‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 3)Chapitre 42 sur 227 · LIVRE I, CHAP. XVII. 9I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. XVII. 9I

l'ouvrit par curiosité : il y trouva cent choses rares et instructives, et entre autres l'explication de l'énigme du sphinx j il y vit comme l'homme se traîne à quatre pieds dans sa première enfance, comme il se soutient sur deux dans l âge viril ; et comme enfin dans sa vieillesse il a hesoin d'un bâton qui lui sert de troisième pied. Jaurois bien fait, dit-il alors, de consulter ce livre avant que de monter sur le rocher; mais puisque le ciel en a disposé autrement, il n'y faut plus penser.

Après quelques jours de marche , il arriva au bord d'une rivière, dont leau noire, rapide et profonde inspiroit par son affreux bouillonnement une secrète horreur. On ne la pouvoit passer Îî gué; la rive étoit escarpée des deux côtés , et nul bateau n'y paroissoit. Roland marcha le long de ses bords, et découvrit enfin un pont qui la traversoit; mais un horrible géant en défendoit le passage. Cela ne l'empêcha point de s'en approcher. Chevalier, lui dit le monstre dune voix rauque, c'est ta malheureuse destinée qui t'a conduit ici ; tu vois le pont de la Mort. De tous ceux qui viennent dans ce lieu, nul ne s'en retourne, ni ne peut s'en retourner, puisque les chemins des environs sont des labyrinthes qui ramènent toujours à ce fleuve. Si les astres ennemis, répondit le guerrier , me font éprouver des traverses , ce n'est point dans cette occasion. Il m'importe peu que tous les chemins ramènent à cette rivière ; je la veux passer , et il me suffit pour cela qu'elle ait un pont. Toutes les menaces que tu me fais de la part du destin et de la tienne , tous les obstacles du monde s'opposeroient inutilement à mon passage. C'est ce que nous allons voir, lui dit avec fureur l'effroyable géant. Alors ils

<)2 ROLAND I. AMOL-REUX.

fie joignirent, et commencèrent le combat ([u on va décrire dans le chapitre suivant.

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