DE MÉDAILLES ATTRIBUÉES A HHODANUSIA
est ainsi mise en contact avec la fleur sacrée d'Aphrodite : ^62cv \khf xat {Lupdrrjy *Açpo5{Tr^ç te tepi sivai (1).
Une certaine classe de monnaies rhodiennes a, pour type du revers, une rose de face. Je ne sais s'il faut considérer ce revers comme le modèle qui a servi aux graveurs espagnols lorsqu'ils ont produit les coins de ces belles monnaies d'argent de Rhoda qui portent la légende POAHTÛN (2). Si j'en juge par la fabrique, je me prononcerais pour la négative, car les médailles espagnoles sont supérieures pour le style, et par conséquent antérieures à cellQS de Rhodes. Ëckhel est resté incertain sur la question de savoir si les monnaies dont je parle devaient être classées à Rhoda de la Tàrragonaise, ou à Rhoda de la Gaule (Rhodanusia) (3). Les caractères celtibériens qui se remarquent sur une de ces monnaies tranchent la question pour nous (4) ; mais ces monuments sont cependant fort intéressants pour notre pays, car ils ont donné naissance au type d'une série très remarquable de monnaies gauloises, ainsi que cela est actuellement reconnu pao* tous les numismatistes.' Deux variétés inédites de ces monnaies m'ont été communiquées par M. Léon d'Hervé, qui les a tout récemment acquises à l'Ile de Noé, près Gondom, lieu même de leur découverte.
L'une (p. 23, n® 5) ne présente pas le type habituel de la tête grossièrement dessinée, tournée à gauche, mais un buste de face, orné d'une couronne radiée et placé entre deux serpents, imitation assez pure encore du cabire de la monnaie des îles Baléares. Il est bon de la rapprocher du petit bronze publié par M. le marquis de Lagoy (5), qui se trouve de
(i) Pausan., VI, 24. Ed. Frid. Fac, p. 223.
(2) Mionnet, t. I, p. 40, n» 349.
(3) Doctr, niim., t. I, p. 70.
(4) Mionnet, 1. 1, n« 358; pi. xix, n» 20.
(5) Notice sur Vatiribiiiion de quelq, méd. des Gaules, u* 14, Il est encore nécessaire de rappeler la découverte mentionnée dans le catalogue d'Ennery, p. 113, de monnaies de bronze au type du Cabyre, avec une légende phénicienne au revers, faite à Vieille-Toulouse à la fin du dernier siècle. Si la monnaie des lies Baléares avait cours dans le Languedoc» il n*est pas étonnant que les peuples de celte province loient imitée en partie.
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celte façon rattaché à la Gaule, bien qye les monuments connus, lora de son apparition, ne permissent pas de le faire avec assurance.
La seconde médaille (p. 23, n* 6) porte d'un côté une rose à trois pétales, assez distinctement figurée, tandis que le revers montre la même fleur réduite à l'état de crois, cantonnée de globules irréguliers. Je crois pouvoir rappeler ici que j'ai, l'un des premiers peut-être (1), retiré aux évèques de Maguelonne les monnaies de celte classe, que Duby leur avait attribuées. J'en donnais pour raison que ^es prétendus croissants, que l'on croyait voir ainsi mêlés k des symboles cbrétiens, n'étaient que les pétales d'une rose déformés par un copiste grossier. Aujourd'hui cette opinion, reproduite par plusieurs antiquaires, est devenue générale. J'ose espérer que la restitution aux Massicytes de l'hémidrachme de RhodenUsia, appuyée par des faits que le temps ne peut manquer d'apporter, jouira d'un égal succès.
(I) Revue numismatique, 1S3S, p. 443, note 1.
DE DYNAMIS