87

liés, EROTRVDIS. C'est d'ailleurs un détail qui a été itérativement signalé depuis longtemps (1).

. Le sceau dlsabelle de Hainaut, première femme de Philippe-Auguste (p. 10), est sans contredit un monument fort précieux; mais, doit-on le considérer comme une épits^he par la maison qu'en donne Fauteur, à savoir qu'il a. été placé dans le cercueil de cette princesse?» Au reste, cette observation n'est faite que dans l'intérêt du principe général, car M. de Guilhermy a consigné tant de faits curieux sur la sépulture de la reine Isabelle, sur la façon peu respectueuse dont les ossements, de cette souveraine, aïeule de saint Louis^ ont été traité en 1857, sur la découverte et la perte du sceau, que nous aurions mauvaise grâce à lui contester lo droit de faire une addition qui a tourné à notre profit.

Il est moins facile d'admettre le chapitre relatif à la croix palatine j qui fait aujourd'hui partie des reliques de la Passion conservées dans le trésor de Notre-Dame. Cet objet mobilier ne se rattache que fort indirectement à l'épigraphie parisienne^ et devrait, dans tous les cas, èlré^ classé à Tarticle de Saint-Germain-des-Prés. La croix, de travail grec, avait été léguée à cette abbaye en 1684, par Anne do Gonzague, princesse de Mantoue, veuve d'Edouard de Bavière, fils de Frédéric V, comte palatin du Rhin. La princesse l'avait reçue en présent du roi Jean Casimir, qui l'avait tirée du trésor de la couronne de Pologne, lorsqu'il se réfugia en France. C'était, disait-on, l'empereur de Constantinople^ Manuel Comnène, qui l'envoya, dans le cours du xn® siècle, à un roi de Pologne; cette tradition s'appuyait sur l'inscription que présente une des faces de la croix, texte qui se termine par ces mots : Ppiçe: KdpivT^voç MovojtjX jTsçYjçopoç. Au temps où Louis XIV donna Saint-Germain-des-Prés -à son collègue Jean Casimir, et même lorsque Dom Bouillart écrivait l'histoire de cette abbaye (2),

(1) Revue numismatique, 1838, t. III, p. 249; Comptes rendus de V Académie ^ des inscriptions, 1870, t. VI, p. 318. — P. 42 du t. V. des Œuvres de A. de L. et p. 47 du présent volume.

(2) D. Bouillart, Histoire de l'abbaye de Saint-Gprmain-deS'PréSy 1724. la, croix y est grav^^e à la pa^e 279,

on ne connaissait qu un seul Manuel Comnène, Fempereur de Constantinople, qui régna de 1143 à 11^0. Depuis cette époque, riiistoire s'est enrichie de trois personnages du mème^om^ qui ont porté la couronne, à Trébisonde', pendant les xm« et XIV* siècles. ^ • .

Grâce ii rintelligente initiative d'un antiquaire firiançaié, le baron N. D. Marchant | lés monnaies de ces princes ont été retrouvées, et^ plus lard, aniplémént classées pair M. de Pfaffènhbffeh, éclairé par la découverte. dé la chronique de Michel Pariaretos et les tra,vaux de M. le D'.Fallmerayer (1)^ Or, les caractères' de Tinscription gravée sur la croix palatine sont fort différents de ceux qui se voient sur la monnaie de Temperéur dé Constantinople Manuer Comnène ; ils offrent, par contre, une analogie marquée avec ceux que présente la monnaie de Trébisonde. La forme très caractérisée de la lettre M (H), qui paraît' deux fois dans Mavcu-rjX o Koixviqvoç, fournit un point d'attache extrêmement frappant. Il faudrait donc rajeunir d'un siècle environ la croix palatine , Mais il importerait de ne point l'admettre dans une collection de. monuments épigraphiques français. Ce n'est pas que nous repoussions d'une pareille collection les petits objets mobiliers. La dimension importé peu lorsque l'inscriplion à une valeur locale. Ainsi, nous eussions désiré rencontrer dans le recueil de M. de Guilherrtiy la'figure, la description d'une curieuse />at2: aujourd'hui déposée au Musée de l'hôtel de Cluny.

