DICTIONNAIRE
SATRAPA. La ligure donnée en regard de ce mot représente non pas un officier d'un rang élevé, un gouverneur de province; mais un soldat ou doryphore de la garde du roi. M. Rich eût facilement trouvé le dessin dont il avait besoin, s'il avait consulté le savant ouvrage de M. le duc de Luynes, intitulé Numismatique des Satrapies^ Paris, 1846.
SESTERTIVS. Au lieu du dessin d'un sesterce, nous Irouvons celui d'une obole de Marseille, monnaie du système grec. L'auteur ajoute que les sesterces en aurtchalcum sont beaucoup plus grands; ce qui ferait supposer qu'il a vu quelquesunes de ces monnaies inconnues des numismatistes.
TVRIBVLVM. La véritable figure du thi/miatérion ou twibulum se voit sur plusieurs vases peints. C'était une espèce de candélabre surmonté d'une petite cuvette, recouverte d'un couvercle percé de trous à travers lesquels s'échappait la fumée odorante de Fencens. On en trouve une bonne représentation dans un mémoire de Raoul Rochetto sur les Antiquités chrétiennes; recueil de V Académie des Inscriptions et belles-lettres, t. XIII, p. 560.
Les observations que nous avons à faire sont, comme on voit, peu nombreuses, elles s'adressent à un ouvrage composé d'environ trois mille articles et renfermant plus de 1,800 gravures. (Il en est un certain nombre qui se reproduisent plusieurs fois, et nous ne comptons pas ces répétitions.) R faut reconnaître que la masse des bons renseignements recueillis par M. Rich est fort considérable et doit contribuer à singulièrement améliorer l'instiniction publique.
Il est cependant à regretter que, dans un dictionnaire de cette nature, la numismatique soit si peu et si imparfaitement représentée; on n'y. trouve pas les mots Chalcus, Diobolus, Dupondius, Numus^ Pecunia, Philippei, Pondo, Quadrussis, Quincussisj Scyphati, Serrati^ Solidus, Stater^ Tripofidiiis, etc.; mais ce sont nos lecteurs qui auront le moins à se plaindre de telles lacunes, puisque tous ces termes leur sont familiers. En revanche, ils puiseront dans le Dictionnaire de M. Rich une multitude de renseignements précis sur tous les objets dont se
DES AXTIQUIÏÉS HOMAINKS ET GRECQUES. 4iT
composent les types des médailles, qu'ils pourront mieux décrire, en donnant des noms exacts à tous les détail^ de costume, d'ameublement,'d'architecture, d'ornement, de jeux, de marine que les petites dimensions des monnaies antiques rendent quelquefois difficiles & saisir pour qui n'est pas guidé par une étude préalable des monuments de sculpture et de peinture que les siècles nous ont légués.
PHALÈRES (ÎRECQUES ARCHAÏQUES
(Extrait du Bulletin de la Société des Antiquaires de France pour 1859, pp. 75-76, séance du 9 février 1859.)
M. de Longpérier fait passer sous les yeux des membres de la Société une statuette de bronze, très antique, trouvée en Sicile. Cette statuette, qui a 0",29 de hauteur, représente un guerrier casque, les jambes armées de cnémides, les reins entourés d'un ceinture de métal attachée avec deux agrafes. Sur la poitrine on remarque trois disques fixés sur une sorte de bricole flexible, suspendue au cou par des courroies.
Le musée du Louvre possède, depuis longtemps, une plaque de bronze repoussée, composée de deux disques réunis et en* tourés à'une série de très petits trous, qui ont servi à coudre le bronze sur du cuir. M. de Longpérier avait considéré celle plaque comme ayant fait partie de phalères. Il se fondait sur une peinture de vase anliquc, monument trouvé dans lltalie méridionale et représentant un guerrier dont Tarmure est tout à fait semblable à celle de la statuette décrite plus haut. Sur ce monument, les plaquos circulaires sont au nombre de trois, et la couleur jaune, dont elles sont peintes, indique bien le métal, puisque cette couleur est aussi celle de la pointe de la lance, des cnémides et de la ceinture (i).
(1) Deux guerriers avec le même ajustemeut sont représentés sur an vase peint trouvé à Cumes, et appartenant an comte do Syracuse. Voy. MinenrîDi« Bollettinù archeol. Napolefano, 1857, lav. X, n» 167, et p. Ul.
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M. de Longpéricr présenlc à la Société la statuette, le vase et la plaque de bronze, et montre l'identité des ornements.
Ces phalëres grecques, de très haute antiquité, doivent être distinguées des phalères composées de pierres gravées, telles que celles qui sont exposées au Louvre, dans la galerie Charles X, et qui sont tout à fait scmhlables à celles que portent sur la poitrine les centurions M. Cœlius et Q. Sertorius Festus, dont les monuments sont bien connus des antiquaires (1).
(I] Voj. la Revue numiimatique, liW, pi. VI. où eodI réunies \e» figures de pierm gravées aynnt servi à composer des phalfrc«. — P. 119 du préseut Toluuie.