‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 71 sur 173 · STËLE PORTANT UNE INSCRIPTION MÉTRIQUE · texte numérisé non relu

STËLE PORTANT UNE INSCRIPTION MÉTRIQUE

loues ou secutores s'efforçaient de déchirer le filet dont s'enveloppaient les retiarii. Ceux-ci étaient revêtus d'une épaisse armure de bronze et d'un bouclier, tandis que le mirmiUo, la tète et le corps ntis, protégé quelquefois par une toute petite targe quadrilatère fixée sur l'épaule gauche, devait maintenir son antagoniste à distance à l'aide de la longue haste de sa fusctna. Venait-elle à lui échapper, il avait alors à soutenir un combat corps à corps dont son poignard pouvait à peine conjurer les chances inégales.

Nous avons malheureusement pou de renseignements précis sur les règles qui présidaient aux luttes des gladiateurs, et c'est aux monuments figurés que nous devons emprunter les détails les plus exacts sur ce sujet curieux. La mosaïque de la collection Albani, publiée par Winckelmann, nous montre le mirmillo Kalendion, qui, blessé mortellement et tombé dans une mare de sang, après avoir perdu sa fuscùia, essaye encore de se défendre avec son arme de réserve (1).

M. Letronne, en publiant la stèle appartenant à M. Laurin, s'exprime ainsi :

« J'ai traduit èvvsoxtî iruxTlwaç par ayant remporté neuf fois la victoire^ au lieu de ayant combattu tieuffois, ce qui serait plus littéral et pourtant moins fidèle, car il n'est guère probable qu'un puffile de profession n'eût combattu que neuf fois dans sa vie. J'ai donc cru que ce participe revient à l'expression TUUT. vicTORus (avcc le nombre des victoires) qui se trouve sur les bas-reliefs du tombeau de Scaurus.

« Mais indépendamment de ce que cette explication a de probable en elle-même, elle peut seule rendre compte d'une . dernière circonstance qui n'est point à négliger ; ce sont les fieuf couronnes placées sous le bas-relief, quatre de chaque côté et une au milieu; elles expriment certainement les fieuf victoires remportées par Danaûs dans le cours de sa carrière de pugile, ce qui fixe le sens de l'expression. L'auteur a préféré 7rjxTej72^ à T.'j^ vtxif|(7x^ qui n'entrait pas dans son vers (2). »

(1) Monum, ined , D^ 197.

(2) Hev. arch., 1846, p. 8.

EN I/HONNEUR D'UN MIRMILLO DIMACHJBRUS. 245

Comme on le voit, le monument d'Euph^atës confirme en^ tiërement la conjecture d'ailleurs si rationnelle de Tillustre philologue ; les six couronnes qui sont sculptées près de la tête du gladiateur correspondent avec l'expression 'E^axt */ixif|72ç et nous permettent d'affirmer que les couronnes qui accompagnent les représentations de gladiateurs ou de conducteurs de chars indiquent un nombre précis de succès.

On se rappelle encore, sans doute, que M. Philippe Le Bai» a reconnu (1) dans les deux dernières lignes de Tinscription

qui se lit sur le bas-relief de Danaiis, le pentamètre suivant :

admettant que le graveur de lettres avait substitué à la forme poétique ewoxt, dont les exemples sont assez rares, le mot èvveoy.'.; qui se trouve en réalité dans cette inscription, et qui était d'un usage beaucoup plus familier.

Le second vers de l'épigramme que nous publions aujourd'hui, et que M. Le Bas n'a pas connue, apporte une preuve irréfragable à l'appui de la restitution proposée par le savant helléniste.

Nous avons dernièrement fait connaître l'épitaphe métrique de Démétrius et de Didyma (2), c'est une assez faible glanure pour V Anthologie ; mais, à nos yeux, Tépigramme d'Euphratès a plus de valeur et n'est pas indigne de l'attention des appréciateurs de la poésie antique (3).

(1) Rev. arch., 1846, p. 85.