Cette />fft2: de cuivre doré, ornée de petites rosaces d'argent et de cabochons, porte sur sa face antérieure un bas-relief représentant le Christ enfant, les Trois-Maries et les membres d'une confrérie; au revers, on lit, en grands. caractères, cette intéressante mention :

Bàtt ♦ m\ ♦ «ce ♦ Ix tint ♦ botttta «fU patx ttîjûtt le barbter «rÊewe ^ h

(i) Marchant, Lettre à M. Gosselin sur les médailles de Trébisonde, Metx, 1827, pi. no» 1 à IV; — F. de Pfaffenhoffen, Essai ^ur les aspres Comnénats de Trébisonde, 1841, in-*», pi. V à VIII et XIII, n° 129 et 130; — Ph. J. Fallmerayer, Geschichfe des Kaiserlhums von Trapezunt, Munich, in-4«, 1827.

et • •

On tire de ces cinq lignes divers, renseignements utiles. Elles indiquent l'existence d'une confrérie des Trois-Maries, dont il faudra retrouver l'origine, confrérie qui se réunissait dans une église des Carmes; la date 1468 montre qu'il s'agissait de celle des Grands-Carmes de la place Mauberl. Jehan le Barbier était orfèvre, et il est évident qu'il n'a pas laissé à un autre le soin de fabriquer la, paix ofTcrle par lui en présent à \ la confrérie dont sa fille portait le bâton (1). On devra donc enregistrer son nom dans la liste des artistes parisiens, que leurs œuvres mêmes nous ont fait connaître; le montunent est nettement national, et l'exemple qu'il nous fournit indiquera,

plus exactement que ne pourrait le faire un long exposé, à quelle catégorie d'objets- mobiliers nous voudrions réserver une place dans le Recueil des inscriptions de la. France,

A l'article de Saint-Merry (n° 20), apr^s avoir. décrit l'épitaphe d'Orfo Falconarius, fondateur.de cette église, l'auteur, qui ne parait pas repousser l'assimilation de ce personnage à cet Odo qui prit parl^ avec le comte de Paris et l'évéque Gozlin, à la défense de Paris assiégé par les Normands. en 886, cite quelques vers du poème d'Abdon qui le concerneraient :

... Heu! liquenit illum , Dextra manus bcUo quondam, cujiis loca cinxit

Ferrea, pêne vigore nihil infirmior ipsa.

Et il ajoute : « N'est-ce pas un fait digne de mention dans les annales de la chirurgie, qu'au ix^ siècle il se soit trouvé à Paris un mécanicien assez habile pour rearplacerune main perdue par une main de fer, qui rendait au blessé à peu près le même service? »

(1) « Vous y voiriez les sainctz plus druz, plus miracliâcques, à . plus de leçons, plus de veuz, plus de basions, et plus de chancelles que ne sont tous ceulx des neufz éveschez de Bretaigne. » {Pantagruel, Jiv. III, ch..iv.) « Marquet grand bastonnier de la confrairio des fouaciers. » {Gargantua, ch. xxv.)

Il y a là assurément une interprétation trop favorable à la science des artisans de Tempire carlovingien. Il paraît plus probable que la main de fer du guerrier Eudes était un de ces cercles accompagnés d'un crochet dont, à notre époque encore, on" voit de pauvres invalides faire usage avec une grande dextérité.

On trouve classée sous le n® 31, parmi les inscriptions de la Sainte-Chapelle, Fépitaphe suivante :

lit ; mtl ♦ bottt * mewom ♦ W AUûUmv» ♦ be * tetteutrclt» ♦

vtm ♦ ïuvxvt

taxait ♦ pw ♦ tt' vâw

M. de Guilhermy constate que la tombe sur laquelle on avait placé ce texte « date environ du milieu du xiv* siëcle » et que le style du monument se rapporte au temps de Philippe de Valois. Dans ses additions (p. 819), il rapproche le mot tenetierolus du nom d un lieu dit les Tennerolles, qui existe encore à Saint-Cloud. Mais il est évident que le nominatif /(enen^ro/us ne peut pas se rencontrer après la préposition de» Cette observation faite, il devient très facile, étant donnée la fonction du défunt, de reconnaître qu'au lieu du nominatif singulier

UvaUtVtim, H faut lire Tablatif pluriel fifttf SeïOltW, et qu'on est en présence de la tombe de « Guillaume de Feucherolles, ci-devant maître de la chambre aux deniers du roi Philippe VI, lorsqu'il n'étoit que comte de Valois, et qui fut depuis son aum6nier en 1329 jusqu'à 1343, qu'il fit son testament le 4 décembre, dans lequel il prend cette^ qualité... comme il s'apprend d'un registre du Trésor des Chartes, côté Lxvra, n^ 80 (1). » La minuscule gothique est parfois difficile à déchiffrer. Il faut y revenir à plusieurs reprises, chercher dans les traits confus qu'elle présente des combinaisons qui produisent

