PL. XI
n aurait manqué quelque chose à la brillante découverte du Sérapéum de Mempbis, cette nécropole des Osiris cachés ou Apis, longtemps cherchée par les antiquaires (i), si la numismatique n'eût pas été représentée parmi les innombrables monuments que les patients travaux de M. Auguste Mariette ont restitués à la lumière.
Mais notre savant ami a recueilli dans ses heureuses fouilles, outre un certain nombre de médailles ptolémiaques et impériales très connues, deux pièces de plomb que nous allons décrire, et qui sont, à ce qu'il nous semble, de nature à intéresser vivement tous ceux qui s'occupent de l'antiquité. La première, trouvée en 1853, offre les types que voici :
Apis portant un disque entre ses cornes placé sur une bari, tourné à droite, entre deux hermès ; devant lui, un autel; au-dessuSy une guirlande et un croissant ; dans le champ, un serpent urœus.
Revers, OBOAOI B. Isis debout, devant le Nil assis à gauche, tenant un roseau et une corne d'abondance. — Plomb. Musée duLouvre. (PL XI, nM.)
(1) Consultez Guigniaut, Le dieu Sérapis et son ofiginCy 1828, in-8*, et les mémoires de A. Mariette, dans le Bulletin archéologique de rAthensntm français^ 1855 et 1856.
MONiNAlËS DU SÉRAPÉLM DE MEMPHIS. ' L09
Lorsque cette pièce nous fut présentée, le caractère religieux de son type, Tabondance des symboles dont elle est chargée, le sens si clair de la courte légende qui les accompagne captivèrent notre attention ; nous étions persuadé que c'était là une monnaie véritable, frappée pour l'usage de cette nombreuse population qui s'était fixée autour de la tombe des Apis, et qui comptait dans son sein des artisans de toute sorte, pour ce marché aux herbes qui, suivant un papyrus grec du Louvre, se tenait à l'intérieur même du temple, to Opcor^Xisv to Û7dtp)(0v ev 'ztù XJT<|> hpîù (1).
La présence d'une figure du Nil, de deux hermès qui remplacent probablement Phtah et Ammon, indiquent l'époque romaine, un temps de décadence ou du moins de transformation extérieure des symboles religieux. L'urœus bien caractérisé donne raison à M. Birch, qui avait proposé de reconnaître ce reptile sacré dans le petit serpent placé sur la main de la figure d'Isis, que représentent les monnaies du nôme Memphite (2).
Sur les monnaies de ce nôme frappées pour les empereurs Trajan, Adrien et Antonin, on voit alternativement Apis accompagnant Isis, Apis seul, le buste de la déesse (3). D'autres médailles impériales sans nom de lieu, mais qui paraissent frappées à Alexandrie, représentent Apis portant quelquefois sur le flanc la figure d'un croissant (4) ; un petit autel est placé devant le bœuf sacré.
Quoique le diobole de plomb ait tous les caractères qui peuvent faire croire à son origine memphitique, il manquerait cependant une preuve directe, irréfragable qui soit de nature à convaincre les numismatistes, si nous le présentions isolément.
(1) Brunet de Preale, Mémoire sur le Sérapéum de Memphis, 1832, ia-4».
(2) Numismatic chronicle, 1839, n» VI, t. lï, p. 98.
(3) Tochon d'Anoecy, Méd, des nômes d'Egypte, p. 134, 137, 138. — Zoêga, Nttmi JegypL^ tab. XXI, n^ 9. — G. di San Quinlino, Descriz. délie med, dei Nômi del A. Museo di TorinOy p. 12. Sur la médaille de Turin, l'Apis a le cou décoré d'une guirlande.
(4) Zotiga, Numi xgyptt^ Doniitien, tab. IV, u» 3; Adrien, tab. Vll, u^ 21 ; lab. VIII, no 8.
En 18S8, M. Mariette découvrit une seconde pièce de plomb qu'il nous envoya, et sur laquelle nous trouvâmes le mot qui devait confirmer notre attribution, le nom de Mempbis, dont les éléments sont semés dans le champ d'une façon fort singulière .
Nous plaçons ici la description de ce second monument, que nous pouvons considérer comme une obole^ en raison de son module :
M€M0IC. Déesse debout devant Apis, porté sur une bari et tourné à gauche.
Itevers. Isis debout devant le Nil, assis à gauche. — Plomb. Musée du Louvre. (PI. XI, m 2.)
