Cervantes, Don Qtiixote
P. 87, chap. XVII. « Mas no lo consintieron los raantcadores, que era gente que aunque D. Quixote fuera verdaderamente de los caballeros andanles de la Tabla Redonda, no le eslimaran en dos ardues, »
P. 273, chap. xxxix. « Dentro de ocho dias os darc loda vuestra parte en dineros, sin defraudaros en un ardite^ conio lo vereis por la obra. {Histoire du captif.)
4. Diccionario de la lengua Castellana dedicado al Rey nuestro senor Don Phelipe V{que Dios gvarde)jCompuesto por la Real academia espanola^ 1726.
« Ardite, s m. Monéda de poco valôr, que corrîo en Calaluila, al modo de los maravedis de Castilla. Cervantes, Qui^, t. I, cap. xxxix. Dentro de ocho dias os daré toda vuestra parte en dinéros, sin defraudaros en un ardite. — Quix, 1. I, cap. xvu. Eran gente, que aunque Don Quixote fuesse verdaderamente de los caballeros andantes de la Tabla Redonda, no le estimarian en dos ardites. »
8. Liciniano Saez (P.) (bénédictin du mont de Silos), Demostracion historica del verdadero valor de todas las nwnedas que corrian en Castilla durante el Reynado del Sehor Benrique terceiro. Madrid, in-foL, 1796.
P. 499. EscrituraXXII, Mayo 20, afio de 1400.
Un tel reconnaît avoir reçu du trésorier de Navarre diverses sommes : « item mas, en otra partida X groses et dos ardiies de plata. » Pièce délivrée en Pomplona,
6. Nunez de Taboada (D, M.), Diccionario de la lengua Castellana^ 1825.
a Ardite. Cierta moneda antigua de Castilla, y hoy de Calalana {sic). — Denotan elpoco valor de una cosa. »
LE HAKDI ET LE LIAUD. 303
7. Raynouard (F.). Lexique ou dictionnaire de la langue des Troubadours.
Tome I, 1836 (1), p. 1 16. « Ardit, s. m., hardiy liard. Sorte de monnaie — scis ardits tant solamen per fusl... paga un ardit de ponlage (Fors do Béarn, fol. 1078 et 1090). — Arditz d'Angleteyra ou lo capelet que leyun : Eduardus (2j (ancien tarif des monnaies en provençal). »
8. Amador de los Bios, Eduardo Chao. — Diccionano en:iclopédico de la lengua espanola, Madrid, 1833.
« Ardite, s. m. Moncda de escaso valor que luvo curso anliguamenle en Caslilla. — En Calaluila hoy aun monedas asi llamadas. — Fr. met. No se me da un ardite. No se estima un ardite. No vale un ardite. — Dénota el poco valor de una cosa 0 el poco aprecîo que se liace de ella.
[Après avoir cité tous ces textes qui nous donnent de Télymologie du mot hardi des explications inadmissibles, M. de Longpérier, avant de proposer celle qui lui paraît être la bonne, étudie en détail la question vraiment importante qui donnera la clef du mystère, à savoir où et quand le hardi a été frappé. Celte partie de ses notes est trop confuse pour qu'il soit possible de la reproduire sans courir le plus grand risque d'interpréter très infidèlement sa pensée; force est donc de passer tout ce chapitre sous silence pour en arriver à la conclusion formulée comme suit :]
Il demeure donc prouvé par ce qui précède, que le hardi royal français est une espèce tout à fait spéciale au À'P siècle \ en outre, partout où il y a eu en France terre anglaise ou terre à estcrlings (comme en Guienne à Bordeaux, comme en Bretagne à' Rennes, à Nantes (3) il doit y avoir eu hardis. Partout
(1} Tome 111, 1840.
(2) Ce qui veut dire : Les hardis d'Angleterre ont le chapelet où on lit : Eduardus. Il faudrait non chapelet, mais légende circulaire au pourtour, contre le grènetis.
(3) Saulcy (F. de). Élém d'hist. des Ateliers monétaires. 1877.
