CASSIA
TOVTA
SEGVSIAV
et par laquelle on voit que Cassia Tula, qui consacre un monument aux nymphes, est qualifiée de Seyusiava.
Ce n'est pas tout, et ces témoignages doivent être rapprochés de la forme que nous fournit la table théodosienne : Forum Seguslavarum, Pour ceux à qui la table de Peutingor est familière, nous ne paraîtrons pas trop téméraire, sans doute, lorsque nous proposons de corriger cette forme Segustavarum en Segusiavorum, On sait, en effet, que les noms inscrits dans ce précieux itinéraire .ne sont pas tracés en capitales, mais en miiiuscule assez ronde et que rien n'est plus facile dans ce genre d'écriture que de prendre un I pour un T et un 0 pour un A.
Ptolémée, dira-t-on, ainsi que d'autres écrivains, orthographie ce nom d'une manière différente : il donne Forum Segusianorum; mais cet auteur, du reste fort exact, a pu être entraîné à prendre cette leçon, par le souvenir du nom d'un peuple italien beaucoup plus connu de lui sans doute et dans tout le monde classique aussi, que celui d'une assez mince localité de la Gaule. Quoi qu'il en soit, nous croyons que les autorités sont assez nombreuses et assez graves pour nous déterminer à corriger désormais le nom écrit ordinairement Forum Segusianorum en celui de Forum Segusiavorum.
(1) Cette inscription nous a été communiquée par notre confrère M. A. Bernard, qui s'occupe d'uu travail historique considérable sur la province de Lyon.
(Extrait du tome II de la Revue de philologie, 1846-47,
pp. 191-196.)
En appelant raltention des érudils sur quelques inscriptions latines dont je vais donner la copie, je n'ai pas la prétention de leur offrir des monuments du premier ordre, de ces textes riches d^indications politiques ou administratives qui ont tant de prix pour les historiens et les économistes. Toutefois il m'a semblé qu'il n'était pas permis de rejeter des documents dont le sens est bien complet, alors que, dans une occasion, que Ton ne saurait prévoir d'avance, à la vérité, des savants peuvent en faire un utile usage.
Lo S du mois de septembre 1846, M. Sade, entrepreneur de maçonnerie à Lyon, découvrit, en faisant exécuter quelques ouvrages dans le faubourg de Yaise, un énorme bloc de pieiTC pesant plus de huit mille kilogrammes, et sur lune des faces duquel existe une inscription de treize lignes. M. Muret, l'un des employés du déparlement des antiques de la Bibliothèque Royale (qui venait d'arriver à Lyon, dans l'intention d'accroître sa collection d'aquarelles représentant les ustensiles et des monuments portatifs de l'antiquité, vaste recueil auquel il travaille depuis un grand nombre d'années), ayant appris cette trouvaille, s'empressa d'aller prendre une excellente copie de cette inscription, qu'il a bien voulu me remettre.