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eux : il ne les abaiidonne point, il flatte leurs désirs, et a des manières ravissantes dont ils sont enchantés. Vous, au contraire, vous ne vous montrez que de temps en temps , et presque toujours la foudre en main; ^n un mot, vous les effrayez, et vous ne devez pas être étonné s'ils vous aiment moins qu'ils ne vous craignent : au reste , ils peuvent se corriger et rentrer en eux-mêmes, quand on les aura sérieusement avertis du tort que fait aux immortels, et principalement à vous, l'aveugle attachement quils ont pour cette divinité.
« Lorsque les dieux pacifiques eurent fait cette remontrance à Jupiter, Momus, qui haïssoit les hommes, lui en voulut faire une autre toute contraire; mais il la commença dans des termes si libres , que le souverain des cieux lui ferma la bouche en lui disant qu il parleroit à son tour. D'autres divinités, qui n'étoient pas mieux intentionnées pour le genre humain que Momus, voulurent persuader au fils de Saturne qu'il devoit détruire les hommes ; que c'étoient des êtres inutiles , et dont les dieux n'avoient pas besoin. D'autres immortels moins emportés, croyant lui donner un avis admirable, lui conseillèrent de réduire en poudre ces coupables humains , et d'en créer d'autres plus parfaits , puisque c'étoit une chose qu'il pouvoit faire d'un souffle : alors Apollon demanda permission de parler , et dit, avec cet air de douceur qu on lui attribue, ces paroles au père des dieux :
« Jupiter, divinité remplie d'amour et de bonté, tu es si justement irrité contre les hommes, que, quelque vengeance cruelle qu il te prît envie d en tirer, aucun