(1) p. Anselme, Histoire généalogique de la Maison de France, t. VHI. p. 226. — Gallia chtistiana, t. VU, col. 231. — II existe un village de Feucherolles près de Saint-Germain-enLaye. Un autre Feucherolles, dans le département d*Eare-et-^ir, était un fief ressortissant au comté de Nog^.nt-1e-)^oi,

un sens raisonnable. Pour les textes courants, pour les phrases qui sont de formule, on risque moins de se tromper que lorsqu'il s'agit de noms propres. Maïs pour ces derniers, îl convient de se montrer persévérant et de ne pas céder à l'illusion de la vue.

Au chapitre de Saint-Denis de la Chartre, l'auteur décrit, sous le n** 303, une inscription du xv* siècle, déposée aujourd'hui dans le Musée de l'hôtel Carnavalet. « La partie conservée, dit-il, se compose encore de vingt-cinq lignes, dont la moite environ est incomplète. Aussi avons-nous pensé qu'au lieu de publier ce texte mutilé, il suffirait d'en présenter l'analyse. »

Dans cette analyse, le savant éditeur dit que Denise de Matzure, veuve de Gilles Gaultier, avait fondé une messe hebdomadaire à laquelle le prêtre chargé de la célébration devait inviter les parents de la défunte et Vhdte de la maison de T Aigle (Tor faisant le coin de la rue de la Vieille-Pelleterie.

Le nom de Denise de Matzure^ dont la forme est si extraordinaire, et cette circonstance bizarre d*un maître d*auberge invité à perpétuité au service anniversaire de la fondatrice sont de nature à faire concevoir des doutes et à faire regretter^ que l'auteur n'ait pas reproduit le texte original. Ce texte, d'ailleurs, n*est pas si complètement altéré qu'on n'en puisse

tirer une copie. Il manque une ligne en tète, une ligne à la fin ; la pierre a élé rognée et échancrée lorsqu'on l'a fait entrer dans la construction d'une fontaine ; elle est fort usée en divers endroits et chargée, par places, de ciment; mais on y distingue encore :

o(ftt( br &tt 0tlU0 ixûXwc %^ Xti p$rê0 tX m» vm «ttCCe p$r tW Tep" îf là « XniW* a» Jo' bu w'b; alwt \wX \trixts îe U tolUmté btt Jo' <8f âps lofftte H f rpâ(&«

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«CfîRâs (Et nvxt hx% ç'jjcs arbê$ for lattltt ïmrât Ift «le brââtt bicll ttteffe z k îmt ïmv a la çlD(6e ïe Uh' jro . . . e' 2 fê ap«U y U pbre ^ la ceUbr Us parê« îe lab' oefue ê . . . . <l iç latuU Ux hxV U mm ïe la l^tte if la mtU ptMtv\t .a laîi' mtUt (èl mtt « (e hvct z t^âUv xm obtt p fjtm à alel Ja' ^lU ^ra fe »w 4 t'fpa* €tïl afi ... wor« a tx pfeattùs <t a x% Utm lanïes jfvewaôïuwts méfCt» rallêtûri lôe ïitt faiflerprt fa Uk k niû Içtttl' a b?a(« n>bi bgaf z fortatiU tï ap» tpïer likfa we hw z les î>seU 2 orotfâs ê la marne' atottf ïç Côuer le far' ptebàt UV oM Us tUd ïio (loçk httll êjïU z pêbâf Ift ttUbrâôtt hceUus ob' z ïiarât JcîU ft arbotr Ut tttt fj(>eô ïe laV proitT fur lattUl pa' UTqttlîs.ttttirie oH js f tttt' înre 2 (ûà lest mrjjlrg Tôt teuna pmt au curé be «à» 4 iait ïïtre 2 cele'b ou tt hre 2 (eleb leCV H\ a lejjle iî]aV prmrfe x liua V p cjut» à (et ft ï^otbttêt lefï( tttriîw ^m liur' f aliee^lm'a mmit hmtt 2 rôuem beCrV 2 louU ffeê 4 u «entres woîêttât etate fôme bt ïentetô qlTe eu a Hxlli eâptaut attffe' wrjBÎr» awCi Jl eCt aplat ^teun es Ires.

