‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 2)Chapitre 108 sur 311 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Guznian prend une fausse alarme et sort brusquement de Tolède. Autre aventure galante. Origine de ce proverbe : A Malagon , dans chaque maison un larron, ce dans celle de l'alcade, le père et le fis.

Telle fut la fin de mes galanteries de Tolède ; et , pour surcroît d'infortune, je rencontrai, en arrivant dans mon hôtellerie , un alguazil que l'on me dit être de Madrid, et l'on ajouta qu'il s'informoit de l'hôte avec beaucoup de soin d'un certain quidam qu'il cherchoit. Je n'appris point cela sans altération : néanmoins, tout troublé que j étois, je tins une assez bonne contenance ; mais je fus agité toute la nuit d'une inquiétude qui ne me laissa prendre aucun repos. Je me levai de grand matin, et, l'esprit toujours occupé de ce maudit alguazil , j'allai me promener au Zocodoi>er. Je n'eus pas fait le tour de la place , que j'entendis crier : Deujc mules de retour pour Almagro.

J'employai plus de temps à écouter ce cri qu'à en profiter. Je me déterminai dans le moment à louer ces deux mules , comme si j'eusse pressenti que je trouverois à Almagro une compagnie de soldats prêts à partir pour l'Italie. Je parlai au crieur. JNous convînmes de prix ; après quoi j envoyai mon laquais payer mon hôte et chercher mon bagage, qui consistait en une valise ,

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