LE GUERRIER MOURANT DU CAPITULE
Bibliothèque impériale en possède un trouvé à Saint-Leu d'Esserens près Creil, qui a 1 mètre de longueur; un aulre semblable existe au musée de l'hôtel de Cluny et mesure 1",30; cet ornement fut découvert à Cesspn, arrondissement de Rennes, et pèse 388 grammes ; le torques de Flamanville pèse 353 grammes. La ceinture de Cesson est roulée en spirale; le torques de Saint-Leu était, quand il fut recueilli, replié à peu près comme celui dont nous publions le dessin. Que les Gaulois aè^nt été dans Tusage de fabriquer de grands torques^ c'est ce qui résulte non seulement de l'existence des monuments qui viennent d'être cités, mais encore de ce passage de Quintilien : Divas Augiistus quum et Galli torquem attreum centum poiido dédissent ( 1 ) . . .
Sur l'une des faces du monument érigé pendant le règne de Tibère et découvert sous le chœur de l'église de Notre-Dame, on voit un Gaulois tenant un grand cercle qui représente fort probablement un ornement envoyé à l'empereur romain par les Nautœ Parùiaci (voy. pi. VII, n®* 7 et 8) ; les différentes interprétations données au mot EYRISES qui se lit au-dessus du bas-relief s'accordent avec l'idée que nous soumettons aux antiquaires (2).
Dans le recueil des statues de Venise (3), on trouve celle d'un jeune Gaulois étendu sans vie; son bras gauche est passé dans les attaches de son bouclier oblong, dont on ne voit que rintérieur; ses reins sont entourés d'un torques funiculaire semblable à ceux qui ont été recueillis à Cesson et à Saint- Ci) Institut. Orat,, lib. V. c. 3, 19.
(2) Baodelot, membre de FAcadi^'mie des inscriptions, proposait d'expliquer enrises par eurid, qui, en langue cambrienne, signifie doré, et il^pense que le grand cercle est une couroune offerte k Jupiter. Eccard croit qu'eurises est le pluriel â'eunch, qui, dans la môme langue, a le sens d*orfèvre. Félibien {Uist, de Paris j t. I®*", p. cxxxiiij) dit : « Ce cercle demeurera couronné si M. Eccard trouve bon que nous ayions cette déférence pour M. Baudelot, à moins que par une nouvelle découverte quelque autre antiquaire ne nous apprenne que ce cercle est une trompette. »
Dans les Mém. de VAcad, celtique, t. I", p. 2*5, on trouve le mot euriscs rapproché du breton «/o^^riz, ceinture; malheureusement l'auteur prend pour un dieu le Gaulois armé d*une pique et d'un bouclier. (3} Zauellî, Anr. stat. di S, Marco, etc., t. Il, pi. 44.
Lcu. Du reste la figure est entièrement nue et sa pose est identique à celle du jeune Gaulois mort représenté couché, sur le côté droit du sarcophage de la Vigna Ammendola. Nous croyons pouvoir citer encore un des bas-reliefs antiques encastrés dans les murs de Narbonne ; ces sculptures ont été faites par les Romains pour célébrer leurs victoires sur les Gaulois, ainsi que le prouve clairement la forme des armes qui composent les trophées. Le bas-relief dont nous voulons parler représente un Gaulois de très grande tai(}e étendu mort ; près de lui s'allonge une grande torsade qui nous paraît une ceinture de métal. Un jeune homme porte la main au cou du cadavre et parait chercher à en détacher le torques; ceci rappelle les aventures de Manlius Torquatus et de Valérius Corvinus.
Suivant Yarron, cité par Jean LyduSy les Gaulois donnaient à leur irsptïwjjLa ou ceinture le nom de cartamera. L'auteur grec, qui vivait nu vi*^ siècle de notre ère, applique ce nom à une ceinture de cuir ornée d'une boucle d'or bien plus analogue à celle des Francs, ses contemporains, qu'à celle que portaient les Celtes du temps de Varron (1).
