‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 110 sur 173 · BRONZES ANTIQUES ACQUIS PAR LE LOUVRE · texte numérisé non relu

BRONZES ANTIQUES ACQUIS PAR LE LOUVRE

La troisième figurine, qui a 23 centimètres de hauteur, se recommande à la fois par son aspect très antique, par sa belle patine et par sa provenance peu commune; car elle a été trouvée en Espagne, par des ouvriers qui travaillaient aux fortifications de la Puerta de la Tierra, à Cadix. Elle représente un guerrier nu, la têle couverte d'un casque ovoïde, les pieds chaussés de bottines ; le bras droit est levé à la hauteur de la tête ; le gauche est ramené vers la poitrine ; les armes manquent. On a jusqu'à présent trouvé peu de bronzes en Espagne ; cependant il existait, il y a quelques années, dans les collections de Grenade, plusieurs figurines trouvées dans le pays, faites de ce métal rouge qui a servi à frapper tant de monnaies celtibériennes, et représentant une divinité féminine, très analogue à TAstarté, ou Vénus Uranie des Étrusques.

Marbre en forme de glipevs dédié aux dieux par un stratège des Camiriens.

(Extrait da Bulletin archéologique de TATHCNiBUM français, l'o année, no 8, août fS55, p. 16.)

La coUeclion des antiquités grecques de l'Asie Mineure, nouvellement formée au Louvre , s'est augmentée d'un monument fort intéressant. M. le vicomte Hippolyle de Janzé a donné au musée un disque de marbre blanc, en forme de petit bouclier, très convexe, sur lequel on lit :

AAEZIMAXOZ

API2TAINET0Y

2TPATArH2A2

EKnANinN

KAITIM AOEIZ

YnoKAMIPEnN

eEoiz'

AXeÇ((jLa^oç *ApiT:aiv£Tsu, Tcpara'rto'aç ex icovtwv, xjA zv^jfyv,^ yzi Ka(jitp£a)v, 0e&7f . Nous avons donc là un bouclier votif consacré aux dieux par Aleximaque, fils d'Aristasnète.

On conserve dans la bibliothèque publique de Cambridge un bouclier du même genre, que M. Bœckh croit avoir été trouvé à Cnide, en Carie [Corp. inscript, ffrxc, n« 26S4), et qui est aussi consacré aux dieux, OeoT^, par un magistrat qui avait à se glorifier d'avoir reçu cinq couronnes d'or. Un autre bouclier de marbre bien connu des antiquaires, est celui qui se voit au Musée Britannique et qui porte les noms des éphèbes

CLIPEVS DE MARBRK DÉDIÉ AUX DIEUX. 355

d Athènes placés sous le commandement du co^me/e^ Alcamëne {Ane. marbles in the bni. Mus. , 181 5, în-4<>, 2*part. , pi. XXXVI). Un Rhodien, dont le comte de Yidua a retrouvé le monument, aussi dédié aux dieux, OscTç, s'intitule (r:^x:x'^'i^7xç xal

iTTJvcjjLif^ffa^ (Yidua, Inscript, ant.^ lab. XXXYII, n» 3. Bœckh, Corp. inscr. , 2524) ; un Cypriote est à la fois aTpaTT;Yoç xal vauapycç xal ipxtspsùç xaii tt^v vîJwv (Vidua, /mer. an/., tab. XXXII, 2; Bœckh, Co2*p. inscr., 2622). Nous ne savons si Aleximaque avait des charges militaires, religieuses ou civiles ; sa formule rappelle celle des Romains : Omnibus honoribus apud stios functus^ et celles des Gymnases : ::ar5aç sx îravrwv raîtcv, ratSaç ht '!;dtvTiov cixjXcv, que M. Bœckh assimile à h y-x^a ^«vrwv ou Bii zivTwv {Corp. inscr. y n''* 232, 425) qui adversus omnes cum successa decertavit.

Ce qui rend surtout celle inscription précieuse, et ce qui fait que je Tai placée ^armi les monuments de TAsie Mineure, quoiqu'on ignorât son origine, c'est qu'on y Irouve le nom des habitants de Gamirus, une des plus célèbres villes de Rhodes, déjà mentionnée dans Ylliade (II, 656) :

Ol Toôov àtiçevIfjLOVTO oià Tpr/a xoa|iY)OévTe Ai'vôov, *Ir,>.uff6v tê xai àpyivôev-a Kafutpov.

La monnaie de Gamirus, dont le type est une feuille de figuier (Kaji-stpa'a îî*/iç ; Babrius), est ordinairement sans légende. Gependant Sestini a publié une belle pièce d'argent de travail antique, au revers de laquelle on lit KAMIPEUN {Lett. num. cont., t. VII, pi. II, n'' 26). Dans Tinscription comme sur la monnaie, Torlhographe est la même, taudis que dans Homère {Iliad., II, 656), Hérodote (1, 144), Thucydide (YIII, 45), Strabon (XIV, p. 653) on trouve \\7.\),v.^z^ et Ka;j.£tp£j; avec la diphthongue. La rare monnaie d'argent décrite par Sestini et rinscriplion du Louvre sont, je le pense, les seuls monuments antiques conservant le nom de Gamirus. On sait que M. le duc de Luynes a retrouvé deux monnaies d'argent de Lindus et d'Ialysus {Ann. delV Inst. arch., 1841, p. 145-148).

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