CONJECTURE SUR L'ORIGINE
montre un prêtre de Saturne, Q. Olacilius Felîx. M. de Clarac,
D»D'5-SQ OTACILiysFELIX SACERDOSETCELS^ACON
décrivant ce monument d'après un dessin inexact (1), a pensé que le personnage portant un petit animal était un ministre dos sacrifices, que Fenfant soutenant sur sa tète un coffret était nu, et que le quadrupède qui est près de lui pouvait être un bélier. Mais Texamen du bas-relief original fait bien voir que c'est la femme d*Otacilius, Celstîia conjux, qui se tient debout près de Tautel, sur lequel le sacerdos pose la main. Le buste de Saturne placé au-dessus est tout à fait semblable à celui que d^autres bas-reliefs du même pays représentent accompagné de l'inscription SATVRNÔ AVG, et la victime est un taureau, circonstance sur laquelle nous aurons lieu de revenir dans un autre travail. En aucune contrée, le culte de Saturne n'a laissé autant de traces que dans la Mauritanie; non seulement on y 'a retrouvé des monuments représentant
Cl) Mus. desculpt,, ï, 11^ p. 1244, d« 6.
DE L'IMPÉRATRICE MARCIA OTAGILIA SEVËRA. 387
c& dieu, avec ou sans nom; mais on y copié d'assez nombreuses inscriptions de personnages qui s'intitulent Sacerdos Sahimi; et si Ton examine les textes épi graphiques, appartenant à cette région de rAfrique, publiés par Shaw, Clar^c, MM. L. Renier, de Lamare et autres, on reconnaîtra que la religion locale avait multiplié d'une façon extraordinaire les noms Satuminiis et Satiirnina (1).
Or, Sextus Aurelius Victor nous apprend que le fils de Philippe se nommait Caïus Julius Satuminus (2). Les médailles frappées à Perga de Pamphylie donnent en outre à ce jeune prince le nom de Severus (3). Cependant ces noms ne se rencontrent ni sur les monnaies de coin romain, ni dans les inscriptions latines. Mais ce n'est pas là un fait bien étonnant. Quand les empereurs ont jugé convenable de changer de nom, soit par suite d'adoption, soit pour dissimuler leur origine, les monuments officiels se conforment à cette volonté et taisent les anciennes appellations. Ainsi, Auguste a quitté le nom de C, Octaviantis, Tibère celui de Claudiofius, Néron celui de L. Domitius^ Nerva celui de M. Cocceius, Trajan ceux de Jf . Ùlpius Crinittis, Antonin ceux à' Aurelius Fulvus Boionius ArrtuSj Marc-AurëLe ceux à'Annius Vents, Lucius Verus ceux de Ceionius Commodtts, Caracalla celui de Bassianus, Élagabale ceux de Varius Avitus Basstanus, Sévère-Alexandre ceux, de Bassianus Aleananus, et c'est par les historiens que nous l'apprenons.
On sait aussi que la mémoire de Septime Sévère était révérée dans la Mauritanie : ab A fris ut Deus habetur (4), que la
(1} Voy. de ShaWy i743, t. I«^ p. 130, 147, 158, 225, 232. — Clarac, Musée de sculpi., p. 1264 à 1323, n«> 1, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 29, 46, 58, 82, 85, 89, 140. — Lamare, Explor. de tAlg,, pi. 53, u« 8; pi. 93, n« 3; pi. 177, n» 3; pi. 184, n»» 1 et 3; pi. 183, n» 2. — Léon Renier, Insa\ rom, de VAlg, Dana lea sept premières livraisons de cet ouvrage, les seules publiées jusqu'à présent, nous avons relevé cent douze inscripUons dans lesquelles figurent les noms de Saturnlnus ou de Saturuina.
(2) Epitomej2%.
(3) Mionnet. III, p. 467, n»» 116 à 118. — VII, suppl., p. 57, n»« 143, 146. — Cat, \V. de Wellenheim, I, p. 275, n» 6139.
(4) iEl. Spart., Sev. imp.j 13.