EN FORME DE CHENILLES
(Extrait du Bulletin de la Société (les Antiquaires de France pour 18o9,
pp. 150-151.)
M. de Longpéricr a reçu d un antiquaire très distingue de Cork (Irlande), M. John Lindsay, deux dessins coloriés qu'il fait voir à ses confrères. Ces dessins représentent, suivant la légende qui y est jointe, deux antiques amulettes irlandais ; l'un a été trouvé en 1831 près de Doneraile (comté de Cork), et est conservé aclueUement dans le musée de Piltown (comté de Kilkenny); l'autre a été recueilli dans la terre près de Timoleague (comté de Cork), au mois d'avril 1343.
Ces <f amulettes » ont la forme de grandes chenilles d'environ 10 centimètres de longueur, ti'ès exactement imitées et incnlstées de verres de couleur. On pense en Irlande qu'ils ont été fabriqués comme préservatifs contre la chenille nommée cotiach. a Mais, ajoute M. de Longpérier, nous ignorons sur quelles données'cette croyance est fondée, et il se pourrait que ces chenilles eussent servi à décorer des fibules, comme un grand nombre do figmûnes émaillées représentant divers animaux, qui existent dans les musées archéologiques.
Il faut remarquer d'ailleurs que la chenille, à cause de la faculté qu'elle possède de ressusciter après avoir été transformée en chrysalide, comme un mort dans son linceul, a été prise pour symbole par les premiers chrétiens. On peut voir dans l'ouvrage du P. Oderici intitulé Dissertatioiies et aduoia-
462 FIBULES IIILANDAISES EN FORUE DE CHENILLES.
tiones m aliquol méditas velerum ùiscriptioties, etc., p. 254, no 91, une épitaphe ainsi conçue :
IN [CArtïio] BICTRIX a—.... (D QVAE VIXtT ANl....
au-dessous do laquelle sont figurés un monogromnic du Christ dans un nimbe, et une grande chenille.
(I) Le mot Chrîalo eetcipriiué par nu moDogramme.
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