‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 131 sur 173 · DANS UNE INSCRIPTION DR LIMOGBS · texte numérisé non relu

DANS UNE INSCRIPTION DR LIMOGBS

ganus que cette épitaphe est connue dans le pays. Mais il faut observer que les noms gaulois terminés on o, onis, sont fort nombreux : Gobanitio, Divico, Vassedo, VirilUo, Brigio, Senirio, Sapalin, SttriUio, Casibraiio, Satologio, Flaniggo, Bilcaisio, Bolmio, Magio, Gobannilno, Atimitio, etc. M. de Longpérier en citerait cent, au besoin, pris tant dans les textes que sur des monuments. C'est donc le nom Origanio au génitif qui termine l'inscription limousine.

LARISSA EPHESIA

(Extrait du tome III, nouvelle série de la Revue numismatique, 1838,

pp. 447-450.)

Le nom de Larissa, dit Strabon, est commun à plus d*un lieu. On connaît La?nssa, bourg silué sur l'Ossa; Larissa j dite Crémasté et Pélasgia; Larissa^ de Crète, dont les habitants sont aujourd'hui confondus avec ceux d'Hiérapytna, mais d*où la plaine Larissienne, sise au-dessous de cette dernière ville, tire sa dénomination. Dans le Péloponèse, Ton appelle Larissa la citadelle des Ârgiens ; Larissus, le fleuve qui sépare le territoire d'Elea d'avec celui de Dymé ; et Théopompe place sur cette frontière une ville de Larissa. En Asie, nous trouvons Larissa - Phricânis , près de Cymé : Larissa y voisine d'Hamaxitus, en Troade; Larissa VÉphesierme, xxl il; 'E(pea{a Aapiacrx.... puis encore une Larissa pélasgique, située à 30 stades au-dessus de Traites, vers le temple de la Mère- Isodrome, sur la route qui mène au travers de la Mésogée, à la plaine du Caystre ; et cette dernière Larissa^ dont le site« par sa nature et ses avantages, ressemble à celui de Larissa Crémasté (car son territoire abonde en sources et en vignobles), est vraisemblablement le lieu d'où Jupiter Lârissien a pris ce surnom. Enfin, sur la gauche du Pont, il existe aussi un bourg appelé Larissa^ entre.... et...., près des extrémités du mont Hsemus (1).

(1) Geog,^ lib. IX, p. 440. On sait combien ce passage est mntilé dans le texte le plus ancien copié par tous les manuscrits connus.

Larissa ephesiâ. 413

Dans un autre endroit, Strabon examinant à quelle Lainssa pouvaient appartenir les Pélasgcs qu'Hippothous avait conduits au secours de Troie (1), cite les trois villes qui étaient le plus voisines de la Troade; c*était Larissa qui est près d*Hamaxitus, Larissa voisine de Cymé; enfin, dit-il, « la troisième Larissa, située dans la plaine du Caystre, est un bourg appartenant au territoire des Éphésiens. Ce fut jadis une ville avec un temple d'Apollon Larissène : TpiTïj iï Aap'.jja, xiiixij zf^ç 'E^jeciaç ev TÔ KauTcpio) Xc3{(i> * îjv çajt i:6X'.v Orap^at irpiTspov, ï'/p\)7x* xal To Upov 'AxoXXwvoç AapijjTjvoD. Elle est moins éloignée du Tmolus que d'Éphèse, dont elle est & 180 stades, en sorte qu'elle appartient plutôt aux Méones; mais par la suite, les Éphésiens, devenus plus puissants, enlevèrent aux Méones, que nous appelons aujourd'hui Lydiens, une grande partie de leur pays. Ainsi cette Larissa ne peut pas non plus être celle des Pélasges, mais bien plutôt celle dont nous venons de parler.

En effet, nous n'avons pas de preuves suffisantes de l'existence de cette Larissa de la plaine du Caystre, au temps de la guerre de Troie, pas plus que nous n'en avons de celle même d*Éphèse ; tandis que toute Fhistoire des colonies iEoliennes fondées peu après cette guerre, prouve qu'il y avait une ville de Larissa près de celle de Cymé (2) .

. C'est à Larissa Ephesia que nous parait appartenir incontestablement la monnaie de cuivre dont nous publions ici la figure. Cette pièce représente, d'un côté, la tète laurée de

V Apollon Larissène^ tournée à gauche ; au revers, avec la

(1) Iliad.y U, vers 840-3.

(2) Geo//., lib.Xni, p. 620.

414 LARISSA EPHESIA.

légende AAPL.AIÛN, Diane vêtue d'une tunique succincte et d'un péplus; le bras gauche tendu en avant, la main droite ra* menée près de l'oreille, dans l'attitude d'un archer qui décoche une flèche. Cette ligure, accompagnée des lettres E$, se voit sur une monnaie de bronze frappée à Ephèse (1). On connaît assez les belles monnaies d'argent de cette ville qui ont pour type une tête de Diane complètement grecque, copie, bien probablement, de la statue principale du temple qui comptait au nombre des merveilles du monde. Cette Diane n'avait aucun rapport avec la ligure symbolique en forme de gaine que l'on considère, à tort selon nous, comme une image bien ancienne, et qui nous parait une œuvre de la décadence mythologique comme toutes les statues qui aCTectent la même forme : la Junon de Samos, la Venus d'Aphrodisias, Éon Léontocéphale, etc.

Ce n'est point ici le lieu où doit se rencontrer une disserta^ tion compendieuse sur l'histoire de la statuaire ; mais on nous permettra cependant de déclarer que nous considérons comme fabuleux tous les détails donnés sur le tronc d'arbrç à peine dégrossi qui aurait été chez les Grecs le point de départ de la sculpture. C'est une théorie faite après coup par des écrivains qui prenaient des tombeaux égyptiens ou phéniciens pour des statues. Mais les images des morts ou les hermès quadrangulaires ne doivent pas être confondus avec des statues primitives : celles-ci, quelque grossières qu'elles puissent être, n'en montrent pas moins une intention de mouvement qu*on n'apprécie pas toujours lorsqu'elles sont vues de face. A ce sujet, nous ferons remarquer que c'est tout à fait sans motifs qu'on a cru voir sur un denier de la famille Hostilia une représentation de la Diane d'Éphèse. Quant à cette dernière, telle qu'elle est gravée au revers d'un statère d'or d'une époque très récente et sur les monnaies impériales, c'est une de ces compositions symboliques que les Grecs aimaient à montrer aux Romains comme l'expression de leurs vieilles croyances ;

(1) MioDuet, Descript des méd, ant., t. UI, p. 89, n» 215.

LARISSA EPHESIA. , 4iS

mais c'était une iigure archaïque et non antique. Nous nous proposons de revenir ailleurs sur ce sujet avec les développements qu'il comporte.

La monnaie attribuée par nous t Larissa Ephesia app&rlicnl au Cabinet des médailles de la Bibliothèque impériale, où nous l'avons étudiée et classée en 1844.

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