‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 58 sur 173 · FIDELIS · texte numérisé non relu

FIDELIS

La forme de la couronne, des torques et des armitles nous

(1) Après la défaite des Romains, Arminius fit immoler les Tribuns et les Centurions. Un jeune homme d'un nom illustre, Cœlius Caldus, voyant quel sort lui était réservé , souleva sa chaîne et s'en donna un coup si violent sur la tète qu'il' se brisa le crâne (Vell. Paterc, lib. II, cap. cxxi).

(2) Muratori (p. 2030, n« 1] en a donné un dessin fort incorrect. Cf. Teschenmacher, Annales Clivt'je, tab. ad p. 59. Brewer Herseler, Inschrift^ p. 57. Simon, Die allesten Nachrichlen, tab. V. Dorow, Denkmale aus. der aitgerm.^ tab. XXI. — On en trouve une très bonne lithographie dans l'ouvrage de y\, Lersch : Centralmuseum Rheinlandischer Inschriften, 1840, 2^ partie, p. \, — L'inscription est : ,

M. CAELIO'TF'LEM BON

3'LEGXIIX'ANLIII'S-

• •CIDITBELLOVARIANOOSSA

• • • NFERRE • LICEBIT ' P " CAELIVS ' T ' F "

LEMFRATERFECIT-

(3) Voy. la note ci-dessus, pag. 180.

(4) Maffei, Muséum Vet'onense, p. cxx, n« 180.

esl familière ; quant aux médaillons qui sont fixés aux points de rencontre des bandes de cuir, ce sont des phcdères, et ce sont ces phalëres extrêmement réduites qui, sur les monnaies de TArmorique et les deniers de la famille Arria, ont été prises pour des perles d'or.

Ce quadrilatère, formé d'une matière flexible, laissait, malgré ses grandes dimensions, à celui qui le portait, une certaine liberté de mouvements. Ces dimensions s'accordent, au reste, très bien avec les proportions qui résultent de l'examen des monnaies.

De cela, il résulte que si l'objet carré expliqué par M. Deville porte bien réellement des phalères, il ne saurait que par un abus inadmissible de métonymie être appelé lui-même une phalère. Cette espèce de bricole, qu'on nous pardonne la trivialité de l'expression, analogue à celle qui, de nos jours, sert à tirer de petites voitures à br^s, passait sur les épaules, ce qui justifie les termes employés par Virgile :

Ew^alus phaleras Rhanuietis et aurea bullis

Cinguia

Urne rapit, atque humeris nequicquam fortibus aplat (1}.

Dans le bas-relief du tombeau de M. Caelius, on voit, audessus des épaules, deux phalères en forme de têtes de lion, que le sculpteur a ainsi soulevées pour les rendre visibles, mais qui devaient pendre sur le dos, car il y en avait d'aniérieures et de postérieures, wpcrrspviîia xal exw^jiiîtx, ainsi que le dit Appien dans Ténumération qu'il fait des dépouilles de Mithridate (2).

(1) JEneid,, IX, vers 339, 360» 364. — Cf. même livre, vers 4SS. — Serrias, aa vers 278 du liv. VII,

Aurea pectoribus demUsa monilia pendent^

identifie \esphalei*es et les monilia. Il serait donc, au Besoin, prouva, par cette ancienne autorité, que les phalères ne sont ni des caparaçons, ni des écharpes. Cette acception exclut aussi l'idée d*un petit quadrilatère, car le monile est un collier flexible, composé de plusieurs pièces, différent en cela du torques, qui est rigide. Virgile a dit (lib. I, vers. 658] monile baccatum, qu*on ne peut traduire que par fil de perles. — En citant Virgile à propos des phalères, nous entendons seulement constater l'usage de ces décorations à Tépoqne à laquelle vivait ce poète; son témoignage ne prouve rien pour le temps d'iEnée.

(2) De beUo Mithridatico, cxv. Appien, après avoir énuméré les vases, les

SUR LES PHÂLÈRËS. 180

La bricole à suspendre les pbalères se voit, à ce que nous pensons, près d'une figure de guerrier, dans le bas-relief funéraire d'un miles prétorien du temps de Constance nommé M. Percernius Axyus (1).

Cet appareil de courroies servait encore à supporter d'autres décorations honorifiques. Nous voyons, sur les bustes de M. Cselius et de Q. Sertorius, deux torques, non point placés au cou du guerrier, mais accrochés comme les pbalères. Les pierres tumulaires de L. Gellius Yarus et de L. Antonius Quadratus (V. p. 179, n*^' 4 et 5) nous montrent chacune une enseigne militaire aux côtés de laquelle sont disposés des torques, au-dessus de figures quadrilatères que M. Deville prend pour des pbalères. Cet antiquaire a été frappé de Tabsence des armilles, qui sont cependant mentionnées dans Finscriptlon, et il est réduit à croire quelle sculpteur n'aura pas bésité à les remplacer par des pbalères.

Le lithographe qui a exécuté la planche jointe au mémoire de M. De\ille a singulièrement altéré ces figures quadrilatères ; mais j'en donne de nouveau un calque pris sur les vignettes de Gruter (2), et Ton reconnaîtra tout d'abord que les armilles tant cherchées sont posées au centre des bricoles, et qu'il n'y a point du tout là de pbalères, pas plus que dans l'inscription.

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