DE LAULNOY-KEGNADLT ET DE REPLONGE-EN-BRIE
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M. A. Le Blomlel u bimi vuulu me cliar^'-er d'éludier un sceau de cuivre tvouvc à Nanteuil-Iès-Mcaux. iv duis avouer ijue le déchiffrement de ce sceau ne s'esl pas opéré sans quelque difficulté; cela s'explique jusqu'à un certain point par l'état de la légende, que le temps a fort maltraitée. Cependant, en dépit de l'oxydation du métal , cette lég'ende , gravée assez tinement, et composée de caractères appelés si gratuitement et si improprement gothiques, se lit très sûrement ainsi :
SEEL M-CLAUDE DESPANCE CHLR
(S(-e/ âfesjjire Claude d'Espatici:, du-ivlkr.)
Elle est tracée autour d'un écu penché , surmonté d'un heaume avec volet et tortil, couronné par uti cimier en forme de lètu de chèvre; le tout tenu par deux lions. L'écu^ioile trois
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chèvres passant, l'une sur Tautre, encadrées par une bordure dentée. Le nom de Claude d'Ëspence n'est pas étranger à la Brie pour ceux qui se sont tant soit peu occupés de Thistoirc de cette province. C'est celui d'un prieur de Sainte-Foy de Coulommiers au xvi"^ siècle (1). Mais l'ecclésiastique qui a possédé ce titre assez modeste a joui d'une si grande célébrité dans la science et dans les lettres, que son prieuré a été oublié par les biographes qui, depuis deux siècles, se sont préoccupés surtout des mérites de l'éminent théologien, de l'éloquent pVédicateur, du négociateur habile. Les mêmes biographes n'ont relevé qu'un détail généalogique, à savoir que Claude d'Ëspence se rattachait par sa mère à la famille Juvenel des Ursins (2); et ce n'était pas de quoi nous satisfaire, ni nous aider à comprendre la légende du sceau que nous avions sous les yeux.
En effet, le lecteur aura déjà remarqué que ce sceau présente le titre de chevalier^ qui ne convenait nullement à un ecclésiastique, pas plus, du reste, que le grand heaume^ qui l'aurait fort embarrassé dans les luttes oratoires auxquelles il prenait souvent part. Il nous fallait donc trouver un autre Claude d'Ëspence, et celui-là beaucoup plus ancien; car le style de l'écu, le galbe du casque nous donnent lieu de croire que le sceau appartient à la première moitié, ou tout au moins au milieu du xv*" siècle. Ce n'est pas sans l'avoir soigneusement comparé à d'autres monuments de la mèm^ catégorie que nous nous permettons de nous exprimer ainsi. Quelques recherches nous ont procuré le renseignement désirable.
Mais avant d'aller plus loin à ce sujet, rappelons encore certains faits relatifs à notre prieur de Sainte-Foy.
En 1572, Gui Gaussart, son successeur au prieure de Cou-
Ci } D. TouasaiDU Du Plessîs, Hist. de CÉgL de Meaux, t. I, p. 129. — Le savant béDédictin lui consacre deux lignes.
(2) Cette famille comptait déjà Jean Juvenel des Ursins, prévôt des Mar. chands de Paris, 1388; Guillaume, chancelier de France, 1445; Jean, arcbevèquc de Reims, 1444. — Dans le premier chapitre de l'ordre du Saint-Esprit, tenu le 31 décembre 1574, figure Christophe Juvenel des Ursins, gouverneur de Paris.