‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 2 sur 173 · PL · texte numérisé non relu

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La nuinismatiqup du monde ancien semble défier les efforts des antiquaires ; ce champ si vaste s'c^grandit pour ainsi dire chaque jour, et tandis que les travaux les plus savants embrassent les points extrêmes de son domaine, tandis que nos plus illustres érudits s'attachent à creuser le sens des médailles que d'autres ont décrites, à leur donner cette valeur historique qu'elles ne peuvent acquérir réellement que par la doctrine, des monuments nouveaux surgissent, qui viennent réclamer une place dans les catalogues. Apres Timmense description à laquelle M. Mionnet a consacré tant d'années, on aurait pu croire pour bien longtemps la matière épuisée ; mais il n'en est rien, et chaque collection nous montre encore des médailles inédites.

Celles que je vais faire connaître appartiennent toutes à la même contrée, la Cilicie; quatre d'entre elles étaient restées parmi les incertaines, dans le médaillier de la Bibliothèque Royale ; deux autres ont été récemment envoyées d'Orient par M. Borrell, consul d'Angleterre à Smyrne. Ce ne sont, à la vérité, que des médailles de bronze et d'une époque récente;

(1) Le tiro^e à pari, publié choz F. Didot frèrej». porte la date de 1841.

H MÉDA[LLES INÉDITES

leurs légendes, cependant, el, jusqu'à un cerlain point, leurs tvpes, les recommandent à notre attention.

LAMUS DE LAMOTIDE.

Vi.ATT.K.A.CEn.CETHP.nEP.Buste lauré de Seplime Sévère, adroite, la poitrine couverte d'un paludamentum.

^ . [Aaiwu] ? M HTPO . AAMCOTI A . Temple tétraslyle dans lequel est iissis Jupiter, tourné à gauche, tenant un foudre de la main droite, cl la main gauche appuyée sur une hasle. yfî. 8.

N" 2. ATT. K . M . ANTC0N€INOC .TêtelauréedeCaracalIa.à droite, les épaules couvertes d'uo paludamentum. ^. [A3:ii.]0T. MHTPOn.AAMCOTIAOC. Aigle épIo véij)osé sur un autel orné de feuillages, et tenant une couronne à son bec. M. 9. {PI. I, nM.)

Le revers de cette médaille ayant été surfrappé, la partie inférieure de l'aigle et les trois dernières lettres de la légende ont été reproduites deux fois. Cette circonstance explique suffisamment comment ces deux précieux bronzes sont restés si longtemps sans attribution. Le premier ne se lisant vérit,ablemenl qu'à l'aide du second, et celui-ci présentant une légende défoctiieusc, on comprend qu'ils n'aient pas tout d'abord attiré l'attention. Toutefois, maintenant qu'un hasanl heureux m'a fait découvrir le sens de ces inscriptions à demi déiruites, on doit avouer que bien peu de médailles portent des légendes aussi explicites, puisque celles-ci nous font connaître à la fois le nom de la ville, son rang, son importance comme métropole, cl le district dans lequel elle était située. La Lamo-

DE CïLIGIE, 7

tîde, AajjLokiç (1), qu'Etienne de Byzance nonnme Lamusic, Aa[jLiu?u (2), était cette partie de la Cilicie maritime qui longe les rives du fleuve Lamus (3) ou Latmum (4). Celte dernière forme est tout à fait infirmée par les légendes des médailles que je viens de transcrire. Strabon, en écrivant Latmum, avait sans doute été trompé par lu ressemblance du nom du fleuve cilicien avec celui de la mo'ntagne qui avoisine Milcl (3) ; peutêtre aussi ne doit-on considérer cette variante d^orthographe que comme une faute de copiste. Vers Tembouchure du Lamus, entre Tarse et Séleucie, et à quelque distance dans les terres (environ 3'), était située une ville du même nom que le fleuve (6). Les monuments numismatiques nous apprennent qu'elle prenait le titre de métropole, et le type de ses monnaies nous fait supposer qu'elle possédait un temple de Jupiter. Un passage d'Etienne de Byzance rattache la Lamotide à Tlsaurie; mais nous avons eu déjà l'occasion de montrer, en publiant une médaille unique de Titiopolis, ville placée par les uns dans risaurie, et par d'autres dans la Cilicie (.7), que les historiens et les géographes ont plusieurs fois pris ces provinces l'une pour l'autre; il suffit d'ailleurs de jeter les yeux sur une carte de l'Asie Mineure pour voir que la Lamotide, circonscrite au nord et à l'ouest par le Taurus, le Calycadnus et le territoire d'Olba, ne peut en aucune façon être confondue avec risaurie. La ville de Lamus, qui au xu** siècle était épiscopale (8), a disparu complètement, à ce qu'il semble'; du moins,

(1) Ptolem. 1. V, c. 8.