(2) W., t. VI, 1^« partie, p. 40. — P. 240 du présent Tolume.

(3) Une circonstance quMl est bon de noter en passant, c'est la présence, dans la troisième ligne, d'un point, après ^tcetaov, servant & marquer la fin du vers an milieu d'un texte continu.

SUR LES PHALÈRES

(Extrait da tome VI de la Revue archéologique y 1849-50,

iro partie, pp. 324-329.)

Parmi les questions qui vont être soumises à l'examen du congrès scientifique qui s'ouvrira à Rennes, le 1^ septembre prochain, on remarque la suivante :

« Le symbole carré des monnaies armoricaines représentet-il un tableau ou un drapeau, ou bien doit-on y voir, comme on Ta pensé dans ces derniers temps, l'appareil militaire garni de phalëres ? »

Cette question, dont Ténoncé a dû paraître bien obscur à ceux qui ne sont pas spécialement initiés aux discussions numismatiques, a trait aux différentes doctrines exposées dans les écrits dont nous transcrivons ici le titre.

I. Dissertation sur un ornement figuré sur les médaUles gauloises de rArmorique , par A. Deville, in-4®, 1847 (i).

— II. Nouvelles observations sur un ornement représenté au revers de quelques monnaies gauloises de VArmorique. Dissertation sur les phalèreSy par A. de Longpérier, in-8®, 1848 (2).

— m. Réponse à la dissertation de M* Deville sur im symbole gaulois figuré stir les médailles de FArmorique, désigné sous le nom de péplum, par M. Ed. Lambert, in-4<», 1848 (3). — IV. On

(i) àtém. de la Sociélé des Antiq, de Normandie, 1847. Extrait.

^2) Revue numismatique, 1848, p. 85 et pi. Vï. — P. m da présent yoliime.

(3) Mém. de la Soc. des Antiq. de Normandie, 1848. Extrait

NOTK SUR LES PHALÈRES, ETC. 247

certain gaulish coins tvith the type of the charioteerj par J. Y. Akerman, in-8«, 1849 (1). — V. Catalogue raisonné des momiaies romaines trouvées dans le jardin du collège du ManSj par M. E. Hucher, in-8% 1849.

M. Deville avait pensé que le personnage qui, sur certaines monnaies d'or gauloises, tient à la main une sorte de quadrilatère traversé par des bandes qui se croisent et sont ornées de points ronds aux intersections pouvait être considéré comme montrant, en guise de trophée, la phalère dont les Romains décoraient les vainqueurs après une bataille. Il croyait du reste que la phalère était composée de tringles d'or. Nous avons repris cette question, et tout en partageant Tavis du savant bibliothécaire de Rouen, nous avons fait voir que lesphalères (mot qui ne s'emploie pas au singulier), étaient un composé de bandes flexibles et de pierres gravées ou médaillons et nous avons réuni divers monuments qui le prouvent. M. Lambert, cependant, répondait de son côté à M. Deville, et, sans avoir à la vérité connu les diverses démonstrations apportées à Tappui de notre opinion, il chercha à établir que le quadrilatère en litige est une enseigne militaire ou plutôt \xn péplum sacré. M. Akerman avait trois écrits à examiner et, après avoir pris connaissance de celui de M. Lambert, il en repousse les conclusions et adopte complètement la manière de voir exposée par nous ; il la corrobore même par d'intéressants détails. Quant à M. Hucher, il prend occasion d'une très importante découverte de monnaies consulaires, faite au Mans, pour revenir sur la question des pha- 1ères. Mais il ne parait pas avoir connu complètement la dissertation que nous avons consacrée à cet objet. C'est ainsi qu'il continue à employer le mot phalère au singulier, qu'il croit que la phalère est une pierre gravée, tandis que nous avons expliqué assez longuement la nature complexe de cette décoration militaire. Enfin, cet auteur fait usage de l'expression vitta des Gaulois, selon lui une sorte de vexillum, et

(4) Numismatic chronicle, 1849. Extrait.

Page 1