MONNAIES A 1,'EFFIGIE DE TRAJAN PÈRE
(pi. IX, n** i, 2 et 3) d'une tète de vieillard qui ne peut être confondue avec celle de Trajan. Jusqu'ici nous ne conoaissons qu'un seul antiquaire, J.-C. Schlœger, rédacteur du Catalogne de la collection Burckard (1), et ce n'est pas une grande autorité, qui ait attribué ce portrait k Trajan lîls (nihil diotum quod non dictum prius); son opinion n'a été acceptée par personne.
Nous ne voyons donc, quant h présent, aucune nécessité de retrancher le portrait de Trajan pître de la série iconographique romaine.
(1} Numophj/laeium Burekar4iamim, Helmaestadi, lltB, pan prima, p. tt.
Antony IticH, - Dictionnaire des antiquités romaines et grecques, accompagné de 2,000 gravures d'après Vantique, représentant tous les objets de divers usages d'art et d'industrie des Ch'ecs et des Romains. Traduit de V anglais sous la direction de M. ChérueL Un volume petit in-S*» de 740 pages à deux colonnes. Paris, 1859.
COMPTE RENDU
(Extrait du tome IV, nouvelle série de la Revue numismatique, 1859,
pp. 260-265. )
Bien que la Revue ait dû s'interdire les comptes rendus d'ouvrages consacrées à toute branche de Tarchéologie autre que la numismatique, cependant nous avons cru pouvoir accorder une mention exceptionnelle au Dictionnaire de M. Antoine Rich. C'est, nous le pensons, que l'usage de ce livre rendrait un grand service à ceux qui s'occupent des monnaies anciennes. Il arrive souvent que les numismatistes, lorsqu'ils ont à décrire des monnaies gauloises, romaines ou grecques, ont recours à des périphrases, à des explications plus ou moins obscures pour désigner certains objets, certaines figures, armes, coiffures, vases, costumes, etc., qui pourraient être représentés par un seul mot, c'est-à-dire par le nom antique. Us le trouveraient dans le Dictionnaire. La lecture des textes latins deviendrait aussi, grâce à cet ouvrage, plus claire, plus attrayante pour beaucoup de gens studieux, qui ne possèdent pas un grand nombre de livres d'archéologie à figures. C'est donc dans l'intérêt des études numismatiques que nous conseillons l'emploi du Dictionnaire dont M. Cbéruel vient de surveiller la traduction. Ce livre donne, à côté de la définition du terme, ou de la description des objets, une figure choisie, en général, avec intelligence et bien dessinée* L'auteur s'accuse dans la préface d'avoir introduit dans son
4ii DICTIONNAIRE
recueil cinquante dessins, pris sur des originaux étrangers à Rome et à la Grèce, c'est-à-dire appartenant à TÉgyple, à la Chine, à TEurope et à l'Asie modernes. Nous avons pu nous assurer que ces emprunts n'atteignent même pas le chiffre indiqué.
L'écrivain distingué qui a présidé à la traduction française n'est malheureusement pas archéologue; il s'est donc borné à nous donner un équivalent fidèle du texte anglais, sans y apporter d'améliorations. Il eût été cependant facile de corriger les passages que nous indiquerons ici :
APEX. 2* paragraphe. La gravure représente un casque, dont le large et épais cimier ne saurait être confondu avec Vapex qui est une pointe. Il eut fallu dire que ce lourd casque était exclusivement employé par les gladiateurs. La même remarque s'applique à l'article PROJECTURA.
AQUILA. La gravure empruntée à La Chausse ne représente pas une enseigne militaire, mais le haut d'un candélabre. On eût pu trouver dans la galerie d'armes du Roi, à Turin, un superbe spécimen d'aigle romaine.
ASCAULES. Le joueur de cornemuse, copié d'après un bronze du docteur Middleton, n'est pas antique ; ce bronze est un ouvrage du xiv« siècle.
COLUMNA. 6® paragraphe. L'auteur, voulant donner la figure des colonnes d'Hercule, emprunte aux monnaies de Tyr un type qu'il n'a pas suffisaniment étudié. Ce type se compose des deux pierres ambrosiennes, entre un autel allumé et un olivier. Sur des monnaies d'Aquilia Severa et de Gordien, ces pierres sont accompagnées de leur nom, TTETPE AMBPOCIE. D'abord flottante, elles furent fixées par rinter\'entîon des dieux et servirent de fondement à la ville de Tyr. Le type des monnaies est parfaitement expliqué par un passage de Nonnus {Dionys.^ 1. XL, v. 467 à 477). Ce que M. Rich prend pour « la conque dont le maître du vaisseau sonnait pour annoncer son arrivée dans le port, » n'est autre chose que le murex ou coquille de pourpre qui se. voit sur tant d'autres monnaies de Tyr, et parfois avec le chien qui, suivant la Ira-
DES ANTIQUITÉS ROMAINKS ET GRECULES. 4*o
dition conservée par Palœphatc, amena la découverte du précieux coquillage.
FALCIFER . La ligure du Temps, ailé et armé d'une faux à longue lame, indiquée comme existant sur une médaille d*Héliogabale, est d'invention moderne. On trouve fréquemment cette figure sur les pendules de Tépoque de Louis XIV ; jamais sur les médailles antiques.
La faix de Cronos ou Saturne est une petite arme à fer très court et fortement recourbé. On la voit sur les deniers des familles Neria et Nonia; dans la main du dieu, sur quelques médailles romaines de Tépoque impériale, et sur celles des nômes d'Egypte Coptite et Arsinoïte. Une figure exacte en est donnée à 1 article HAMVS.
GRAPHIUM. La gi'avure, au lieu d'un stylet à écrire, représente une fibula vestiaria, ou broche destinée à fixer les vêtements. Cette confusion a été commise par Chiflet, dans son Anastasis Childerici régis. Mais personne, en France du moins, ne s'y tromperait maintenant. Depuis 1672, on peut, au reste, consulter le traité spécial : Johannis Rhodii de Acia dissertatio.
MURRHINA. Tout l'article est très défectueux ; nous n'avons pas à le refaire ici. On y trouve la figure d'un petit vase de porcelaine couvert de caractères chinois, et indiqué comme ayant été recueilli dans un tombeau égyptien. C'est là le résultat d'un erreur très répandue, nous le savons, en Angleten*e. Mais elle ne peut subsister en présence de la décou* verte faite par M. Medhursl, publiée par lui dès 1838. Les inscriptions chinoises, peintes sur les vases de cette espèce, forment des vers dont les auteurs sont parfaitement connus en Chine/et qui appartiennent au vm® siècle de notre ère. On conçoit dès lors que ces vases de porcelaine qui n'ont aucun rapport avec les vases murrhins ne peuvent remonter aux temps pharaoniques.
PRONUBA. L'auteur a négligé d'indiquer que c'est un surnom de- Junon. Il faudrait rectifier la description de la pronuba de noce aldobrandine, que le Dictionnaire indiqua comme portant un collier autour de la tète.