‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 45 sur 173 · BELLÉROPHON · texte numérisé non relu

BELLÉROPHON

(Extrait du tome XVII des Annales de V Institut archéologique, 1845,

pp. 227-233 [Mon., l. IV, pi. XXI] .)

Quelle que soil l'origine des idées que représente le mythe de Bellérophon, il est constant que de très bonne heure ce mythe a reçu une forme tout hellénique, et que, raconté avec complaisance par Homère, il a joui dans toute lantiquité du privilège d'inspirer les artistes et les écrivains. Celte faveur ne doit pas être attribuée seulement à l'intérêt qui s'attache partout aux épisodes iliaques ; on doit reconnaître que l'histoire aventureuse de Bellérophon est d'une essence particulièrement dramatique, s'il est permis de s'exprimer ainsi ; fondée sur l'appréciation de passions et de sentiments naturels (2), cette histoire n'emprunte, dans ses développements, que la part de merveilleux strictement inhérente à l'âge qui l'a vu mettre en circulation ; elle présente encore le tableau éternellement touchant de la vertu calomnieusement accusée et triomphant après une série d'exploits héroïques. D'un autre

(1) Le vase peint que Ton décrit ici a été trouvé & Ruto et déposé au musée de Naples, où M. le duc de Luynes Ta fait dessiner. C*est une amphore a volutes.

(2) Euripide, qui composa, dans la 3« année de la 88" olympiade, nne tragédie de Bellérophon, où, très probablement, Tamour d'Antéa occupait une large place, avait, dans la 4« année de la 87° olympiade, fait représenter Bippolyte, pièce dans laquelle Phèdre joue un rôle ideutiquo. — L'aventure de Joseph et de la femme de Pétéphré, célèbre dans le monde sémitique, n*est pas moins célèbre dans TEurope chrétienne.

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