ACTE IV, SCÈNE VII. l
fiez le secret de vos feux , et vous exigez mon entremise pour les servir. Je vous ai obéi, seigneur, on vous a accordé un entretien. Depuis ce moment nulles peines ne peuvent égaler les maux que je souffre. Aimant ce que vous aimez , quelle folie ne seroit-ce point à moi de nourrir quelque espoir ! D'ailleurs , si j'avois l'audace de continuer d'être votre rival , ce seroit payer vos bontés d'ingratitude , et trahir le comte. N'aiiroit-il pas raison de se plaindre, si, violant les droits de l'hospitalité, je m'occupois, dans sa maison, à séduire sa sœur , ou pour vous ou pour moi ? Déjà la crainte et les soupçons lui troublent l'esprit. Il observe toutes mes démarches , et mon absence seule peut dissiper son inquiétude. Permettez-moi donc, seigneur, de sortir de l' Aragon et d'aller chercher à Naples , dans les occasions de vous servir, de quoi tromper la passion qui trouble mon repos.
LE ROI
Je vous sais bon gré, Mendoce, de ces généreux mouvements. Ils ajoutent à l'estime que j'avois déjà pour vous. Je dois récompenser les égards que vous conservez à la majesté royale , et vous faire connoître combien de pareils sentiments sont agréables aux rois. Je vous promets ma faveur et des titres en Italie ; mais ne partez pas sans me revoir. Le comte vient. Je veux lui parler. Laissez-nous, et soyez persuadé, don Félix , que vous ne partirez pas mécontent.
DON FÉLIX sortant.
J'attendrai vos ordres , seigneur.
l56 DON FÉLIX Dh. .MENDOCE.