‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 43 sur 173 · VASES GALLOIS · texte numérisé non relu

VASES GALLOIS

dans les rochers de TAtlas, possèdent les plus adroits faux monnayeurs de notre temps.

Tout grossiers qu'ils sont, les monuments gaulois doivent être décrits avec soin ; la barbarie même a ses degrés qui autorisent une classification, et peuvent fournir un chapitre à l'histoire de l'esthétique universelle.

Nous avons vu maintes fois des fragments de poterie très imparfaite, pétrie à la main et sur laquelle nulle trace régulière ne révélait l'action du tour; ces fragments découverts avec des armes de silex, appartenaient bien certainement à la période gauloise antéromaine, et précèdent dans Téchelle chronologique les poteries rouges dont l'histoire est encore à faire. Nous ne pensons pas que Ton ait jusqu'à présent publié de vases de l'espèce de ceux que nous allons faire connaître, el qui, autant que nous le pouvons croire, n'ont encore été observés qu'en un seul lieu.

Dans cette partie du Gàtinais appelée la Puisaye, sur les bords du Loing, existe une vallée toute couverte de bois et d'étangs, au centre de laquelle se voient les restes de l'abbaye de Moutier où vécut le célèbre Raoul Glaber, et que domine la tour de Saint-Sauveur. Un savant antiquaire de ce pays, M. Paultre des Ormes qui, depuis bien des années, recueille avec le plus louable zèle tous les documents propres à éclaircir l'histoire de la localité, a remarqué dans la vallée du Loing, et le plus souvent au milieu des bois, de petites enceintes quadrilatères formées de mui*s en pierres sèches, et de peu de hauteur. Dans chacune de ces enceintes se trouve un vase de pierre, complet ou fraggienté, plus ou moins régulier, mais présentant toujours la même particularité, c'est-à-dire deux gouttières creusées dans le bord, vis-à-vis l'une de l'autre, el destinées certainement à vider le contenu du vase que sa matière rendait lourd et par conséquent difficile à renverser. Le premier des vases que nous figurons ici est de grès ferrugineux ; il a 28 centimètres de diamètre et lo de hauteur (1) ; il provient

(1) Dans les gravures que uous publions ici tous les vases sool réduits dV près uue échelle commune; on peut donc parfaitement juger de leur rapport.

DE LA PlISAVt:. U7

de Mouticr. Los fragments qui l'accompagnent sont de calcaire el furent recueillis près de Saint-Sauveur.

Le vase suivant, un des plus beaux de la collection de M. des Ormes, a été trouvé aux Laurets, lieu voisin de Saint-Sauveur, par un ouvrier qui fouillait une enceinte quadrilatère et à qiii le savant antiquaire avait recommandé d'extraire avec précaution le vase qui devait infailliblement se rencontrer en cet cndi'oit.

Les anses sont bien délacliées, et la panse ne manque pas d'une certaine élégance.

Un autre vase taillé dans le grès comme le précédent, présente, au lieu d'anses, deux espèces de contreforts assez dif'

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