‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 121 sur 173 · CONJECTURE · texte numérisé non relu

CONJECTURE

SL'H L OHIGIN'E

DE L'IMPÉRATRICE MARCIA OTACILIA SEVERA.

( Extrait du Bulletin archéologique de rATiiEx.iît*M fiia.\çai>, 2« année, n» 10, octobre 1836, p. 73.)

« Olacilia Sévéra, femme de Tempereur Philippe, éloît fille de Sévérien, à qui cet empereur donna, en commençant à régner, le gouvernement de la Pannonie et de la Mésie. Quoique les historiens ne disent rien de l'origine de celte princesse, on peut cependant penser qu'elle éloit romaine. » C'est ainsi que s'exprime Beauvais, l'auteur d'une Histoire dfs empereurs romains^ qui est entre les mains de tous les antiquaires (l). Crevier, sans s'occuper d'Otacilie, avait dit on parlant de Philippe : « Il mit à la tète des troupes de Syrie d'une part, et de l'autre de celles de Mœsie et de Macédoine, L. Priscus, son frère, et Sévérien, son beau-père (2). » C'est une phrase qui nous parait calquée sur celle de Tillemont : <( Il fit Prisque, son frère, général des troupes de la SjTie, et Sévérien, son beau-père, de celles de la Mésie et de la Macédoine (3). » Tillemont s'appuie sur un texte de Zosime que Filippo Buonarroti entendait autrement, car il dit : « Zosimo chiama Serviano [sic) genero di Filippo (4). » Eckhel s'est

(1) Hi$t, abrégée des emp, rom, et grecs, des impératr.y des Césars^ des tyram et des personnes des fam. imp, pour lesquelles on a frappé des médailles, etr, Paris, 1167, iu-12, t. I", p. 400.

(2) Hist, des emp, rom. Paris. 1754, iu-12, t. X, p. 267.

(3) Hist. des emp, lôHl, t. III, p. 304.

(4) Osserv. islor. sopr. aie. medagl, Rome, 1698, p. 293.

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xallié à cette dernière opinion (1), qui est celle du traducteur latin de Zosime, Jean Leunclavius, et qui est aussi adoptée par Reitenieyer, dans son excellente édition, accompagnée de notes de Hcyne. Mais est-ce bien là la seule manière dont on puisse entendre le texte grec : 2e6T)piavô îà w xr^Serr^ Ta; ev MuT^axal MoxsBsvfa Buvajxeiç k-dTivj^s, (2)? Le mot xrj3e(mf|Ç signifie parent par alliance, beau-père, gendre, beau-frère. Aucun ancien n'a dit que Sévérien fût le père de M. Qtacilia, et l'assertion de Beauvais ne repose que sur le sens attribué par Tiilemont et Crévier au mot y-r^em^^î. Quoique Philippe ait pu être marié plusieurs fois, Tanalogie des surnoms nous porte à croire que c'est par Sévéra qu'il était allié de Sévérianus; mais ce dernier surnom étant un diminutif, il semble naturel qu'il ait été donné au frère de l'impératrice plutôt qu'à son père. La gefis Otacilia était ancienne à Rome ; un affranchi de cette famille, qui enseignait, au temps de Pompée, a mérité d'être rangé par Suétone au nombre des professeurs illustres (3). D'autres Otacilius ont concouru à l'érection de monuments élevés à Rome en l'honneur de Vespasien et d'Adrien (4). Nous retrouvons ensuite ce nom en Afrique. M. L. Renier a copié, dans les ruines de la basilique du Forum de Rusicade, deux belles inscriptions gravées pour un personnage important, Sextus Olacilius Restitutus, fils de Marcus, de la tribu Quirina, frère du pontife Marcus Otacilius Fructus, et luimême ayant rempli les fonctions de III vir^ à'œdilis quœstorue potestatis et S'atigur (5). Ce personnage qui appartient probablement à l'époque des Antonins, a laissé des parents ou des clients dans le pays ; une autre inscription très mutilée, copiée à Mon s par M. le commandant de Lamare, nous conserve le nom d'un Otacilius; M. Léon Renier a recueilli à Lambœse l'épitaphe de G. Otacilius Faustus ; le basrelief trouvé à Djémilah, et apporté au Musée du Louvre,

(1) hoct. mm. re/., t. VII, p. 332.

(2) Zosini., Historiœ, 1, 19; édit. Reitemeyer, Leipsîg, 1784, 8o, p. 2S. '

(3) De clar. rhetorr., 3.

(4) Gruter, Imcr, ant.^ ccxxxix, 3; ccxl et ccxm — ccxlix, 8; ccl.

(5) Imcr, rom. de VAlg,, p. 260, n»» 2172 et 2173.

T. II. "J-o

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