STATUES DE DIVINITÉS ORNÉES APRÈS COUP
une Victoire ailée. Cette figurine, trouvée à Limoges, avait la poitrine cachée par une plaque d'or triangulaire, dont ^eux pointes se recourbaient sur les épaules pour se rejoindre sur la partie postérieure du cou. Cette plaque grossière cachait une partie de la figurine, à laquelle elle n'adhérait en aucune façon; mais c'était une addition antique, et nous regrettons qu'on l'ait supprimée.
Il existe au musée des antiques de Turin un groupe de bronze composé d'une base quadrilatère avec degrés sur le devant, supportant une Vénus dont le buste est nu, tandis que la partie inférieure du corps est recouverte par une draperie que la déesse retient de la main gauche. De chaque côté, un peu en avant, sont placés des Éros-Harpocrates. Le bras gauche et le poignet droit sont ornés de bracelets formés de petites lames d'or grossièrement enroulées. La tête est ceinte d*une couronne de même métal, également posée après coup. La collection de M. le vicomte Hippolyte de Janzé renferme divei'ses figures de bronze présentant la même particularité.
Mais l'exemple le plus remarquable d'ornementation postérieure à la fabrication est celui que présente la grande figure de la Fortune, découverte à Saint-Puits, dans le département de l'Yonne. Cette statue de bronze, de 57 centimètres de hauteur, a été entièrement enveloppée de lames d'argent, sur lesquelles on a figuré des ornements dorés. La statue, dont on voit plusieurs parties aux endroits où les lames se soulèvent, est d'un bon style; mais Tenveloppe en altère toutes les formes. Ce n'est pas là certainement l'œuvre d'un artiste, et on est en droit de penser qu'un pieux adorateur a eu la singulière idée d'habiller richement la divinité qui lui avait été favorable.
Un autel trouvé dans le royaume de Naples, à Pentima, l'ancien Cor/inium^ et aujourd'hui conservé à Popoli, dans le jardin ducal, porte sur sa face principale l'inscription suivante (1) : ATTINI • ARAM ' LVNAM ' ARGENTI|P=- POSIT*
(1) Mommsen» Jnscî\ R. Nenp.^ n« 5354. La première iascriplion est répétée avec quelques variautes sur la face supérieure de l'autel.
P • MARIVSII PHARETRA * SACER, et celle-ci sur sa face latérale droite : ACCA * L * F ' PRIMA || MINISTRA ' MATRISll MAGNAE - MATREM || REFECIT ' MAGNAM || ET ' INAYRAVIT* ET • ATTI UNI • COMAM ' INAVl|RAVITET|tBELLONAM • RE- FECIT; et nous apprenons, par la première, que le prêtre Pharetra avait orné la statue d'Atlis d'une lune d'argent du poids de deux onces; par la seconde, que Primai après avoir fait refaire une statue de la Grande Déesse, Tavait fait dorer, ainsi que la chevelure de la statue d'Âttis.
Une autre inscription, découverte à Riez, en Provence (1), nous montre deux affranchis, Yalerius Symphorus et Yaleria Protis, offrant à Ësculape divers ornements, parmi lesquels figure un torques d'or formé de deux serpents (2) :
DEO AESCVLAPIO