Grivaud de la Vincelle possédait une petite figure de bronze trouvée à Reims, représentant un Gaulois agenouillé, les mains liées derrière le corps, et le dos couvert d'un bouclier à umbo allongé comme celui du Giienier mourant (voy. pi. Vn, n® S). Ce Gaulois a des braccœ ou pantalons, retenus par une ceinture en forme de serpent ; et cette forme montre bien clairement que la ceinture était faite de métal (2). On en voit une aussi qui fait deux fois le tour du corps de Gaulois barbus, portant au cou des torques^ et sur le bras gauche un bouclier allongé, figures qui décorent un beau vase de bronze
(1) JohaD. Lyd., De magistrat. P. /?., lib. II, 13.
(2) Grivaud, Rec, de manum, ant,, pi. v, n» 2. Le Gaulois porte sur l'épaule une sorte de plaque dont il était difficile de s'expliquer la présence. L-ue 8<^ ^oude figurine de bronze, trouvée à Bavay, et entrée au cabinet des médaUles de la Biblio'hèque impériale, nous fait comprendre ce détail. La figurine représente aussi un Gaulois, et sur son épaule subsiste le pied d*une statue brisée. Ces prisonniers servaient donc de supports à des images de la Victoire ou d'empereurs.
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provenant de Pompéi (1). La ceinture élait donc, comme le torques, les hraccœ et le bouclier allongé avec un vmbo sail-
lant, un si^ne distinclif dct Gaulois. Il est vraisemblable que les ceintures d'or appartenaient aux chefs et les faisaient reconnaître. Bien loin d'être l'image d'un esclave, d'un prisonnier >'ulgaire, la statue du Capilolc nous paraît donc représenter un guerrier important, un chef gaulois. C'est ainsi qu'au centre du bas-relief sculpté sur le grand sarcophage découvert ' en 1830 dans la Vigna Ammcadola, on voit un chef gaulois expirant dont la tète est ceinte d'une bandelette (2). Sur leurs
{I) Hmeo Boj-6omV., vol. Vlir, tav, iv, n« l. M. Giovambalistu Fiunli navail pu trouver nne explicolioD satisfaiMate pour ces tl){ures. Ho reDian]Liern la frUf! formée de boucliers gnuloi» ovales j|ui décore (oui le pourtour du raac ; ici, comme dans les Eculplures des arcs et des tombeaux de la Gaule, coinnio sur le Bdreophage do la Vi){iia Ammeodola, comme eur les bas-reliefs des Saulx Pariaiaci [pi. VII. n" 7 cl Sj, les boucliers hciagones soDt réunis aux boucliers ovales.
(2} Mownn, delC imi. airh.. t. 1". pi. 30, — Diiisrrlaz. délia Pnnt. Âcad. Rnm,
monnaies, Vercingétorix et Luchtérius sont gravés avec la tète nue ; mais un diadème entoure celle de Yergasillaunus. Le chef gaulois sculpté sur le sarcophage est tombé, et s'efforce de se soutenir à Taide de son bras gauche appuyé sur la terre ; c'est la pose du guerrier du Capitole ; c'est aussi celle d'un Gaulois dont Caylus nous a conservé le dessin (pi. \II, n" 2), mais qu'il prenait pour un mime (1).
Les Romains, tenus longtemps en échec par ces terribles Sénonais, qui s'étaient emparés d'une parlie de l'Italie, éprouvaient, on n'en peut douter, une vive satisfaction lorsqu*il$ pouvaient montrer vaincus de si redoutables ennemis. Il est curieux de comparer la chevelure, la moustache, le torques, le bouclier (2) représentés par les sculpteurs romains, avec ceux que les Sénonais faisaient figurer sur leurs propres monnaies fabriquées à Rimini (voy, pi. VII, n*** 3 et 4j, dans le IV* siècle avant notre ère (3) ; cette confrontation donnera peut-être lieu de penser que les Romains n'ont pas attendu les triomphes de César et de Germanicus pour célébrer par des monuments les avantages qu'ils remportaient sur les Gaulois.
di archeol.^ t. IX, 1340, pi. 30 cl 31. Nibby, auteur du mémoire, dit : « Il costume de* barbari détermina la razza alla qualc appartengouo; sono Galiù »
(1) /lec., t. I, ant, Rom,, pi. lxx, qo 1.