Ici, plus de doute; nous avons, non pas le nom du nômc Mempbite, mais celui de la cité même. Cette seconde pièce, liée si étroitement par ses types à la première, précise le lieu de leur commune origine.
La femme voilée, placée en regard du bœuf sacré, pourrait fort bien être, sous une forme romaine, la mère d*Apis, que de nombreuses stèles représentent accompagnant son divin fils, ainsi que Ta fort ingénieusement démontré M. Mariette ^1).
Mais la série ne s'arrête pas là; elle s'accrott de trois autres pièces de plomb qui ont fait partie de la riche collection Fontana, de Trieste, et que Sestini a publiées à la suite des monnaies du n6me Mempbite (2).
A. — MEM0IC en ligne courbe. Apis portant un globe entre les cornes, tourné vers la gauche; devant lui, Isis debout, tenant un serpent de la main droite et une croix ansée de la gauche ; à ses pieds un autel.
Itevers. Le Nil assis, tourné à gauche, tenant un roseau de la main droite et une corne d'abondance de li^ gauche ; une femme debout lui présente une couronne. — Plomb 6.
B. — Le Nil couché, tourné à gauche, vu à mi-corps, tenant
(1) Mémoire sur la représentation gravée en tête de quelques proscynèmes du Sérapéum, 1836, in-4».
(2) Descriz, d'oie, med, greche del Museo Fontana, part. lï, tab XI, n»» 22, 23, 24, p. 93 et 94, n»> 26, 27, 28. Les descriptions de Sestini sont tradaites par Miounet, SuppL, IX, p. 161.
TROUVAILLE DE MYT-RAHINEH. 511
de la main droite une tige de lotus (?) et de la gauche une corne d'abondance.
Revers, L.l (an 10). Les Dioscures debout, appuyés sur leur haste; la tète surmontée d'une étoile. — Plomb 4.
C. — Apis porté sur une bari, ainsi qu'une figure de divinité debout; dans le champ, un astre.
Revers. Sérapis assis sur un tr6ne, tourné à gauche, appuyé sur son sceptre; devant lui, Isis debout. — Plomb 4.
La pièce A est une variété de notre n* 2; elle en diiTëre par la disposition de la légende et par quelques autres détails au sujet desquels nous ne voudrions pas trop insister, tant il est difficile de compter sur la fidélité des dessins et des dénominations fournis par Sestini. C'est cependant à Taide de ces seuls dessins que nous donnons la description qui précède.
Les pièces B et C sont, nous le pensons, des hémioboles; le Nil en buste indique une division monétaire; et le module convient à la valeur relative que nous adoptons.
Notre série sacerdotale comprend donc, jusqu'à présent, le diobole, V obole et V hémiobole.
L'indice de valeur OBOAOI B (Suco) se rapporte à une monnaie eifective et non à une tessère ; les exemples de valeurs inscrites en toutes lettres sur des monnaies grecques sont assez nombreux.
On peut citer ;
ASpaxtiLsv sur une monnaie d'argent de Néron attribuée à Césarée de Cappadoce, et sur une monnaie de cuivre de Rhodes ; Ap^xiii sur un bronze de Byzance ; 'Adffipu Tpta, 'Affffapia Suco, 'Affaapiov vjijii^u, 'Affjipisv, *H{ji{2e97aptsv sur des bronzes de Ghio ; TptiSoXG à Samothrace ; 'OeeXiç à Métaponte ; 'OôsAs; et *Hji.tc65[Xcv] à Chio ; ^HixiéêêXtv sur un moyen bronze d' Jilgium d'Achaïe ; AixaXxcv à Chio ; Xa/acD; à Antioche de Syrie (1).
Quand on examine la série de pièces de cuivre frappées à Chio, on reconnaît facilement que les cinq indications de
(1) Eckhel, DoctntiQy t. I, p. xxxviii. — J. KofoU Whitte, De rebtis Chiorum public, CopeDhagae, 1838.
valeur correspondent très clairement au module relatif des monnaies.
Il faut bien distinguer la monnaie du nôme, frappée avec la tète de Tempereur et le nom de la division administrative, de nos plombs qui ne présentent aucun type politique, quoique fabriqués bien évidemment pendant la période impériale ; ce qui ne peut s'expliquer si Ton n'admet pas que ces monnaies de plomb au type exclusivement religieux appartenaient en propre au sanctuaire d'Apis. D'ailleurs, l'inscription Msii^*^ désigne le lieu, et, placée au-dessus du bœuf sacré, équivaut, dans le laconique système de la monnaie égyptienne, à ces mots : Sérapeum de Memphis. La ville même n'aurait pu, sous le règne des empereurs, s'attribuer un droit autonomique en concurrence avec l'autorité du gouverneur romain.
