CHAPITRE VIII
Coniliiuation des joutes, et de quelle manière elles finirejit.
Les deux guerriers, après avoir fait la demi-volte , i^artirent tout d'un temps. La terre tremble sous les pieds de leurs chevaux ; tout le monde, attentif au choc terrible de ces combattants, garde un profond silence. Le marquis de Vienne adresse sa lance au milieu du bouclier de son ennemi, et perce l'écu de part en part, malgré trois fortes plaques d'acier qui le couvroient : le fer de la lance passa même à la cuirasse, la traversa, et blessa le géant au côté; mais le marquis, par mallieur, fut atteint si rudement de son an.tenne , que les sangles de son cheval venant à crever de la force du coup , on vit l'infortuné paladin voler à terre avec la selle entre les jambes. Ce malheureux événement acheva d'écarter de la lice tous les assaillants chrétiens. La honte et la consternation étoient peintes sur leurs visages, tandis que les Sarrasins triomphoient et poussoient au ciel mille cris de joie.
Si le roi Grandonlo avoit auparavant tenu des discours pleins d'insolence, ce fut bien autre chose après la chute du bi^ave Olivier. C'est peu de dire qu'il continua d'accabler de paroles outrageuses les paladins; il en dit à l'empereur même, et il perdit toute retenue.