DU CABINET DES ANTIQUES
(Extrait da tome II de la Revue archéologique, 1845-46,
iw partie, pp. 19-24.)
Le récit des extravagances d'Élagabalc que nous a laissé Lampride, contient des faits si bizarres que Ton serait quelquefois tenté d'accuser Thistorien d*exagération. Après avoir lu les annales des règnes de Caligula, de Néron, de Commode, on pourrait croire impossible d^ajouter un trait de plus au tableau affligeant de la dépravation impériale ; cependant le jeune prêtre d'Émèse trouve encore de nouveaux crimes, de nouvelles infamies à étaler aux yeux du peuple romain. Ce qui, chez ses prédécesseurs provient d'une brutale folie, semble chez lui être le résultat d'une volupté réfléchie et ingénieuse. « Au milieu de tant de règnes exécrables, celui d'Élagabale se distingue par quelque chose de particulier. Ce que Timagination des Arabes a produit de plus merveilleux en fêtes, en pompes, en richesses, ne semble qu'une tradition confuse du règne du prêtre du Soleil.... Il fallait que toutes les passions et tous les vices passassent sur le trône, afin que les hommes consentissent à y placer la religion, qui condamne tous les vices et toutes les passions. »
L'illustre auteur des études historiques a parfaitement saisi le caractère distinctif des actions d'Élagabale et s*il avait pu lire dans le texte arabe (cette langue qui, comme le latin, dans les mots brave l'honnêteté) quelques-uns des contes des MiUe