Pausanias décrivant les rites observés par ceux qui consultaient l'Hermès de Pharse en Achaïe, nous apprend qu'il fallait déposer sur l'autel placé à la droite du dieu, une monnaie frappée dans la ville^ véfjitoiia sxt^^coptov ; cette monnaie était un XaXxcuç ou pièce de cuivre ; et à la fin de son récit il ajoute : La même manière d'interroger l'oracle s'observait chez les Egyptiens, au temple d'Apis (1). Il est possible que la comparaison ne s'applique pas exactement à tous les détails de la cérémonie ; cependant il est assez probable que le dépôt de l'offrande avait partout le même degré d'importance, si toutefois ce n'était pas la base de l'institution des oracles. Le vs^uTiia exigé à Pharae devait être également réclamé à Memphis, et cette circonstance nous parait appuyer encore l'opinion que nous avons exposée au sujet de nos monnaies de plomb.
A ces monnaies du Sérapeum de Memphis, une frappante communauté de type rattache la pièce suivante, donnée au Musée du Louvre par M. Louis Batissier, vice-consul de France à Suez.
Buste d'Isis tourné à droite; la tête de la déesse est surmontée de cornes de vache et d'un globe; de la main droite elle tient un vase à libation.
(1) Lib. VII, cap. xxii, 3, 4.
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Revers. Buste barbu du Nil tourné à droite; le dieu tient un roseau; une corne d'abondance est placée près de son épaule. — Verre blanc. (PI. XI, n» 3.) Le bord du coin a touché le verre en avant do la tête dlsis, alors que le fl.an était encore chaud et y a imprimé une double ligne courbe, qu'il ne faut pas confondre avec le type.
On remarquera que sur des petits bronzes du nôme Memphite, le buste dlsis figuré au revers de la tête d'Adrien (1). Le module de notre verre rend l'analogie frappante, et nous pensons que sa fabrication ou, qu'on nous permette de le dire, son émission remonte aussi au second siècle.
Nous espérons que les archéologues ne se refuseront pas k voir avec nous dans celte pièce de verre y portant une empreinte sur chacune de ses faces, une véritable monnaie.
Sans entrer ici dans les développements que cet article ne comporte pas, il nous suffira de rappeler que les Arabes d'Egypte et de Sicile ont fait usage de monnaies de veiTe (2). Il existe un certain nombre de ces pièces au département des médailles de la Bibliothèque impériale; le Musée du Louvre t^n possède une grande quantité. Les monnaies de verre byzantines, sans être aussi communes, permettent cependant de constater l'emploi de cette matière fragile, à l'époque où TÉgypte obéissait encore aux empereurs.
Quelque singulier que cela puisse paraître au premier abord, nous pensons qu'après examen, on reconnaîtra que l'usage de la monnaie de verre remonte en Egypte jusqu'au Haut-Empire. La numismatique, dont le cercle tend sans cesse à s'élargir, admet, par suite de récentes découvertes, des faits plus extraordinaires que celui-là.
(1) Tochon, NômeSf p. 137, no» 5 et 6.
(2) Assemuni, Mus. cuf, iVcin., 2« pari., p. 121, pi. Vllf. — Adler, Mus. cuf. Borg. Velilr., p. 17, pi. VI, n*» 57 et suiv. — Torremiizza, Ant, inscriz. di Palemw^ p. 410, note de Domenico Schiavo. — 01. Gerh. Tychsen, fntrod. ad rem num. Moham., p. 149, tob. Hî, n» 38. — Pietraszewski, Numi Mohammed^ p. 97. — Sawaszkiewicz, le Génie de VOrieni commenté par les mon. monél.y p. 96, pi. 1, n*" 5 à 10. — Frœho, Recens, num. Mohamm. acad, Petrop.^ p. 621. — Mus. Munlerianum, Copenhague, 1839, pars III, p. 160. — • Ant. Delgado, Cat. des monn. de la collection Lorichs, n» 4857. — Dubois, Catal. de la collection Mimaut, n^ 576.
Tr OUI aille de Myt-Rahineh.
