‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 3)Chapitre 121 sur 227 · I.IVUlî lil, CHAP. VII. ■iÔd · texte numérisé non relu

I.IVUlî lil, CHAP. VII. ■iÔd

chefs, en avoientpiis la conduite après la inorl du «jeanl Achilore; Agrican fondit sur Marquiiior, et lui fendit le casque et la tète, tandis que Torinde, à ses côtés, renversa deux chefs des Indiens l'un après l'autre. L'ne si brusque expédition jeta la terreur parmi les Indiens, (jui ne tardèrent pas à s'ébranler; et si les peuples du Cathay , conduits par les princes aventuriers , ne fussent venus à leur secours, ils auroient cherché leur salut dans la fuite ; mais Sacripant , Hubert du Lion , Branilimart, Adrian et Clarion, les rassurèrent par une vive irruption qu'ils firent sur les Tartares. Roland y arriva lui-même ; il venoit de quitter Galafron. Alors le combat se renouvela avec plus d'ardeur; comme il y eut plus de résistance de part et d'autre, le carnage en fut plus grand. Brandimart attaqua Torinde , et l'empereur, reconnoissant 1 ennemi qu'il cherchoit, moins à ses armes ([u à ses coups, se jette sur lui comme un lion pressé de la faim se jette sur sa proie. Il goûte par avance le plaisir de se venger; mais il trouve un guerrier qui craint peu son ressentiment : les coups retentissent sur l'airain. Les deux premiers guerriers du monde sont aux mains; une égale fureur les anime; et, pendant qu'ils s'acharnent l'un sur l'autre, le combat devient plus effroyable entre les deux armées; l'effroi, le bruit et la mort y régnent de tous cotés.

L'empereur, craignant qu'on ne le vînt de nouveau séparer de son ennemi , feignit d appréhender les suites de son combat avec lui : il sortit de la mêlée, poussa Bayard vers la forêt qu'on découvroit au bout de la plaine, ne doutant point que, pai'cet artifice, il n attirât sur ses pas le guerrier avec lequel il vouloit en liberté

u64 ROLAND l'amoureux.

continuer de combattre ,• en effet , le comte ne manqua pas de le suivre de toute la vitesse de Cridedor.

Après le départ d'Agrican, les Tartares ne soutinrent pas long -temps l'effort de leurs ennemis; ne voyant plus leiir empereur , en qui seul étoit leur confiance , ils prirent la fuite ; les chevaliers d'Angélique les poursuivirent jusqu'à leur camp, qui fut pillé. Le roi Balan , Antifort de la Blanche-Russie et le prince Astolphe furent délivrés; et, par un bonheur tout particulier pour cet Anglais, le ciel permit qu'il rencontrât un Tartare qui emportoit ses belles armes et sa lance d'or. Astolphe le perça de son épée, reprit ses armes et sa lance; et, dédaignant de poursuivre des gens qui fuyoient, il alla de nouveau offrir ses services à la princesse du Cathay.

Page 1