P. 72. Atelier de Rouen, 7 oct. 1488. Ordre de frapper 3,000 marcs de liards.
OÙ il y a eu eslerlings, il doit y avoir eu hardis. — Toute l'affaire de Borel et consorts, la monnaie dite le hardi remontant à Philippe le Hardy, tombe d'une pièce, et le seul fait d'avoir adopté cette opinion sur parole, sans la moindre tentative de vérification, sans la moindre curiosité des sources, montre quelle valeur on doit attacher à Topinion de tant de moutons de Panurge. Il faut en faire table rase. — Les Anglais sont peut-être les moins coupables, parce qu'il s'agissait de monnaies frappées sur le sol français, et d'une explication fournie par nos écrivains nationaux. Mais ceux-ci ont fait preuve d'une négligence ridicule.
De tout ce qui précède, il ressort surabondamment que les auteurs, depuis deux siècles et plus, ont totalement fait erreur en traitant de l'étymologie du nom de monnaie hardi.
Quelle est donc cette élymologie?
Hardi provient du mot anglais FARTHING,
p. 66. Romans, 13 janvier 1423. Nouveaux liards, 173 1/3 au marc. 1436. ordre de frapper des liards.
P. 18. Atelier de Crémieu, 13 janvier 1423. Lettre au tailleur Jean Effreat, lui mandant de mettre aux liards qui sont ordonnés et qui sont de 173 et 1/3 au marc une couronne au lieu de croiselte. Le hardi et le liard sont o.'dinairement de 216 au marc.
P. 9. Atelier de Bordeaux» 13 août 1488. Ordre de frapper des deniers Bourdelois et des liards. — 12 uov. 1498. On frappe des hardis et des deniers^ Bourdelois. — Juin 1514. Robert Girault est autorisé à frapper 3,000 marcs de liatxU.
P. 12. Atelier de Bourges, 7 oct. 1488. Ordre de frapper 3,000 marcs de liards de 234 au marc.
P. 14. Atelier de Chàlons-sur-Marne, 20 octobre 1438. Ordre de frapper 3,000 marcs de liards.
P. 32. Atelier de Lyon, 25 mai 1498. Permis de frapper 2,000 marcs de liards de 234 au marc.
P. 5. Atelier d'Angers, 3 nov. 1488. Ordre de frapper 2,000 marcs de liards.
P. 21. Atelier de Dijon. Ordre de frapper 4,000 marcs de liards»
P. 49. Atelier de Nantes, 6 avril 1491. Hardis, liards.
P. 64. Atelier de Rennes, 6 avril 1491. Liards et hardis.
P. 26. Atelier de La Rochelle, 10 juin 1490. Ordre à Gervais Jouhenneaux de frapper liards au Dauphin.
P. 43. Atelier de Montpellier, 25 mai 1498. Permis à Pierre Morgue de fnip|M.'r 2,000 marcs de liards de 234 au marc.
LE HAKDI ET LE LIAHD. 307
Qu'est-ce que le farihimjl
Voici par ordre chronologique la série des textes eoncernant celte monnaie.
1. Randle Colgrave. A French and Emjlish dictionary coinposed by M^ R, C, tvith anotfier in Enylish and French, London, 1660, in-fol.
« A Farthing, liard^ quadriu. Laquatrième partie d'un peunie d'Angleterre; vaull en monnoyc de France les 24iesme partie d'un sol. Car 3 sols font 6 pennies, ou pence ; et 4 farthinys un pennîe (1). »
2. Howell (James) (Esq.). Lexicon tetraylottofi; an Enylish, French, Italiaîiy Spanish Dictionary, London, 1660, in-fol.
« Farthing, liard, quadrin. La quatriesme partie d'un peunie d^\ngleterre , vault en monnoye de France, les [sic) 2iiesme partie d'un sol, car 5 sols font 6 pennies, ou pence, et 4 farlhings un pennie. Pezzo di moneta picciola; dinero, quarto, ochavo. »
3. Skinner (Stephanus), M. D. Etymoloyicon linyuœ anylicame. London, 1671, in-fol.
« Farthlng. Ab As. (anglosaxou) Feordiny, Feordliny, Quadrans; hœc à Feord, quartus, Feouer, quatuor... V. Four.