Au mois d^aoùt 1860, les ou\Tiers qui fouillaient sous la direction de M. Auguste Mariette découvrirent dans le sol de Memphis, entre Bédrachem et Saqqarah, près du temple de Phtah, au lieu nommé actuellement Myt-Rahineh^ un ensemble d'objets qui ne pouvait provenir que d'un atelier d*orfe>Te : soixante oques (73^^,320) de lingots d'argent aplatis au marteau, un simpulum d'argent dont le manche vertical, recourbé en crochet, avait reçu des coups de marteau qui en ont altéré la forme et montrent que l'ustensile était destiné à être ouvré; un vase d'argent de forme sphérique, en voie de fabrication ; ce vase, ainsi que deux autres qui étaient terminés, sont de travail égyptien, et ne peuvent être confondus avec les objets condamnés à la fonte. On recueillit encore un creuset de terre, une chaîne de cuivre, vingt-trois monnaies plus ou moins entamées par le ciseau, et un assez grand nombre de fragments de monnaies coupées sur lesquels on n'a distingué aucun type* Toute la trouvaille est allée enrichir le musée déjà si précieux fondé par Son Altesse Saïd Pacha, vice-roi d'Egypte, magni* fique institution qui, grâce au talent avec lequel M. Mariette en poursuit l'établissement, est appelée à rendre d'immenses services aux sciences historiques. Notre savant ami, qui, ayant consacré toutes ses forces à l'étude de l'archéologie égyptienne à laquelle il a fait faire de si grands progrès, n a pu s'occuper de numismatique, a bien voulu nous apporter les vingt-trois monnaies recueillies par ses soins à Myt~Rahineh, et, après les avoir débarrassées en partie de la croûte de sulfure qui les recouvrait, nous avons pu prendre une exacte description de ces monuments, dont un premier examen nous avait déjà fait reconnaître la provenance et l'âge. Le lecteur sera comme nous frappé de l'intérêt qui s'attache à une série de monnaies contemporaines, présentant une grande variété de types, et appartenant aux premiers temps du monnayage, au siècle d'Amasis, de Crésus, de Cyrus et de Pisistrate. Mais la numismatique grecque a été si peu cultivée depuis quelques
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années qu'elle demeure maintenant en arrière de toutes les branches de notre science ; de sorte que non seulement les pièces inédites soulèvent deà questions difGciles à résoudre, mais qu'on a souvent grand'peine à trouver des secours efficaces parmi les médailles publiées, les suites antérieures à notre ère ayant presque touteâ besoin d*être revues et coordonnées.
MARONEA THRACLE.
N** i. Cheval à droite. (La tète seule subsiste.) Revers. Carré creux dans lequel paraissent quelques rayons informes. Fragment; pièce très globuleuse. — AR. 5. Poids^ 5R%60.
Quoique nous n'ayons ici qu'un bien petit fragment sous les yeux, nous croyons devoir l'attribuer à Maronéc. La tête de cheval n'a pas le style corinthien, et le carré du revers convient tout à fait à la Thrace. On peut voir une pièce du même travail, mais d'un plus petit module, dans le recueil publié par M. le général Ch. Fox : Engravings of unedited or rare greek coinSy i^ part., pi. V, n° 48.
MGM MACEDONIiE.
No 2. Chèvre agenouillée, tournée à gauche.
Revers. Carré creux grossier. — AR. 4. Poids, Gs^lO.
Cette pièce est plus ancienne que celle dont Cousinéry a publié la figure (Voyage en Macéd.^ t. II, pi. V, n« 4); son revers la rapproche d'une autre monnaie classée par le même auteur sous le n° 2, mais qui offre une chèvre tournée à droite,
LETE MACEDONIiE.
N« 3. Satyre ithyphallique poursuivant une femme qui marche vers la droite en détournant la tête du côté de son agresseur. Dans le champ, quatre points.
Revers. Carré creux très grossier. — AR. 4. Poids, 108^,22. Très-globuleuse. (PL XI, no 4.)
516 MOiNNAIES DU SËRAPÊUM DE MEMPHIS.
Cette pièce, par son module restreint, par sa forme ramassée, par le nombre de gros points marqués dans le champ, diffère de celles qui ont. été publiées par Cousinéry, Voyage en Macédoine j t. II, pi. VI; Mionnet, planches, prem. parL^ pi. XL, n'* 7 et 8 ; M. le duc de Luynes, Choix de méd. grecq.^ pi. IX, n° 7 ; Frœlich, Notit. elem. num., taï). I, n*> 1. On sait que Tattribution de ces médailles est fixée àTaide de la variété un peu plus moderne sur laquelle on lit en caractères de forme très antique, procédant de droite à gauche : AETAINION.
iEGLNA INSULA.
