‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 132 sur 173 · MONNAIES GAULOISES · texte numérisé non relu

MONNAIES GAULOISES

A LA LÉGENDE ROVECA.

( Extrait da tome IV, nouvelle sério de la Revue numismatique, 1859,

pp. 100-103.)

M. E. Hucher l'a fort bien dit dans sa lettre à M. le marquis de Lagoy sur la numismatique gauloise : « La science n'est pas pressée, elle procède à pas lents. » Nous ne voudrions pas lui faire quitter cette sage allure , en essayant de trancher une question qui à nos yeux même reste fort douteuse; mais nous nous permettrons de soumettre au lecteur quelques observations qu'il pourra joindre au dossier de notre antique monnaie nationale.

Les monnaies à la légende EPENOS-CTTHNOC que Ton trouve fréquemment à Meaux paraissent porter un nom d'homme ; c'est un nom dont à la vérité nous n'avons pu constater la présence dans aucun texte historique ou épigraphique, et nous nous sommes parfois demandé s'il ne se trouvait pas caché dans une f»usse transcription, qui aurait produit le I ATI NON dont Ptolémée seul fait la ville des Meldes. Nos monnaies gauloises portent l'ethnique masculin que nous considérons comme le nom du Genius îoci^ du Sf^piG?. Entre CHHNOC et lATINOC, la différence n'est pas telle qu'elle n'ait pu être produite par un copiste ; elle paraîtra moindre, encore si on tient compte de la prononciation I de TH, de la forme prolongée que les calligraphes donnaient à la barre supérieure du n. Mais ce ne sont là que des hypothèses.

MONNAIES GAULOISES A LA LËGENDE ROVECA. 417

On remarquera que les monnaies ii la légende ROYECA présentent, comme celle d'EPENOS,une transcription grecque. C'est un lien de plus entre toutes ces pièces que Ton recueille dans le même territoire. Si nous étions bien fixés sur la valeur du mot EPENOS, nous pourrions plus facilement discuter celle de ROVECA.

La forme de ce nom, en effet, ne nous guide pas suffisamment. Nous connaissons le nom d'homme SVICCA sur une médaille des Gaulois de Pannonie, INDERCA dans une inscription de Bordeaux, PRY0CA dans une inscription de Metz; les vases de terre enduits d'une couverte rouge nous fournissent les noms des potiers CABVCA (Windisch) et CABVCCA (Autun), TOCCA (le Châtelet, Paris, Nimègue), LVCCA (Colchester), MERCA (Voorburg), RICA (Nimègue), RIVICA (Londres), VECA (Saint-Remy), etc.

Mais parmi les noms de lieux, nous rencontrons Soliman riaca, et Atuatuca des Éburons, Caranusca entre Metz et Trêves, Ariolica près Orbes, et Artiaca près Troyes, Aspaluca près Oloron.

TVROCA même, inscrit sur une monnaie d'argent, pourrait bien être un nom de lieu, puisqu'il se lit au revers de YIRODY qui a l'apparence d'un nom d'homme (Cf. le nom du gladiateur gaulois YIRIOD, tracé sur une muraille de Pompéi près de celui de VIRIOTAL que nous retrouvons écrit VIPO- TAL [Vtrotal] sur une monnaie gauloise) (1).

La géographie des Gaules nous fournit encore Tasciaca, Baudobrica, Cerebelliaca, Yindausca, Bonconica, Catuiaca, Darentiaca, Manuesca, Petinesca, Curmiliaca, Robrica, etc.

Maintenant, qu'on nous permette de reproduire une note que nous avons insérée dans le n^ du 15 août 1845 de \GiHevue archéologique (p. 815).

« Un vigneron de Vendrest (canton de Lizy, Seine-et- Marne), en enlevant quelques pierres de grès, trouva dans le

(1) Raffaele Garruccl, Inscript gravées au trait sur les murs de Pompéi ^ 1834, p. 43» pi. IX, D<» t. — Aev. num.) 1856, p. 84 (p. 402 du présent volume). Oa remorque le paralléliame des formes VIRIOD-VIRODV et VIRIOTAL- VIROTAL.

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