LES TUMULUS DB DJEBEL EL AKHDHAR
une bien grande importance à des inscriptions si peu explicites. Ce sont ou des naarques qui ont servi aux ouvriers à désigner la place que devaient occuper les pierres, ou des signes indiquant le nom de ces mêmes ou\Tiers, ou bien encore des signatures abrégées laissées par des visiteurs ou des pèlerins; il serait possible, en effet, que de même que les stoupas de lin de ou les dagobas de Geylan, ces tumulus africains eussent recouvert des corps de personnages vénérés. On sait que dans le même pays on vient actuellement de tous côtés pour rendre hommage aux dômes qui servent de sépultures à des marabouts et qui sont connus sous le nom de gobbah. Quant aux deux inscriptions qui se trouvent sur les faces sud et nord du même tumulus, elle se composent, Tune de deux lignes, l'autre de quatre, donnant en tout une trentaine de caractères appartenant à un alphabet inconnu. Il y aurait certainement quelque profit pour la science à tenter le déchiffrement de ces deux inscriptions ; mais dans tous les cas il n'est guère probable que Ton y retrouve le canon des dynasties mauritaniennes dont M. de Montgravier pense que les noms royaux existent sur ces monuments. Nous croyons que l'opinion de Pomponius Mêla (1), qui désigne le Qobeur er' Roumiah par ces mots : Momimeyitum commune regiœ gentis, ne repose que sur une tradition sans preuve, et que le nom de ce tumulus (qu'il faudrait, pour plus d'exactitude peut-être, traduire par tombeau de la Romaine) (2) est un indice d'origine comparativement moderne.