N" 4. Tortue de mer.
Revers. Carré creux divisé par des lignes en relief; cavité profonde. — AR. 4. Fragment. Poids, 5ï%o0.
La médaille a été tellement mutilée qu'on n'aperçoit plus qu'une élévation informe avec une très petite partie du haut de la carapace ou collet, servant à faire reconnaître le testacéc.
Sans ce petit détail corroboré par la forme particulière du carré creux, le classement de notre fragment aurait pu rester douteux, car il est évident que la grande réputation de la monnaie éginète avait de très bonne heure donné lieu à des imitations, et que le choix de certains types de haut relief, tels que la grenade, la pomme, des vases de diverses formes, le coléoptère, le bouclier, la grappe de raisin, etc., avait été calculé pour produire une illusion que nous pourrions partager dans le cas qui se présente à nous.
CORINTHUS.
No S. Pégase volant, à droite.
Reven, Carré creux. — AR. S 1/2. Poids, 14«%28. Très globuleuse, (PI. XI, n© S.)
Cousinéry et Linckh, qui ont rapporté de Grèce tant de monnaies corinthiennes, n'ont pas connu cette pièce, évidemment plus ancienne que celles qui ont été publiées jusqu'ici. Le coup de ciseau qu'elle a reçu ne lui a rien 6té de son poids.
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N<» 6. Pégase, à droite; dessous, coph, -
Revers. Carré creux. — AR. 5. Poids, Sï'jOO. Flan épais.
Cette pièce, avec le Pégase tourné à droite, est encore une rareté. L'oxydation dont elle est chargée augmente sans doute un peu son poids.
N** 7. Pégase volant à gauche.
Revers. Carré creux, divisé symétriquement. — AR. 6. Poids, 8«%40. Flan mince. - Mionnet, pi. XXXVIII, n° 9. — Cousinéry, Ligue achéenne. Corinthe, n° 2.
N®8. Croupe etaije de Pégase, à gauche. (Le reste manque.)
Revers. Carré creux. Fragment. — AR. 5. Poids, 2k'',44, Flan mince.
N» 9. Croupe de Pégase. (Le reste manque.)
Revers. Carré creux. Petit fragment. — AR. 5. Poids, 2»'',08. Flan mince.
ERETRIA EUBQL*;.
No 10. Deux grappes de raisin pendant aune même branche.
Revers. Carré creux, divisé par des diagonales qui se coupent au centre. — AR. 5. Coupée. Poids, iO^^G. Flan ti'ës épais. (PL XI, n° 6.)
Il est sans doute difficile de classer une monnaie si antique à l'aide des types observés sur des monnaies d*un âge beaucoup plus récent. Mais comme la pièce que nous examinons oiTre, du reste, tous les caractères de fabrique qui conviennent àTEubée, on admettra sans doute le rapprochement que nous établissons avec les pièces d'argent et de bronze frappées à Eretria, et portant au revers d'une tête de Diane Amarynthîa ou d'un taureau couché, deux grappes de raisin (1). Ce type se trouve encore sur une petite monnaie de bronze publiée par M. le baron de Prokesch-Osten, qui la donne avec raison comme fabriquée en Eubée (2), mais qui ne parait pas avoir
(1) Eckbel, Mus. cjes. Vindob., I, p. 132, n» 2. — Beger, Thés, Brand., I, p. 429. — C. Combe, Mus. Hunt, p. 139, n« 4, et tob. XXVI, d^ 21. — Sesllni, Descript. num, veL, p. 228, n^ 3. — Mionnet, II, p. 308, n«» 63, et SuppL IV, p. 364, n» 90. — Catal. Allier de Hauteroche, pi. VU, n» 12.
(2) Inedita meiner Sammlung ant. altgr. Mûnzen, Wien, 1854, pi. III, n^ 105.
remarqué qu'outre la légende ETBO, la pièce porte encore les caractères Iir, qui me paraissent devoir se rapporter à la ville de Pyrrha, citée par Pline (1). Sestiui a aussi décrit comme appartenant à Issa, île dlllyrie, un petit bronze de la collection Tochon, présentant au droit deux têtes accolées, et au revers deux grappes de raisin avec la légende IS (2). Celte pièce peut appartenir à Histiaea d*Eubée, dont on connaît de belles monnaies qui offrent d'un^c6té une tête d'Ariadne et de l'autre un bœuf passant devant un cep de vignç, auquel pendent deux grappes de raisin placées symétriquement (3).