(2) Quant au bouclier gaulois, nous ne croyons pas devoir répéter ici ce qui en a été dit bien des fois d'après les textes anciens. Nous nous contentons de renvoyer aux figures des monuments d'Orange, de Narbonne, de Saint-Remi, de Carpentras. Ce bouclier se retrouve encore sur le sarcophage de Reims connu sous le nom de tombeau de Jovinus. Le torques et le bouclier long avec umbo saillant sont représentés sur beaucoup de monnaies frappées dans les Gaules à l'époque de Tautonomie. Au revers d'un denier de la famille Claudia, on voit le consul M. Claudius Marcellus qui consacre dans le temple de Jupiter Férétrien Tarmure du roi gaulois Virdomarus; quelque pelit que soit le trophée gravé sur celte monnaie, on distingue la forme oblon^^ne du bouclier.
(3) Sur la petite monnaie de bronze qui est plus récente que le quiucuux, on voit, avec la légende arim, un guerrier gaulois ayant la tête nue, une moustache, un torques au cou et le corps caché par son long bouclier.
Buste de lx phêtresse MÈLiTiyÉ. trouvé au Pirée,
(Extrait du Bulletin archéologiqiœ de Y ki\\v.^.¥xyi français, 2° année, n" 7, juillet 1856, p. 56.)
On a dernièrement apporté k Paris un buste de marbre blanc^ trouvé au Pirée par un officier de la marine française, M. de Vassoigne. Ce monument, parfaitement conserv'^é, représente une femme âgée, au visage sévère et peu régulier, dont la coiffure ressemble beaucoup à celle des impératrices Lucile et Crispine. La partie inférieure du buste est reliée par un fleuron à un piédoiiche carré, orné de moulures, et sur la face antérieure duquel on lit Tinscription suivante :
eniAPXONT OC 4>iaictia
OYM€AITINHnPIMOY€Kn €ANI€a)NI€PAT€YCACA
AN€eHK€€nil€P€a)
C4>IAHM0N0CT0YnP
AilT€A0YC4>AY€
COC
L'ajustement de ce buste, consacré par la prêtresse Mélitîné, [fille] de Primus, [du dème] des PiPaniens, sous Tarchontat de Philistide et le sacerdoce de Philémon [filsj de Praxitèle, [du dème] de Phlya, suffirait pour le rapporter à la
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lin du second siècle de noire ère. On pourra remarquer en outre que dans les inscriptions d'Athènes le nom de Il^i^:; ou npeTvi:; est assez fréquent à l'époque des Antonins (voyez Bœckh, Corp. inscr., n"i9l, 193, J96, 269, 276, 282, 28i, 303, 306, etc.). Un des prylanes pœantcns de la tribu Pandionide, cités dans une inscription d'Athènes (Bœckh, 196), se nomme ^ïllius Primus, Aï. n^T^s;; son prénom donne livu de croire qu'il était né sous Adrien, de même que l'A;.;, llpi^; np:i^:j de l'inscription n" 307 a dû naître sous M. Aurèle. On pourrait conjecturer que Meliliné était lilie d'.^lius Primus.
Inscription latine trouvée près d'Arlon.
(Extrait du Bulletin archéologique de /*âtiien.kum KHANr;.\i6, 2^ auuée, n® 9,
septembre 1856, p. 72.)
M. Félicien de Sdulcy nous communique une inscription qu'il vient de copier sur une pierre triangulaire découverle à Arlon, près de Luxembourg. Elle est ainsi conçue :
DM