« [Les margliers de Téglise de céans sont tenus et obligés de faire] dire et célébrer pour le salut de Tâme de Denise de Maizieres, vefve de feu Gilles Gaultier, et de ses parens et amis, une messe par chacune sepmaine de Tan, a tousjours, au jour du mardi à leure [de] huit heures, de la sollemnité du jour. Et après Toffice des trespassés, et en la fin, le pscaulme de de profundis et les oroisons quesumus domine pro tua pie ta te (i) et^rf<?/iwm(2), et asperger de Teau benoîte aux assistans, et'querir deux cierges ardens sur Tautel durant la celebracion dicelle messe, et la faire sonner a la cloche de ladite paroisse; et faire appeler par leprebtre qui la célébrera les parens de ladite vefve en [lost]el de l'Angle

(1) Collecte de Toftice des morts lorsqu'il s'agit d'une femme.

(2) Collecte des auuiversaires: FrV/e/ii/m, Deus, omnium condilor et redemptor.

dor faisant le coing de la rue de la vielz Pelleterie... à ladite messe; Et avec ce faire dire et chanter un obit par chacun an a tel jour quelle yra de vie a trespas ; cest a savoir [vigiles] de mors a ix pseaulmes etix Icccons, rccommandaces, messes solemnelles, lune du SainctEsperit, la seconde de Notre Dame, lesquelles a dyacre, sobz dyacre et coriaulx; et après chanteri libéra me domine et les vei'sets et oroisons en la manière accoutumée, de sonnerie soir précédant ledit obit les cloches du clocher dicelle église, et pendant la celebracion dicelluy obit et durant icelle faire ardoir les un cierges de ladite paroisse sur lautel, pour lesquelles messe obit et service dire et célébrer lesdits margliers sont tenus paier au curé de céans, qui doit dire et célébrer ou faire dire et célébrer lesdits services a Teglise de ladite paroisse, x livres tournois par chacun an. Et si doibvent lesdits margliers quérir [et] livrer calice, livres, ornemens, luminaire et sonnerie dessus dite et toutes choses a ce nécessaires moiennant certaine somme de deniers quelle en a baillé comptant ausdits margliers ainsi quil est aplain contenu es lettres [passées et scellées par lesdits....]»

On voit qu'il ne s'agit plus du nom de Matzure ni de Tintervention d'un hôtelier. Denise de Maizières était vraisemblablement une bourgeoise de Paris, née sur le territoire consacré au saint dont elle porte le nom. (Il n'est pas inutile de rappeler en passant que, dans un des côtés de la nef de Saint- Denis de la Chartrc, existait ime paroisse sous le vocable de saint Gilles, patron du mari.) Elle avait voulu que ses parents fussent conviés, par le prêtre officiant, en tostel de F Angle dor (car c'est ainsi que nous croyons devoir lire, vu le grand nombre de ligatures que contient rinscriplion et l'absence de points sur le jambage dont on a fait un 1). On remarquera que cette maison était située au coin de la rue, c'est-à-dire à la rencontre de cette rue avec la rue de la Lanterne ou la rue Saint-Barlhélemy; emplacement tout à fait propre à recevoir une statuette de saint Michel en armure dorée, comme on en voit dans les collections d'antiquités.

A la même époque, « maistre Henri Rousseau, advocat en parlement, seigneur de Chailliau, » léguait, pour faire dire

trois messes, une rente de douze livres parisis, assise sur une maison située devant le palais à l'image de Saint-Michel (1).

Il est fort possible que Denise de Maiziëres appartint à la famille d'un écrivain célèbre, conseiller et ami de Charles V, Tauteur du Songe du vieil pèlerin, et peut-être du Songe du Vergier (2) enterré aux Célestîns en 1405. Philippe de Maiziëres n'avait pas d*enfants ; mais il avait laissé des parents de son nom. On connaît du moins son neveu Jean de Maiziëres, chanoine de Noyon, à qui il avait écrit une longue lettre. Maiziëres était devenu un nom de famille, et c'est par ce nom que Jean Petit, le rude adversaire du conseiller de Charles V, désigne cet illustre politique.

M. de Guilhermy a décrit (n'' 188), parmi les monuments funéraires de Saint-Séverin, un marbre d'aspect insolite, dont il paraphrase l'inscription, sans parvenir à déterminer le nom du personnage auquel il se rapporte. « A douze siëcles de distance, dit-il, nous retrouvons sur Tépithaphe d'un conseiller au Chàleletde Paris, Valpha et Voméga, les colombes, le monogramme du Christ que les premiers chrétiens gravaient sur les tonibeaux de la nécropôle de Saint-Marcel. »

lOAN ^ BAPT ^

ALTINI PECCATORIS OSSA

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