NUMISMATIQUE IBÉRIENNE
Ce qu'il faudrait décider, c*est la question d'ori^ne de Salmantica. Si la ville a été fofidée par les Celtes ou les Ibères, il y aurait sans doute une grande probabilité pour raspiration. Catulle et Strabon reprochaient aux Espagnols la dureté de leurs aspirations. Dans la langue moderne, nous trouvons le résultat de cette tendance à changer les sifflantes en aspirées ; de Salo Jalon, de Saetabis Xativa, de Sucro Xucar, de $apo jabon, de simius ximio, de semis jeme, de rosetis rojo, de capsa caja (1), etc. C'est encore cette disposition organique qui a fait attacher un e à tous les mots qui en latin commencent par une S suivie d'une consonne, comme escama de sqaama, escudo de scutum, estertl de sterilis, espasmo de spasmus, espifia de spina, espejo de spéculum, etc. Ce sont là des questions qui ont leur importance ; dans l'état d'avancement de nos connaissances philologiques, un échange constant équivaut à l'identité lorsqu'il s*agit de comparer des noms transcrits par des peuples appartenant à des branches diverses de la même race.
Plus tard nous reviendrons sur le livre de M. Boudard, lorsqu'il sera achevé ; en attendant, nous serions heureux que l'annonce faite ici engageât les numismatistes qui ne sont pas encore en relations avec ce persévérant antiquaire, à lui communiquer les variantes des légendes ibériennes qu*ils pourraient connaître. Leur concours s'adresserait à un ou\Tage éminemment utile.
(i) Il est à peiae nécessaire de rappeler que la joia (j) et la equis (x} expriment des aspirations tellement fortes, que notre alphabet est impuissant à les reproduire.
Restitution du nom d'ORlGANlO dans une inscription de Limoges où F on voyait le nom de Jésus.
(Extrait da Bulletin de la Société det Antiquaires de France pour 1858,
pp. 125-127, séance du 21 juillet 1838.)
M. de Longpérier a la parole pour une communication. Dans une visite récente qu'il a faite à Limoges, il s'est occupé des inscriptions antiques et du moyen âge conservées dans cette ville. Une inscription, encastrée dans le mur d'une maison de la rue des Allois, près de la cathédrale, a surtout excité son attention ; cette inscription a été diversement interprétée par les écrivains qui l'ont relevée. Elle se trouve déjà dans le manuscrit de l'abbé Legros, intitulé : Essai historique sur Limoges, 1775, et dans le recueil également manuscrit de Beaumesnil ; enfin dans la Feuille hebdomadaire de la généralité de Limoges, année 1781. Elle a été depuis reproduite par M. Allou dans sa Description des monuments de la Haute- Vienne (1821), et par M. l'abbé Texier dans son Manuel dépigraphie. Le texte en a toujours été donné ainsi :
lAESV
ORIGANI