(2) Aa(i.o( noratib; KtXixtaç xa\ r\ 7t3tp' aOibv ^wpa Aa|Aoy<j^3( • to eOvixov AoclAovviQh;. Steph. Byz. sub. verbo,

(3) Ptol. — Cf. Cellarius, II, p. 201 et 202.

(4) Strab. XIV, p. 671. Eia\ ô* opot Tavrr,; [ir^ç Tpa^sta; KiXixia;] ptetaÇÙ 26Xa>v . Te xa\ 'EXsoOo-Yjç ù AdT(io; iroTapib;, xa\ xùSfjiY] ô(i.(ov^j|xo;. Il est assez difficile de faire accorder le titre de métropole que nous fouraissenl les médailles avec la qualification de x(o(iy] donnée à Lamus par le géographe.

(5) Pomp. Mêla, I, cap. xvii. lonia dngit Latmum moritem Endymio?iis, a Luna, ut feront, adamati, — Aaxjxo; opo; Kapia;, èvOa eotcv avtpov, ev w 5iiTpi6cv 'Evôujiiwv. Schol. Apollon, ad vers. 57, \\h, IV.

(6) Par le 320 degré long, et le 3C3« degré 4' lat. nord.

(7) Hevue numismatique, 1838, p. 422, et p. 3 du présent volume.

(8) Elle dépendait de l'archevêché de Séleucie. — Guill. Tyr., Act. conc. Chalçedon.

les cartes de Walpole et du colonel Leake ne placent, entre Mézetlu et Aiasch (l'ancienne Éleusa), aucun bourg dans lequel on puisse retrouver la métropole de la Lamotide.

HIÉROPOLIS,

N® 3. Buste de Bacchus couronné de lierre et tourné à droite, portant sur l'épaule un thyfse; dans le chanip, une grappe de raisin.

^. l€POnOAITCON . TflN . nPOC . Tfl . TTYPAMn. Jupiter Nicéphore, assis, à gauche, U main gauche appuyée sur une haste. JE, 8. Collection Borrell (PI. I, n°2.)

Les médailles autonomes d'Hiéropolis sont rares, et celleci, quoique son revers soit d'un style un peu barbare, est néanmoins précieuse par son module. Eckhel fait d'Hiéropolis et de Castabala une seule et même ville, se fondant sur la présence fréquente de ces deux noms réunis sur des médailles autonomes et impériales (1), M. Mionnet ne voit dans cette réunion que la conséquence d'une alliance entre les deux villes (2), et la numismatique asiatique nous offre tant d'exemples de faits semblables, qu'il est inutile d'insister sur la vraisemblance de l'opinion du savant antiquaire français. Il faut dire cependant que les géographes ne font aucune mention d'Hiéropolis, et l'on pourrait supposer qu'au temps de Strabon et de Ptolémée, cette ville n'était plus connue que sous le nom de Castabala; mais aussi^ que faire dans cette hypothèse, des moyens bronzes de M.-Aurèle et delCaracalla, et qui portent le nom d'Hiéropolis seul, l€POTTOAITflN (3), ces pièces étant postérieures même au moins ancien des deux célèbres géographes?

On connaît aussi des médailles de Faustine la mère, qui ne montrent que le nom de Castabala, KAîTABAAEflN (4). Cette ville aurait donc changé de nom avant le second siècle, puis

(1) T. lU, p. 57.

(2) SuppL, t. VIL 2i5.

(3) Mionnet, t. III, p. 584, n* 223 et Suppl., t. VII, no 251. (4} Mionnet, t. III, p. 585, n» 225.

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